| Sourdine a rencontré pour vous monsieur Tony Leroux,
directeur de la recherche à l’Institut Raymond-Dewar (IRD). Audiologiste de
profession, il est professeur agrégé à l’École d’orthophonie et d’audiologie
de l’Université de Montréal.
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| Sourdine : En quoi consiste le rôle du responsable de
la recherche à l’IRD?
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| Tony : Son rôle consiste à mettre ensemble des
cliniciens et des chercheurs qui ont des idées de recherche et de les faire
travailler ensemble pour le bienfait de la clientèle de l’IRD. Les projets
de recherche sont donc réalisés conjointement par un praticien qui cherche
des réponses à certaines questions que leur posent leurs patients, et un
chercheur qui est intéressé à approfondir ces questions.
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| Sourdine : Quelle proportion de votre temps
accordez-vous à la recherche?
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| Tony : Mon emploi du temps est réparti de la façon
suivante : 40 % en enseignement
( 2 jours semaine), 40 % en
recherche ( 2 jours semaine), 20 % en services à la collectivité (1 jour semaine). J’ai un bureau à l’IRD
où je peux rencontrer les chercheurs et cliniciens afin de les appuyer dans
le développement de leurs projets. Je les aide dans leurs recherches de
subventions et je coordonne l’ensemble des projets de recherche.
L’administration de tout cela occupe environ le quart de mon temps.
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| Sourdine : Quels sont les projets de recherche sur
lesquels travaille l’IRD? |
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| Tony : Il y en a une vingtaine en tout. À titre
d’exemple, mentionnons, entre autres, les projets suivants : - la mesure du
handicap associé aux acouphènes - la LSQ et la culture sourde - les types
d’appareils auditifs pour les sourds aveugles - l'impact de l’implant
cochléaire sur le développement cognitif de l’enfant - les troubles de
traitements auditifs et la perturbation du développement affectif chez
l’enfant - les moyens pour identifier les troubles d’attention et
diagnostiquer la dysphasie. |
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| Sourdine : Combien de chercheurs sont
assignésés aux
projets de recherche de l’IRD?
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| Tony : Le nombre de chercheurs varie d'un
projet à
l’autre. Par exemple, il y en a 6-7 qui travaillent sur le projet de
dysphasie, 2-3 sur un autre. Au total, c’est une équipe d’une dizaine de
personnes qui peuvent travailler sur différents projets. Ces chercheurs
proviennent d’institutions d'enseignement telles que l’université de
Montréal, l’université McGill, l’UQAM et du Centre de recherche de l’hôpital
Sainte-Justine.
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| Sourdine : Quel est votre budget d’opération?
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| Tony : C’est essentiellement 20 000$ dont l’IRD se sert
pour libérer et remplacer les intervenants qui consacrent quelques heures
par semaine à la recherche. Si on calcule l’ensemble des sommes reçues par
les différentes sources de financement, on peut dire que le budget, pour les
quelque 20 projets de recherche actuellement en marche, est de quelques
millions de dollars.
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| Sourdine : Quelles sont vos sources de financement?
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| Tony: Il y en a plusieurs. Mentionnons entre autres : -
les Instituts de recherche en santé du Canada - la Fondation surdité et
communication - l’OPHQ - le Réseau provincial de recherche en adaptation et
réadaptation - le Fonds de la recherche en santé du Québec - le ministère de
la Santé et des services sociaux du Québec.
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| Sourdine: Quelle place occupe l’IRD en recherche sur
l’audition par rapport au reste du Canada, des États-Unis et de l’Europe?
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| Tony: Je dirais une place unique, car nous sommes les
seuls à faire de la recherche en réadaptation. Pour le bénéfice de vos
lecteurs, sachez que le Québec est un des rares endroits où il y a des
centres de réadaptation. Nulle part ailleurs, peut-on recevoir gratuitement
des services d’apprentissage en lecture labiale et en stratégies de
communication. En Ontario, la Canadian Hearing Society offre des cours de
lecture labiale, mais il faut payer pour avoir accès à ces services. Il n’y
a rien de semblable à notre Réseau des centres de réadaptation, en Europe et
aux États-Unis non plus. Il faut aller aussi loin qu’en Australie pour
retrouver quelque chose qui se rapproche de ce que l’on fait au Québec. Ceci
dit, quand on parle de recherche en audition, les pôles de matière grise
sont essentiellement confinés aux universités de la Colombie-Britannique et
de Toronto. On y fait de la recherche au niveau du diagnostic et de
l’appareillage. |
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| Sourdine: Parlez-nous des nouvelles installations de
télé-réadaptation et de visioconférence inaugurées le 9 mai 2006 à l’IRD.
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| Tony: Comme l’IRD offre des services très spécialisés,
ces installations permettront aux centres de réadaptation dans les régions
d’avoir accès à une brochette de spécialistes. Ces centres ayant
généralement moins de ressources spécialisées en audition qu’à l’IRD, leur
clientèle peut donc, sans se déplacer, avoir accès à des consultations par
voie de la visioconférence. C’est donc d’abord et avant tout utilisé pour
les services de réadaptation. |
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| Sourdine: En quoi ces installations aideront-elles la
recherche?
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| Tony : C’est un outil de communication fantastique qui
va nous permettre de communiquer et d’échanger avec les centres de
réadaptation. Pour les chercheurs en région, les discussions sur les
protocoles de recherche pourront se faire sans qu’ils aient à se déplacer.
Dans un autre ordre d’idées, les conférences midi de l’IRD pourront aussi
être retransmises en région. Inversement, nous pourrons aussi recevoir les
conférences produites dans les autres centres de réadaptation.
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| En terminant, nous demandons à Tony quelles sont les
perspectives les plus prometteuses en recherche sur l’audition actuellement.
« Je dirais que c’est probablement les travaux sur la régénération des
cellules ciliées. » Les devenus sourds et les malentendants du Québec seront
heureux d’apprendre cela. |
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| Merci à Tony et à son équipe de chercheurs qui
travaillent dans l’ombre à l’amélioration de notre audition!
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| Projet d’acquisition d’un appareil de mesures
électrophysiologiques |
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| Développée il y a près d’un siècle,
l’électroencéphalographie (EEG) est une méthode qui permet, entre autres, de
mesurer l’activité électrique du cerveau lorsqu’une personne perçoit des
sons (potentiels évoqués auditifs). Le principe en est simple.
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| Cette technique de mesure peut être utilisée avec des
enfants puisque l’activité électrique du cerveau reliée à une stimulation
sonore peut être mesurée indépendamment de la volonté, même quand l’enfant
est occupé à une autre tâche.
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| Les enfants qui fréquentent le Programme Langage et
trouble de traitement auditif à l’Institut Raymond-Dewar reçoivent des
services de réadaptation faisant intervenir plusieurs approches. L’une de
ces approches, l’entraînement auditif, permet d’amener les enfants à mieux
distinguer les sons de la parole ce qui, à terme, permet de favoriser le
développement du langage. L’électrophysiologie permet de vérifier, d’une
manière objective, comment l’enfant perçoit les distinctions entre les
différents sons de la parole, et ainsi de mesurer les progrès accomplis à
travers son programme d’entraînement.
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| L’acquisition de cet appareil à l’IRD devrait
permettre, d’une part, une identification plus précise des incapacités de
compréhension de la parole des enfants ce qui mène à l’établissement d’un
programme de réadaptation plus adapté et, d’autre part, une évaluation plus
efficace des progrès de l’enfant.
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