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SPÉCIAL 30e ANNIVERSAIRE
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Marguerite Blais
MINISTRE RESPONSABLE DES AÎNÉS
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Par Michel Nadeau
Sourdine a rencontré pour vous la ministre responsable des
aînés afin de s’enquérir des efforts mis de l’avant par son
ministère pour faire face au vieillissement de la
population.
D’entrée de jeu la ministre nous
dit : « y’a personne qui veut avoir des rides dans la
vie mais nous devons faire face à la réalité : entre 2006 et
2056, la proportion des 65 ans ou plus va doubler passant de
14% à 28% de la population. Je dis toujours aux caméras de
tomber en amour avec les rides, car ils sont comme les
sillons d’une carte géographique. Les rides racontent les
histoires de vie des femmes et des hommes ».
S : Le 20 mai dernier, vous avez donné le coup d’envoi pour
la première édition des journées sur le vieillissement actif
; en quoi cela consiste-t-il ?
M.B. : Contrairement aux idées reçues, la majorité des
aînées sont en pleine forme : près de 88% des personnes de
65 ans ou plus vivent à la maison et sont autonomes.
Il nous faut donc promouvoir une
vision qui correspond à la réalité des personnes aînées
d’aujourd’hui.
Il s’agit du vieillissement actif.
Ce principe favorise une participation constante des
personnes aînées à l’évolution de leur communauté, de
manière à ce qu’elles puissent continuer à s’épanouir comme
individus. Les
personnes aînées maintiennent ainsi un sentiment d’utilité,
mettent à profit leur expérience, et souvent même acquièrent
de nouvelles aptitudes.
De plus, elles conservent un réseau social et évitent
ainsi l’isolement.
D’ici 2012, plus de 700 000 emplois
seront à combler au Québec en raison des départs à la
retraite et du vieillissement accéléré de la population.
Nous devons trouver des
solutions rapidement, sinon notre croissance économique sera
freinée par notre incapacité de trouver des travailleurs. La
première édition des Journées sur le vieillissement actif,
visaient à favoriser la réflexion et à stimuler un dialogue
social entre les différents acteurs concernés par le thème
de l’adaptation des environnements de travail, aux réalités
d’une main d’œuvre vieillissante.
Elles avaient pour but de faire le point sur
l’avancement des connaissances et sur la recherche ayant
trait aux questions liées à de défi d’adaptation
pour les années à venir.
Les personnes aînées représentent une
force vive dont le Québec ne peut se passer pour assurer son
plein développement économique, social et culturel. Si nous
voulons faciliter le maintien en emploi et le recrutement
des travailleurs d’expérience qui souhaitent retourner sur
le marché du travail, nous devons poursuivre la mise en
place de mesures plus souples pour nous adapter au
vieillissement de la population.
C’est en conjuguant nos efforts que nous pourrons
bâtir ensemble une société pour tous les âges.
J’ai trouvé
important de pouvoir réunir des spécialistes de différents
horizons, qui ont exploré ensemble les possibilités qui
s’offrent à nous pour faire la promotion du vieillissement
actif auprès des travailleuses et des travailleurs, des
entreprises et de la population en général.
Loin d’être une étape convenue pour se retirer de la
vie active, le vieillissement doit plutôt être considéré
comme une richesse collective, à condition toutefois de
changer nos façons de percevoir le phénomène.
Comme son nom l’indique, le
vieillissement actif suppose qu’une majorité d’adultes
atteignant un certain âge soient non seulement encore aptes
à contribuer au travail - s’ils le peuvent et le souhaitent
- mais ils possèdent de plus, des connaissances essentielles
au maintien de l’équilibre de la société et à son
avancement. Ils
constituent de plus une banque de travailleurs dont la
société ne pourra se passer dans les décennies à venir.
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S : Quelles seront les prochaines étapes ?
M.B. : Le gouvernement va
poursuivre entre autres, le développement de
politiques pour permettre aux personnes retraitées
de travailler autrement. A titre d’exemple, ils
pourraient travailler de 2 à 3 jours semaine afin de
transmettre leurs connaissances aux générations plus
jeunes.
