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SPÉCIAL 30e ANNIVERSAIRE
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RESPECTIVEMENT PRÉSIDENT DU CONSEIL
D’ADMINISTRATION
ET DIRECTEUR GÉNÉRAL
DE L’INSTITUT RAYMOND-DEWAR |
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-

- par Michel Nadeau
Sourdine
L’IRD fête cette année son 25e anniversaire de fondation. Quelle est
la mission de cet organisme?
M. Talbot
L’Institut Raymond-Dewar est un centre de réadaptation plurirégional public
spécialisé et surspécialisé en surdité et en communication. Sa mission
est de faciliter la communication entre les personnes malentendantes,
sourdes, sourdes aveugles, ayant une déficience du langage ou des troubles
de traitements auditifs, et leur entourage.
Sourdine
Quels sont les programmes offerts par l’IRD?
M. Lamarre
Les programmes suivants s’adressent à la population de Montréal et de Laval
de même qu’à la population de l’Ouest du Québec où il n’y a pas de services
spécialisés en déficience auditive.
Programme 0-12 ans
Programme 12-25 ans
Programme 25-65 ans
Programme 65 ans et plus
Programme Surdicécité
Programme Langage/Troubles de traitements auditifs
Programmation de l'implant cochléaire
Programme d’évaluation en santé mentale
Sourdine
En quoi consiste votre rôle en tant que président du conseil
d’administration de l’IRD?
M. Talbot
Le conseil d'administration d’un centre de réadaptation a comme rôle de
développer les grandes orientations de l’établissement et d’approuver son
budget. Mon rôle est très général et consiste à aider l’IRD à prendre
les bonnes décisions. J’anime, entre autres, une dizaine de réunions
du CA par année.
Sourdine
Quelles sont les activités qui marqueront le 25e anniversaire de l’IRD?
M. Lamarre
Le 2 avril dernier, en présence du comédien Daniel Gadouas, parrain des
Fêtes du 25e de l’IRD, nous avons présenté le programme suivant des
activités : (voir page 19)
Sourdine
Qui assurait les services spécialisés pour les personnes sourdes et
malentendantes avant la création de l’IRD?
M. Talbot
C’était deux congrégations religieuses : les frères de St-Viateur pour
l’Institut des sourds et muets dont la bâtisse est située au 7400 du boul.
St-Laurent à Montréal et les sœurs de la Providence pour la Maison des
sourdes et muettes où sont maintenant les locaux de l’Agence de santé et de
services sociaux de Montréal et ceux de l’IRD.
Sourdine
Dans la liste des événements du 25e de l’IRD, nous observons deux
lancements de livres. Pouvez-vous nous en parler?
M. Lamarre
Il y a d’abord eu, le 2 avril dernier, le lancement du Guide pour
l’entourage d’Aînés malentendants, une réalisation de deux intervenants de
l’IRD, Jonathan Côté et Micheline Petit. On y trouve, de façon
illustrée, l’entourage de la famille de la personne malentendante. Ce
guide s’adresse directement aux proches d’une personne aînée malentendante.
Il les aidera à répondre à leurs questions et à comprendre les changements,
les adaptations et les défis quotidiens à relever pour mieux vivre leur
relation avec l’aîné malentendant. Il est disponible à l’IRD et se
vend 10 $.
En octobre, il y aura le lancement du livre « L’Institut Raymond-Dewar et
ses institutions d’origine, 160 ans d’histoire avec les sourds ». Ce
projet de livre aura pris cinq ans à se réaliser par deux auteurs. Le
premier auteur retrace l’histoire des deux congrégations qui ont dirigé les
institutions des personnes sourdes et le deuxième auteur parle de la réforme
de la santé et des services sociaux et de la naissance de l’IRD en 1984
jusqu’à aujourd’hui.
Sourdine
Étant une personne sourde-aveugle, comment réussissez-vous à accomplir vos
fonctions?
