Ce groupe de discussion vise à favoriser les échanges
entre les personnes aux prises avec une maladie causant la surdité,
telles que la neuropathie, la maladie de Ménière, le cholestéatome,
l’ossification, le neurinome, l’otospongiose, etc.
Faites part de vos expériences avec les divers
appareils auditifs disponibles, allant de lasimple prothèse analogique au plus sophistiqué implant
cochléaire.
Chantal Lacroix
L'animatrice hors pair
du Grand défi karaoké
le Lait!
Recherche personnalisée
Par Michel Nadeau
Chantal Lacroix a
débuté sous les feux
de la rampe à l'âge
de 16 ans, comme
mannequin, alors
qu'elle complétait
ses études au
collège
André-Grasset.
Au fil des ans, elle
est devenue une
animatrice et
com��dienne
recherchée. Elle a,
entre autres, animé
des émissions telles
que Partis pour
l'hiver, Partis pour
le Sud, et Partis
pour l'été. Elle
anime présentement
Le Grand défi
karaoké le Lait.
En tant que
comédienne, on l'a
vue dans Formule 1,
Marilyn, Les
héritiers Duval,
Urgence, Bungalow
Blues et Québec en
vitrine. Elle a
aussi fait de la
radio, du théâtre et
du cinéma.
À
travers tout cela,
elle réussissait à
suivre des ateliers
de formation
spécialisée qui lui
ont permis de
parfaire ses
connaissances du
théâtre et de la
scène.
C'est donc une jeune
femme avec beaucoup
de cordes à son arc
et remplie d'une
grande vitalité que
nous avons
rencontrée pour
vous.
«
Ses multiples
prouesses lui ont
valu le respect des
rois. » C'est ainsi
qu'on la présentait
récemment à son
émission
hebdomadaire du
vendredi soir au
canal 5 (la station
TQS).
Chantal nous a
raconté avec
beaucoup d'humour
comment elle a
réussi à surmonter
son handicap dans
l'exercice d'une
carrière qui est, a
priori, à proscrire
pour une personne
malentendante.
C'est à l'âge de 8
ans, à la suite de
multiples otites
entraînant la
perforation de son
tympan, qu'elle a
perdu l'ouïe à une
oreille. Au début,
elle subissait les
sarcasmes de ses
compagnes de classe.
Par la suite, son
sens de l'humour
s'est développé et
lui a permis
d'apprendre à rire
et de faire rire à
propos de son
handicap.
Son mélange avec les
mots en a fait rire
plus d'un! À
l'école, le
professeur lui
demande de PARLER un
peu alors qu'elle
comprend CHANTER;
elle se met alors à
entonner un refrain
populaire au grand
étonnement de toute
la classe qui se met
à rire aux éclats.
Récemment, un de ses
copains lui parlait
de BOISSON alors
qu'elle avait
compris POISSON. Au
début de la
conversation, toutes
les réponses
s'appliquaient aux
deux mots jusqu'au
moment où, accoudé à
son aquarium, il lui
confia qu'il en
consommait beaucoup…
Chantal ne cherche
pas à cacher son
handicap. Elle
n'hésite pas à en
parler au travail et
dans son entourage.
Elle ne voit pas sa
déficience comme un
handicap. Au fil des
ans, elle a
développé des
stratégies qui lui
permettent de
composer avec sa
perte auditive. Elle
demande aux gens de
parler plus fort et
ne se gêne pas pour
leur demander de
répéter. Jeune, elle
ne voulait pas
porter d'appareils
auditifs pour éviter
d'attirer
l'attention. Elle a
plutôt opté pour la
lecture labiale
qu'elle a apprise
par elle-même,
simplement en se
plaçant devant un
miroir et en
mémorisant la forme
de ses lèvres à
chaque lettre
qu'elle prononçait.
Cela l'aide
grandement dans ses
communications. Elle
réussit même à
capter des
conversations qui
échappent à des
entendants et qui
parfois les
mettraient dans tous
leurs états… Elle a
aussi suivi des
cours de diction
pour améliorer sa
prononciation.
Au travail, elle
sensibilise les gens
face à la surdité
quand l'occasion s'y
prête. « Je n'en
fais toutefois pas
un sujet de
conversation pour me
plaindre de mon
sort. » Sur le plan
professionnel, comme
elle est constamment
en communication
avec un
interlocuteur, au
début elle portait
des appareils de
type by-cross (
raccordant, par un
fil, les sons
acheminés de la
mauvaise oreille
vers la bonne
oreille). Mais comme
elle doit souvent
travailler avec des
télex (des petits
écouteurs insérés
dans les oreilles),
elle ne porte plus
d'appareil.
