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Thérèse Mondoux Qu'est-ce qui se passe quand on devient sourd? On pourrait en parler longtemps, non? Oui, c'est évident qu'il y a quelque chose de très important qui est perdu, qu'on ne retrouvera pas, mais l'important c'est qu'on est vivant. TEMPUS FUGIT... Inscrit sur une antique horloge de mon enfance : « Tempus fugit » Les heures sont là, le temps passe, il fuit... et ne revient pas. Qu'est-ce que tu fais de ton temps ?Es-tu capable de prendre le temps de prendre ton temps ? On court tout le temps, on court après quoi ? Après le temps ? L'implant cochléaire "Pour passer de l'impossible au possible, il suffit de franchir le pont de la volonté, d'agir." L'étincelle Chaque être humain a sa façon personnelle de voir les choses, de comprendre, de penser et d'agir, mais on doit tous manger, dormir et s'amuser. On doit tous respecter ça. Ça fait partie de la vie de chaque jour. Le jour où l'adulte aura compris et aura fait les efforts nécessaires pour essayer de respecter ce que doit vivre l'enfant, l'adolescent, la personne âgée, la personne malade ou handicapée (soit mentale, physique ou sensorielle) à ce moment-là, le monde sera meilleur, différent et plus agréable, plus humain. Excusez-moi docteur... Je sais que vous êtes un être humain, avec vos qualités et vos défauts, comme tout le monde ... Je sais que, moi aussi, comme vous, je ne suis pas parfaite. Vous êtes sûrement un bon médecin. Si j'en doutais, j'irais en voir un autre même si un médecin à la fois compétent et humain, c'est une perle rare de nos jours. J'essaie de vous comprendre, essayez donc s'il-vous-plait vous aussi de me comprendre! Ma carte soleil a été "clic-cliquée"... soyez donc un peu bénévole pour ce qui est de l'être humain soignant un être semblable... "Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut rien comprendre", cher Docteur... Accepter Que signifie le mot "accepter" ?... Se résigner?... Dire oui, je suis d'accord?... Subir? Marie-Pierre Lachapelle, avocate On a découvert sa surdité à l'âge de trois ans. Elle vivait au Nouveau-Brunswick où le système est complètement différent de celui du Québec. À trois ans, elle a donc été appareillée avec un appareil ayant des inconvénients pour les exercices physiques. Elle a été suivie par un professeur itinérant ; il n'y avait pas d'orthophoniste comme tel. La personne faisait une ou deux heures de route par semaine pour aller à la maison et lui apprendre à parler. Ce fut les services qu'elle a reçus de trois à cinq ans. Ses parents ont eu à faire le choix de revenir au Québec. Il y avait beaucoup de choix à faire : les signes anglais, les signes français ; les services étaient là-bas peu nombreux. Marie-Pierre avait une surdité profonde. Ils ont donc, à cette époque, opté pour le Québec. Nidal Chakra Il est né au Liban, cela ne fait pas très longtemps. Il rit. Sa famille était de classe moyenne, son père était comptable et sa mère était enseignante. Par tradition, dans la famille, l'éducation était très importante, on valorisait les diplômes universitaires. Très jeune, il avait donc un but : aller à l'université même s'il était malentendant. À cette époque, ni lui, ni sa famille savait qu'il était malentendant. Il disait souvent " Quoi ?", se déplaçait pour regarder les gens, utilisait son intuition pour comprendre. Nidal croyait que tous faisaient pareil, il entendait mais ne comprenait pas exactement. Il ignorait son état et la mesure exacte de sa gravité. Paul-André Primeau Très jeune, au primaire, il s'asseyait en avant dans la première rangée. Ce n'était pas parce qu'il était plus intelligent, mais parce qu'il n'entendait pas et devait suivre le professeur des yeux. Il ne le quittait jamais du regard. Il note le problème des dictées, il n'était vraiment pas chanceux. Avec les amis, il sortait la fin de semaine, il sifflait, dansait, chantait, parlait fort ; les gens autour de lui se tenaient les oreilles. Amateur des Beatles, Bécaud, Aznavour, il chantait tout le temps. Paul-André passait ses journées à chanter, il aimait cela. Il avait de la difficulté à saisir les paroles, sa petite sœur les lui écrivait. André Marotte C'est avec plaisir que je viens partager avec vous aujourd'hui. J'ai beaucoup reçu de l'Association et il est normal que j'en remette un peu. On vous a dit au début que j'avais deux handicaps mais en réalité, j'en ai trois. Mes amis me disent qu'en plus d'être aveugle et malentendant, j'ai aussi une tête de cochon. Perdre l'audition : Un deuil qui peut devenir un espoir Edmond Jarjour J'ai perdu mon ouïe en une nuit, j'ai perdu mon sourire et ma gaieté, j'ai conservé ma fierté. Ma famille et la surdité J'aimerais vous parler de notre vie de famille avec une jeune fille