M. Talbot
J’aime déranger pour pouvoir réaliser des choses. Je suis aveugle
depuis ma naissance et malentendant depuis l’âge de 30 ans. Je siège
au CA de l’IRD depuis 1989 et cela n’aurait jamais été possible si je
n’avais pas reçu les services de réadaptation de l’IRD. En 2006, j’ai
subi l’opération pour recevoir deux implants cochléaires. C’est un
programme spécial pour les personnes sourdes-aveugles. Cela a fait en
sorte que je suis passé d’une surdité sévère à profonde à une surdité
légère. Je souhaite ardemment que ce programme puisse un jour être
étendu à toutes les personnes atteintes de déficience auditive.
Vous savez, dans la vie il faut toujours chercher à repousser les
frontières. On a un problème? On ne sait pas quoi faire?
Il faut demander de l’aide. Il y a toujours une solution qui existe en
quelque part.
Grâce au braille, grâce à l’IRD, grâce à mon
accompagnatrice Lise, je réussis à fonctionner depuis bientôt deux ans comme
président du CA et, à ce jour, personne ne m’a dit qu’il était
insatisfait de moi.
Sourdine
Vous avez développé une vidéo pour promouvoir l’IRD. Qu’en est-il au
juste?
M. Lamarre
L’idée vient du CA de l’IRD qui est préoccupé du rayonnement de
l’établissement. Non pas que l’on veuille se vanter de nos
performances, mais bien faire connaître les services qu’offre l’IRD aux
personnes malentendantes et sourdes. La Fondation surdité et
communication est aussi impliquée pour nous faire connaître. La perte
auditive étant invisible, les personnes sont peu reconnues. Le but
visé par cette vidéo est justement de conscientiser les gens face à ce
phénomène et à les informer de nos programmes. La vidéo est sans son,
avec sous-titres. La vedette est monsieur Talbot qui fait la visite
des différents Programmes de l’IRD.
Pendant qu’on le voit circuler, on nous montre les différents systèmes qui
sont à sa disposition pour l’aider à bien fonctionner. À la fin, on le
voit déclarer que, sans la réadaptation, il ne serait pas possible pour lui
d’être à ce poste. La vidéo sera distribuée dans les divers établissements
de la santé publique. Il sera également possible de la visionner
à la bibliothèque de l’IRD et même d’en recevoir une copie pour des frais
minimes.
Sourdine
Comment voyez-vous les 25 prochaines années de l’IRD?
M. Talbot
Je ne suis pas Alvin Toffler et je n’ai malheureusement pas de boule de
cristal. Je dois toutefois vous dire que les bénéficiaires de l’IRD
apprécient beaucoup d’avoir, à l’intérieur des structures, une personne en
autorité qui est atteinte de perte auditive. Ça nous donne de la
crédibilité quand nous nous adressons à eux.
Je crois que les services que nous offrons sont d’une très grande
qualité et ma préoccupation première est de m’assurer qu’en dépit des
restrictions budgétaires causées par la crise économique, on n’en viendra
pas à en réduire la qualité. Mon objectif à long terme est d’aider
l’IRD à prendre de l’expansion et agrandir ses locaux pour qu’on puisse un
jour accueillir sous un même toit tous les services reliés à la déficience
sensorielle. Il y a malheureusement encore beaucoup de travail à faire
pour intensifier le rapprochement des diverses agences concernées. Car
il ne faut pas se le cacher, on doit composer avec deux cultures différentes
(française et anglaise) et une résistance très forte de la part de la
communauté malvoyante à toute forme de fusion par crainte de perdre leur
autonomie actuelle.
Sourdine
Dans l’immédiat, quels sont les défis que doit relever l’IRD?
M. Lamarre
Notre premier défi, j’en ai déjà parlé et c’est d’assurer le rayonnement de
l’IRD.
Notre deuxième défi, c’est de tirer notre épingle du jeu malgré les
ressources restreintes pour faire face à une demande accrue de services.
Notre troisième défi, c’est de développer le domaine de l’enseignement et de
la recherche grâce à notre affiliation avec l’Université de Montréal.
Nous avons, bien sûr, beaucoup d’autres préoccupations au quotidien,
mais nous gardons le cap sur nos principaux défis.
Sourdine
Merci à messieurs Talbot et Lamarre pour leur implication et leur excellent
travail qui nous permet de bénéficier des services de qualité offerts par
l’IRD.
Joyeux 25e et longue vie à l’IRD!
Sourdine mai / juin 2009
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