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SPÉCIAL 30e ANNIVERSAIRE
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ENTREVUE AVEC M. PIERRE LEMIEUX
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MONSIEUR PIERRE LEMIEUX
DIRECTEUR
DE LA POSPRODUCTION ET
DU SOUS-TITRAGE À RADIO-CANADA
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Par Michel Nadeau
Sourdine a rencontré pour vous monsieur Pierre Lemieux,
directeur de la postproduction et du sous-titrage à
Radio-Canada.
S. : Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs en quoi consiste
votre fonction à Radio-Canada?
P.L. :
J’occupe le poste de Directeur Postproduction Médias depuis
bientôt deux ans.
Mon département offre les services de montage, de mixage
sonore, de design, d'effets visuels et de sous-titrage pour
des émissions de Radio-Canada telles que Découverte, Tout le
monde en parle, L'auberge du chien noir, etc.
Les employés préparent les émissions avant et après le
tournage. Voici quelques exemples :
·
Notre service de design prépare les génériques de début et
de fin des émissions, en plus des tableaux ou des animations
en trois dimensions;
·
Notre équipe de montage prend l’intégrale du tournage de
Tout le monde en parle (4 h 30)
pour en faire une émission d’une durée de 2 h 30;
·
L’équipe
du mixage sonore s’assure d’harmoniser la voix du narrateur
avec la musique d’une émission;
·
Le service de sous-titrage s’assure de faire apparaître, en
surimpression sur l’image, le texte des conversations, des
échanges ou des dialogues d’une émission préenregistrée.
Note : Le sous-titrage se fait aussi de façon simultanée
pour des émissions en direct, évidemment.
S.: Combien de personnes travaillent dans ce service
et selon quelle plage horaire?
P.L. :
On compte 220 personnes au sein du service Postproduction
Médias. Comme c’est le cas partout en production
télévisuelle, la majorité de nos employés travaille en
rotation jour-soir, tandis que d’autres sont en fonction la
fin de semaine.
S. : Le budget annuel de la société étant de 1,7
milliard, combien coûte le service du sous-titrage?
P.L. :
Du budget
total consacré au service Postproducta, environ 20 %
est alloué au sous-titrage des émissions des deux chaînes,
Radio-Canada et RDI, Vingt-cinq personnes sont affectées au
sous-titrage, dont dix-huit sous-titreurs locuteurs
permanents.
De plus, cette année, nous investissons 1 000 000 $ pour
appuyer nos employés dans leurs tâches (formation et mise à
jour des outils de travail) et ainsi rencontrer les
nouvelles exigences du CRTC.
S : Parlez-nous des nouvelles normes du CRTC (Conseil de la
radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) qui
entreront en vigueur en septembre.
P.L. :
À compter de septembre
2011, tout le contenu diffusé à Radio-Canada et à RDI, entre
6 h et 23 h, devra être sous-titré à 100 %. Aussi, de
nouvelles normes de qualité beaucoup plus sévères
encadreront le sous-titrage : on exigera 85 % d'exactitude
en moyenne et un délai moyen maximal de cinq secondes entre
ce qui est dit et ce qui défilera à l’écran de votre
téléviseur.
S: En quoi cela sera-t-il différent de ce qui existait
jusqu'à maintenant?
Radio-Canada sous-titre déjà 100 % de sa grille.
Cependant, nous devrons améliorer la qualité de façon
significative, selon les nouvelles normes.
Pour RDI, nous devrons sous-titrer 100 % de la
programmation de cette chaîne, ce qui n'est présentement pas
le cas. Cela constitue notre plus gros défi, puisque le
sous-titrage en direct (bulletins de nouvelles, Club des ex,
24 heures en 60 minutes) laisse peu de place à l'erreur
comparativement aux émissions préenregistrées, où les
corrections sont possibles avant la diffusion.
Depuis mars dernier, nous avons formé tous les sous-titreurs
à la reconnaissance vocale et aux nouvelles normes de
qualité. Trois comités d'employés se sont réunis pour
assurer une mise à jour complète de notre offre de service,
en fonction de ces nouvelles normes. Les travaux évoluent
très bien et je suis très fier d'eux et du travail qu’ils
ont accompli.
-
: Comment se fera le suivi de ces exigences pour
assurer aux personnes malentendantes ou sourdes que ces
normes seront respectées?
P.L. :
Nous devrons fournir des
rapports mensuels au CRTC pour démontrer que nous
répondons aux exigences. Nous avons intégré un contrôle de
qualité constant à nos méthodes de travail et de la
formation continue sera aussi offerte aux employés.
-
: Le logiciel DRAGON est maintenant utilisé pour la
reproduction du sous-titrage; comment cela
fonctionne-t-il?
P. L. :
Un sous-titreur répète
ce qu'il entend dans un micro relié au logiciel de
reconnaissance vocale Dragon. Le logiciel est conçu pour
reconnaitre la voix du sous-titreur et afficher directement
à l'écran ce qui est dit au micro.
Préalablement, le dictionnaire du logiciel est
adapté au contexte de chaque émission. Par exemple, le
locuteur pratiquera la prononciation de termes médicaux pour
l'émission Les docteurs. Ainsi,
le taux d'erreur et les délais diminuent énormément.
-
: Expliquez-nous l'évolution du travail fait par les
personnes assignées au sous-titrage; avant c'était des
sténotypistes, maintenant ce sont des locutrices.
Quelle est la différence entre les deux?
P.L. :
Nous avons recours à la
reconnaissance vocale depuis plusieurs années déjà, mais
elle n’était pas la seule méthode utilisée. La différence
est que, désormais, l’ensemble du personnel utilisera la
reconnaissance vocale pour s’assurer d’une qualité uniforme
et être en mesure de répondre aux exigences du CRTC. Je
crois que les usagers verront des améliorations dans le
service et en seront satisfaits. C’est l’objectif visé!
-
: Quelle formation donnez-vous aux locutrices?
P.L. :
Nous formons les
locuteurs et les locutrices afin qu’ils soient en mesure
d’exploiter le logiciel Dragon et d’en saisir toutes les
possibilités et subtilités. Nous offrons également plusieurs
journées de jumelage avec des collègues experts, en plus
d’une formation portant sur les nouvelles normes du CRTC.
-
: Est-ce que les sténotypistes ont pu devenir
locutrices?
P.L. :
Oui, tel que prévu dans les textes des ententes
négociées et signées le 14 avril dernier par les parties
impliquées. Ces ententes sont en vigueur depuis le 15 avril.
-
: Comment les personnes malentendantes ou sourdes
peuvent-elles faire part de leur satisfaction ou de leur
mécontentement concernant le service de sous-titrage?
P.L. :
En écrivant au service
des Relations avec l’auditoire de Radio-Canada :
Radio-Canada
Relations avec l'auditoire
C.P. 6000
Montréal (Québec)
H3C 3A8
Courrier électronique :
auditoire@radio-canada.ca
Sourdine septembre - octobre 2011
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