Mon
collègue Sam Hamad, le ministre de l’emploi et de la
solidarité sociale, modifiait en avril 2008, la Loi sur les régimes complémentaires de retraite,
afin de modifier l’application de nouvelles
dispositions fiscales dans les régimes de retraite à
prestations déterminées.
Les
personnes âgées de 55 ans et plus qui ont droit à
une pleine prestation de retraite et à ceux de 60
ans ou plus sans autre condition, peuvent travailler
à plein temps ou à temps partiel et recevoir jusqu’à
60% des prestations de leur régime de retraite. Et la Loi
sur le Régime de rentes du Québec, visant à
encourager la retraire progressive.
La Loi prévoit une bonification à
la rente de retraite pour tous les bénéficiaires qui
versent des cotisations au Régime de rentes du
Québec. Cette bonification, qui sera acquise à vie
et pleinement indexée chaque année, sera cumulative
si la personne cotise au Régime pendant plusieurs
années.
Cette année, des prix ont été remis aux
municipalités, organismes communautaires et
inventeurs qui ont développés des programmes et des
technologies liés aux aînés.
Les journées du vieillissement actif reviendront
chaque année avec sa cohorte de nouvelles
initiatives pour encourager le vieillissement actif.
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S : Le 29 juin dernier, vous désigniez officiellement avec
le député Michel Pigeon, l’arrondissement de Charlesbourg,
municipalité amie des aînés ; en quoi cela consiste-t-il?
M.B. : Une municipalité amie des aînés
(MADA), c’est une municipalité – amie pour tous les âges -
qui se soucie des personnes aînées de la façon suivante :
1- adapte
ses politiques, programmes, services et structures à leurs
besoins;
2- agit sur plusieurs facteurs à la fois (habitation,
loisirs, aménagement urbain, transport, etc.);
3- favorise leur participation constante, non seulement dans
les consultations, mais également dans l’action;
4- S’appuie sur la concertation et la mobilisation de toute
la communauté;
5- met un frein à l’âgisme (une forme de discrimination
fondée sur l’âge réel ou présumé), un obstacle important au
vieillissement actif.
De nombreux partenaires ont travaillé avec l’arrondissement
pour élaborer
Un plan d’action qui reflète les attentes des aînés.
La participation de l’ensemble de la collectivité, en
particulier celle des personnes aînées et des organismes
locaux les représentant, constitue l’une des conditions
gagnantes de la démarche MADA.
S : Quand et pourquoi fut créé ce concept?
M.B. : À l’automne 2007, lors de la consultation publique
sur les conditions de vie des aînés, que je co-présidais,
les participants ont souligné la nécessité d’offrir des
services et d’aménager des infrastructures qui répondent à
leurs besoins.
À titre d’exemple, mentionnons la disponibilité d’un
logement adapté, la présence d’un soutien social, un
aménagement urbain et un transport public adapté, une offre
d’activités variées.
Les personnes aînées doivent vivre dans un environnement qui
leur permet de continuer à mener une vie active.
Le Guide mondial des villes-amies des aînés ainsi que
la feuille de route des dispositifs fondamentaux villes
amies des aînés réalisés par l’Organisation mondiale de la
santé (OMS)propose des façons d’adapter les villes aux
besoins des aînés.
Selon l’OSM, « vieillir en restant actif » est le processus
qui aide à optimiser les possibilités non seulement de
participation,
mais aussi de bonne
santé et de
sécurité afin d’accroître la qualité de vie pendant la
vieillesse.
Au cours
des consultations publiques de 2007,
celles dédiées aux experts, deux chercheuses Marie Beaulieu
et Suzanne Garon du Centre de recherche sur le
vieillissement du
Centre de santé et de services sociaux- Institut
universitaire de gériatrie de Sherbrooke, ont contribué à
l’implantation de la démarche MADA au Québec.
S : Qui sont MADA au Québec?
