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par Michel Nadeau
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Née à Toronto, Mme Richards fut
diplômée de l'École nationale de ballet à l'âge de 16
ans. Elle entame sa carrière de chant dans les années 60
et on la retrouve tour à tour au Canadian National
Exhibition, au Florida Ballet Co., à la Place des Arts
et dans la comédie musicale « Anne Of Green Gable »
jouée à l'Ile du Prince-Édouard. |
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De 1968 à 1971, elle
participe comme
danseuse, chanteuse ou
chorégraphe à des
émissions de T.V. au
réseau anglais de
Radio-Canada et CTV à
Toronto. |
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De 1967 à 1969, elle fait une tournée de spectacles
à travers le Canada. En 1970, elle donne une autre série
de spectacles, cette fois en Allemagne, pour les troupes
canadiennes. |
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De 1971 à 1977, elle est choriste pour Ginette Reno,
Jean-Pierre Ferland, April Wine, Yvon Deschamps, Louise
Forestier et Diane Dufresne. Durant la même période, sa
voix est enregistrée sur disque pour des artistes tels
que : Jean Lapointe, Harmonium, Ginette Reno, George
Thurston, Gino Soccio, Claude Valade, Nicole Martin et
Carole Laure. |
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En 1976, elle crée le groupe Toulouse et enregistre
ses premiers disques. Puis, c'est la ronde des trophées!
Un Félix en 1979 et l'année suivante pour « Danse Music
» et un RPM en 1980 pour le meilleur groupe de langue
française. |
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On la voit également dans des spéciaux à la télé de
1978 à 1985 dont le téléthon de la paralysie cérébrale
de 1981 à 1985 et « Dites Ciao » en 1986, une émission
spéciale conçue et animée par Toulouse pour
Radio-Canada. Durant les années 80 elle poursuit, de
plus, une carrière de chorégraphe et animatrice. On la
voit, entre autres, en 1988 à Samedi de Rire dans un
sketch en LSQ avec Yvon Deschamps. |
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Dans les années 90, elle devient auteure-compositeure-interprète.
En 1994, elle écrit et produit «Touche Pas ». En 1995,
elle gagne un Félix à l'ADISQ et produit un premier
vidéoclip, « Ça vient de loin ». En 1995-96, elle donne
80 spectacles à travers le Québec. En 1997, elle écrit
et produit « J'fous l'camp » ainsi qu'un vidéoclip de la
chanson. En 1998-2000 : nouvelle tournée et lancement
d'un photorama interactif journalier de la vie de
tournée sur son site web www.judirichards.ca. En 1998,
elle est une artiste invitée à divers grands spectacles
dont le concert plein-air devant 100 000 spectateurs
avec l'Orchestre symphonique de Laval, Dan Bigras et
Sylvain Cossette ainsi que le concert de Noël à
l'Oratoire St-Joseph avec Robert Charlebois, Jean-Pierre
Ferland et les Petits Chanteurs du Mont-Royal. |
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Mme Richards prépare actuellement son troisième
album pour compléter sa trilogie. Cette artiste adorée
du public est très impliquée socialement et souhaite
accentuer le progrès des femmes du tiers-monde. Pour
cela elle a voyagé au Vietnam, au Cambodge, aux
Philippines, au Mexique et en Haïti. Prochain arrêt :
l'Afrique. |
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Votre président, monsieur Michel Nadeau, a rencontré
cette femme de cœur. Nous reproduisons ci-après ce
qu'elle lui a raconté. |
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Mme Richards s'implique bénévolement depuis 25 ans
au Chaînon. Le Chaînon est une maison d'hébergement pour
les femmes en grandes difficultés qui a été fondée à
Montréal en 1932 par madame Yvonne Maisonneuve. Mme
Richards nous raconte comment tout cela a débuté. «
C'était la grande dépression; les gens de la campagne
arrivaient en ville et n'avaient pas de place où aller.
À part les églises, il n'y avait personne pour
accueillir les femmes nécessiteuses. Dans le contexte
des années 30 avec 30% de chômage, il y avait beaucoup
de monde dans le besoin, entre autres, les femmes sans
argent, sans ressources, les femmes battues et les
filles-mères qui étaient souvent rejetées par la société
d'alors. » |
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Madame Maisonneuve qui habitait en plein
centre-ville a commencé son œuvre en hébergeant une
femme miséreuse avec ses deux enfants. À l'époque, le
problème de la violence conjugale était tenu caché.
C'était tabou de parler de cela. Au fil des ans, elle a
permis à ces femmes de trouver de l'aide et du
réconfort. |
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Dans les années 40, le Chaînon aidait aussi les
filles-mères avec leur bébé. Avec l'évolution de la
société qui maintenant subventionne des maisons aux
endroits anonymes pour les femmes violentées, la
clientèle du Chaînon s'est progressivement modifiée de
telle sorte que maintenant on y accueille surtout les
personnes les plus démunies, beaucoup d'entre elle étant
atteintes de maladies mentales, constate Mme Richards. |
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Aujourd'hui le Chaînon est composé de 50
intervenants permanents, hautement qualifiés pour
soutenir les 65 personnes qui y sont logées. De plus,
les 200 bénévoles aident à son bon fonctionnement, que
ce soit à la maison principale, rue l'Esplanade, au
foyer d'accueil la Maison Yvonne Maisonneuve rue St
Denis ou au magasin de la rue St-Laurent. Le Chaînon
ramasse 500 000 $ par année avec ce magasin où l'on peut
acheter du linge, des livres, de la vaisselle, de
l'électronique, des petits meubles, des bijoux et des
articles de sports usagés. |
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Madame Richards a commencé à s'impliquer pour le
Chaînon par le biais de son mari, Yvon Deschamps. En
effet, celui-ci avait été approché par les dirigeants du
Chaînon et il avait été impressionné par le dévouement
des associés et la tenue impeccable de l'endroit. Il m'a
alors demandé d'aller rencontrer ces femmes, de dire
madame Richards. « Je me rappelle la première fois que
j'ai rencontré ces femmes; c'était le 1er janvier 1978
et j'étais enceinte de ma première fille. Je leur ai
souhaité la bonne année, j'ai parlé avec elles et les ai
encouragées, pendant qu'Yvon racontait un ou deux de ses
monologues. |
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En regardant ces femmes, j'ai réalisé combien
j'étais privilégiée. J'ai toujours été chanceuse et pour
moi c'était une occasion merveilleuse de partager ».