vivant avec une surdité. Karen a déjà 11 ans, c'est notre première fille. Sa soeur
Mélissa, 9 ans, vous dit elle-même plus loin, ce qu'elle ressent face à Karen. Voici
notre quotidien depuis que l'on connaît sa maladie qui, dans son cas, implique plus d'une
limitation fonctionnelle, car depuis deux ans elle perd ses jambes tranquillement : elle
va finir en fauteuil roulant. Au-delà du mystère et de l'invisible À quoi sert cette association des devenus sourds du Québec ? Voilà la question que m'avait posée un ami lorsqu'il avait appris mon adhésion à l'A.D.S.Q. En jouant avec les initiales D-S. (D - devenu, S - sourd), il blaguait en disant l'Association des déesses ! Il est bon de se rappeler qu'en ce lointain mai 1983, l'Association n'était pas encore malentendante, mais simplement devenue sourde Hymne au printemps (Gilles Lauzon)
Ce n'est pas uniquement au printemps que la vie nous apporte parfois un renouveau, parfois un espoir aussi, afin de continuer notre cheminement personnel sur ne nouvelles bases. En désespoir de cause (Gilles Lauzon) Dans mon dernier article je vous annonçais ma future chirurgie afin de recevoir l'implant cochléaire. Mais, avant d'élaborer sur le sujet, permettez-moi de vous faire comprendre et surtout réfléchir sur la situation réelle d'une personne parfaitement entendante qui devient subitement sourde profonde. Ma vie avec la surdité [Françoise Labelle] Je me trouve assise dans le bureau de mon ORL. Je suis là suspendue à ses lèvres, j'attends son diagnostic qui tombe comme un scalpel : surdité profonde à droite et modérément sévère à gauche. Je reçois ce verdict stoïquement mais cela me fait l'effet d'une bonne gifle au visage.
Le bonheur est à
l'intérieur de soi !
(Gilles Lauzon) C'est avec un bonheur certain que j'écris ce dernier épisode de mon aventure avec l'implant cochléaire. Tout au long de votre lecture, vous découvrirez que la détermination a son prix et que la récompense en vaut le
coup ! M. Mantha jeune, est identifié comme personne vraie sourde. Puis, il a grandi un peu comme un faux sourd, il se considère un peu aussi comme un malentendant. Les sourds gestuels ne s'identifiaient pas avec lui à cette époque. Comment j'expérimente la lecture labiale avec accent ! En prévision d'une visite privée d'une dizaine de jours chez des amis à Montréal, j'avais contacté, par Internet, avant mon départ, l'Association des Devenus Sourds et Malentendants du Québec (ADSMQ). Julie-Élaine Roy
Conseillère pédagogique au cégep du Vieux-Montréal auprès des élèves
sourds et malentendants, madame Roy est née en 1948. Ce n'est qu'à l'âge
de 4 ans que l'on découvre sa surdité. Jusque-là on avait bien noté
certains problèmes de développement du langage, mais, comme le fait
remarquer avec humour la principale intéressée, sa mère disait qu'elle
avait la tête dure. Cette surdité serait due à des complications
survenues à la naissance.
Jean-Guy Thibaudeau L'autre jour (il commence par cette petite histoire), en payant à la caissière de Pétro-Canada, il sort une poignée de son argent avec une petite batterie. Il répond que cela est pour son appareil auditif. La caissière lui réplique : " Ah bon! Tu es comme le petit lapin qui marche à batterie". Jean-Guy lui répond : Oui et le soir quand je me couche, j'enlève ma batterie, j'enlève ma prothèse… et je dors en paix. La caissière lui rétorque aussitôt : " Bonsoir mon lapin! Dors bien!” Gisèle Riendeau On lui a diagnostiqué une perte auditive moyenne bilatérale. La détérioration se faisant lentement. Étant enseignante, on lui suggère 2 appareils auditifs. Gisèle nous rapporte qu'elle n'acceptait pas son problème, elle niait, car elle fonctionnait partout normalement en contournant les obstacles. Elle ne se privait pas d'aucune activité ni sortie, elle était en contrôle de la situation. |
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