M.B. : En 2008, les municipalités
suivantes se sont engagées dans le projet pilote :
Drummondville, Granby, Rimouski, Rivière-du-Loup,
Sherbrooke, arrondissement de Charlesbourg et MRC de
Témiscamingue qui se prolongera jusqu’en 2013.
Des actions très concrètes ont été
réalisées dans ces municipalités entre autres, pour les
infrastructures (promenades adaptées aux fauteuils roulants)
et des activités culturelles (bibliothèques mobiles,
exposition d’œuvres d’art d’artistes aînés).
Dans les grandes villes (100,000
habitants et plus), c’est le ministère qui prendra
l’initiative de négocier avec elles leur adhésion.
Laval en est une qui a signée une entente avec le
ministère des aînés et annoncée sa participation à MADA et
d’autres sont sur la voie de le devenir. Au 31 mars, 55
municipalités avaient signé des ententes pour devenir une
municipalité amie des aînés.
S : Que peut-on faire en tant qu’aînés pour convaincre notre
municipalité à devenir MADA?
M.B. : Aller au conseil de ville et le demander.
Votre municipalité peut obtenir un soutien financier
et technique en fonction de sa taille et du projet que vous
souhaiteriez qu’elle réalise.
S : Un des enjeux du plan stratégique 2008-2012 du ministère
de la famille et des aînés est l’amélioration des conditions
de vie des personnes aînées; comment comptez-vous y arriver?
En favorisant le vieillissement actif et la pleine
contribution des personnes aînées au développement du
Québec.
Il y a une volonté de tous les
ministres du gouvernement du Québec à garder les gens actifs
le plus longtemps possible.
Notre approche est de voir le vieillissement comme un
actif et non comme un passif, une pathologie soit une
maladie. On est assez novateur en ce sens-là au Québec.
Qu’une équipe de jeunes journalistes prennent la peine de
s’intéresser aux aînés en leur consacrant un numéro complet
de la revue Urbania, je trouve ça merveilleux !
Un autre aspect sur lequel nous nous penchons c’est la
maltraitance chez les aînés et nous avons un plan
quinquennal pour la combattre.
S : Pouvez-vous nous en parler?
M.B. : La maltraitance est un phénomène méconnu et complexe.
La complexité du phénomène est un problème en soi et
nécessite de renforcer un continuum de services concertés.
Des actions structurantes pour contrer la maltraitance
envers les personnes aînées sont en voie de réalisation :
1-
Une
campagne de sensibilisation parrainée par Yvon Deschamps
débutera le 1er octobre.
2-
Une ligne téléphonique sera disponible
pour dénoncer les cas de maltraitance.
3-
Un coordonnateur travaillera en
partenariat avec des partenaires pour : - développer des
connaissances en matière de maltraitance, accroître
l’information sur les services et les recours offerts,améliorer
l’offre de formation et mieux outiller les intervenants,renforcer
et étendre des actions afin de mieux contrer la
maltraitance, intensifier la concertation afin de mieux
prévenir, dépister et intervenir contre la maltraitance.
Entre temps, des actions sont déjà en cours pour contrer la
maltraitance financière.
La Commission des droits de la personne et des droits
de la jeunesse a mis en place une équipe d’intervention
spécialisée en matière de lutte contre l’exploitation des
personnes aînées.
Cette équipe mobile est composée d’enquêteurs
spécialisés et d’un conseiller juridique.
Elle a un pouvoir d’enquête et d’intervention et elle
est à l’œuvre sur l’ensemble du territoire du Québec.
Le dépliant Trop beau pour être vrai? Méfiez-vous!
Protégez-vous de la fraude financière a été élaboré et
diffusé dans le cadre de la collaboration entre l’Autorité
des marchés financiers et le ministère de
la Famille
et des Aînés.
Depuis 2007, plus de trois millions de dollars qui ont été
investi par le ministère de la famille et des Aînés pour des
projets ayant trait à la maltraitance et au suicide.
Au terme de cette entrevue, force est de constater que notre
ministre responsable des Aînés ne chôme pas et prend
beaucoup à cœur l’amélioration des conditions de vie des
aînés!
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