Donc, elle s'est jointe au conseil d'administration. Par
son implication, Mme Richards dit avoir appris à mieux
accepter tout le monde, sans porter de jugement. Gâtée
par la vie, le retour d'ascenseur de madame Richards se
concrétise, entre autres, par la création de la
Fondation Judi Richards qui tient quatre activités de
levée de fonds annuellement, soit:
le Quille-Othon
Judi Richards en hiver, l'Omnium de golf Judi Richards
au printemps, le Brunch bénéfice en été et le
Spectacle-bénéfice à l'automne. Madame Richards
s'implique énormément dans l'organisation et la
promotion de ces événements qui ramassent 100 000 $
chaque année pour le Chaînon. Les sommes recueillies
permettent d'aider 650 femmes en difficulté et, entre
autres, de leur servir 55 000 repas chaque année. Au
total, 66 000 femmes sont passées au Chaînon depuis
1932. Yvon Deschamps a beaucoup contribué à son essor. «
Au début, personne ne connaissait le Chaînon; puis à
partir des années 70, Yvon a commencé à en parler à la
télévision et à discuter ouvertement du problème de la
violence conjugale. Le sentiment de donner à la société
me plaît beaucoup ». |
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Mme Richards est également très sympathique à notre
cause. Son intérêt remonte au temps où son trio
«Toulouse» animait une émission à Radio-Canada en 1985.
Elle pensait que la langue des signes québécoise (LSQ)
était une langue internationale. Elle voyait les gens
signer et trouvait ça beau. «C'est par Julie-Élaine Roy
que notre première et très heureuse rencontre avec la
communauté sourde a eu lieu. C'est elle qui nous a
traduit une chanson française en LSQ… quel défi ! »,
ajoute Judi avec enthousiasme ; puis elle poursuit en
disant : « Je me suis alors inscrite à l'Institut
Raymond-Dewar et j'ai suivi les cinq niveaux de LSQ. »
Pour Mme Richards, la LSQ est une autre forme de
communication que tout le monde devrait apprendre. Elle
cite en exemple les jeunes qui, au lieu de se crier pour
se faire entendre dans les cours d'école, pourraient
signer ! Il y a plein de raisons pour utiliser la LSQ en
plus d'aider les sourds et les malentendants à se
comprendre, nous dit-elle. Mme Richards voit la LSQ
comme une façon d'égaliser les choses. Elle voudrait que
tous les élèves au primaire apprennent la LSQ comme une
autre langue de communication. D'ailleurs, elle ne
comprend pas pourquoi le gouvernement refuse de la
reconnaître comme une langue officielle. « Le
gouvernement représente le peuple, le peuple c'est nous
tous ! Il faudrait pousser pour que la LSQ soit
reconnue. Il faudrait y mettre le même effort et
l'argent accordé par le gouvernement pour la campagne
contre l'alcool au volant afin de promouvoir ce droit à
la communication ! » |
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Mme Richards a bien exprimé son attachement à la
communauté sourde et la LSQ dans la chanson « Tout est
dans nos mains » qu'elle a composée pour le 20e
anniversaire du Conseil québécois de la déficience
auditive (CQDA) et qu'elle a interprétée à nouveau lors
de la soirée gala du 20e de l'ADSMQ en avril dernier.
Elle saisit aussi très bien les nuances entre les
sourds, les malentendants et les devenus sourds. Pour
Mme Richards, de connaître notre culture est fascinant
et très important; c'est un bel héritage à laisser à nos
enfants ! |
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Mme Richards est mère de trois filles et grand-mère
depuis presque deux ans. Les deux plus vieilles sont
dans la vingtaine et volent maintenant de leurs propres
ailes, une est maman, la deuxième, étudiante à
l'université Concordia, est aussi très militante
socialement !
La plus jeune a
16 ans et finit son secondaire cinq au collège
Notre-Dame en musique. « Quand la famille
Richards/Deschamps se rassemble, mettons que ça parle
beaucoup ! On adore aussi les jeux de société ». |
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En plus, ses jeudis soirs sont consacrés à ses
filles. Elles se réunissent pour souper et regarder
ensemble leur émission de télé préférée de la série
américaine SURVIVOR. « Yvon rit bien de nous ». |
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Entre ses nombreux engagements, Mme Richards trouve
encore du temps pour décorer leur maison qu'ils habitent
depuis 25 ans. Au moment de notre rencontre, elle venait
de repeindre les barreaux d'escalier. Après plusieurs
essais de couleurs différentes, elle a opté pour le
blanc! |
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Au nom de tous nos lecteurs, merci Mme Richards pour
votre implication et votre générosité. La société a
grandement besoin de femmes comme vous !
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Sourdine # 139 mars / avril 2003
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