Michel Tremblay
 

 

 

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     Par Michel Nadeau

L'homme qui entendait siffler une bouilloire dans le roman du même nom, c'est lui! Michel Tremblay a écrit ce livre pour se débarrasser de son mal (en référence à ses acouphènes, même s'ils ne disparaitront jamais). « Tant mieux si ça a aidé les autres, mais j'ai écrit ce livre pour me faire du bien. »
 
En 1986, Michel fut réveillé en pleine nuit par un bruit de fournaise. Après vérification, il a découvert que ce bruit était nul autre que des acouphènes. Il a alors consulté un ORL qui lui a dit qu'il devait apprendre à vivre avec…
 
Au fil des ans, son ouïe à l'oreille gauche a baissé de moitié. Il devait revoir son médecin deux ans plus tard mais, dit-il : « C'est comme le dentiste, on remet toujours ça à plus tard ». Ce n'est donc qu'en 1997 que Michel est retourné voir son ORL pour se faire dire qu'une tumeur s'était développée à son oreille gauche et qu'il fallait l'opérer. A la suite de l'opération, la tumeur a disparu… et le reste de son audition à l'oreille gauche également. « Heureusement, il me reste encore la droite! », dit-il philosophiquement. « Avant, j'étais un homme très impatient; ça m'a appris la patience, nous relate Michel.
 
Comme il entend très bien de l'oreille droite et que sa gauche est morte, les appareils auditifs ne lui sont d'aucune utilité. Il ne peut pas, non plus, recevoir l'implant cochléaire étant donné que son nerf auditif est mort. 
 
Michel a donc développé des stratégies pour se faciliter la vie et celle de son entourage. Par exemple, il le dit qu'il n'entend plus de la gauche et demande aux gens de se placer à sa droite pour éviter de les faire répéter. Quand il va au théâtre, il se place toujours à gauche de la salle pour entendre mieux. « Ce sont des habitudes que l'on prend automatiquement ». Michel fait de la bicyclette et mentionne que c'était difficile au début parce que les voitures arrivent toujours du côté gauche. « Le docteur Dufour m'a encouragé à en faire pour m'habituer aux bruits des voitures qui passent. »
 
Dernièrement, Michel devait se rendre à l'Université d'Édimbourg pour recevoir un doctorat honoris causa. Il expliqua sa situation et les autorités de l'université ont accepté de lui envoyer son doctorat sans qu'il ait à se déplacer. « Il ne faut pas le cacher, ça fait du bien d'en parler. »  Sur le plan professionnel, sa déficience ne le dérange pas, car l'écriture est un travail solitaire. 
 
À la suite de son dernier hiver à Key West, notre prolifique auteur a perdu du poids et se sent en pleine forme. Il nous réserve même un nouveau roman et une pièce de théâtre pour l'automne! Avis à ses inconditionnels. 
 
Sourdine # 143 novembre / décembre 2003