Si exercer un métier
dans les
communications
semble un non-sens
pour une personne
malentendante, ça ne
l'est pas pour
Chantal! « Quand tu
as un rêve, il faut
aller au bout de ton
rêve. » Elle était
attirée par le monde
du spectacle et ses
parents l'ont
toujours supportée
et encouragée à
faire le métier
qu'elle voulait. «
Ils me disaient : Si
tu veux, tu peux. »
Il y a une phrase
que Chantal a bannie
de son vocabulaire
dès son jeune âge et
c'est : « Je ne suis
pas capable ».
Lorsqu'elle prononce
des conférences dans
des écoles, elle
entend souvent cette
phrase défaitiste
qu'elle ne peut pas
supporter. Elle
encourage alors ces
étudiants à se
prendre en main et à
foncer pour faire
leur place. Pour
Chantal, il faut
s'affirmer pour
pouvoir réussir.
« Je suis une
fonceuse qui carbure
aux défis et qui est
stimulée par
l'affrontement des
obstacles.
» À cet effet
Chantal nous raconte
comment elle en est
venue à faire de la
radio. Quand on l'a
approchée pour
animer à la radio,
elle se disait
qu'elle n'avait pas
le profil; puis,
après réflexion,
elle a sauté dans
l'aventure pour se
prouver qu'elle
était capable de
réussir.
Chantal nous parle
d'un autre défi
auquel elle doit
faire face dans ses
émissions Partis
pour l'été, Partis
pour l'hiver :
vaincre le vertige.
En effet, une autre
conséquence de sa
déficience auditive
fut l'apparition du
vertige. Juste à
penser qu'elle
devait traverser un
pont l'effrayait.
Avec le temps, elle
a appris à maîtriser
cette peur en
suivant des cours de
trapèze où on lui
enseignait à
regarder droit
devant elle, à
prendre de
l'assurance et de la
confiance face à la
traversée en
hauteur. À preuve,
elle fait maintenant
de l'escalade!
Figurent également
dans ses habiletés
sportives : le golf,
le spanish webb, le
ski nautique, la
plongée sous-marine,
le tennis sur table,
l'équitation et la
voile. Wow! Voilà de
quoi en faire
saliver plusieurs…
On voit d'ailleurs à
son allure qu'elle
est en forme.
Chantal adore ce
qu'elle fait et
envisage l'avenir
avec optimisme. Elle
n'hésiterait pas,
par exemple, à se
faire implanter si
jamais elle venait à
perdre son autre
oreille.
Elle vient tout
juste de terminer le
film Nez rouge dans
lequel elle joue un
premier rôle. Elle
se voit
éventuellement
derrière la caméra,
comme productrice et
réalisatrice. Elle
est bien consciente
d'exercer un métier
éphémère. « Il y a
toutefois beaucoup
de jeunes talents au
Québec que je
verrais très bien
devant la caméra. »
Chantal souligne que
c'est un milieu qui
n'est pas facile
pour les femmes.
Elle déplore qu'il
n'y ait pas assez de
femmes qui percent
dans le domaine
artistique. «
Regardez lors des
remises de trophées,
il y a toujours plus
d'hommes que de
femmes qui montent
sur la scène. »
«
Dans ce métier c'est
un éternel combat
pour faire sa place.
» À cet effet, elle
nous raconte qu'à
ses débuts un
réalisateur lui
disait de ne pas
parler de sa surdité
parce qu'à talent
égal, on prendrait
quelqu'un qui entend
bien. En dépit de
cet obstacle, elle a
persisté et s'est
gagné la confiance
du milieu.
Aujourd'hui elle ne
cache plus sa
déficience, elle a
fait ses preuves!
Loin de s'apitoyer
sur sa déficience,
elle se trouve au
contraire
privilégi��e de
pouvoir quand même
exercer le métier
qu'elle aime. « En
toute franchise,
notre handicap ne
nous fait pas
mourir. » Chantal
nous fait part de
son engagement dans
la campagne de
financement pour la
recherche sur les
maladies infantiles.
« Quand tu vois un
enfant souffrir
d'une maladie dont
on ne connaît même
pas le nom et que
ses jours sont
comptés, tu te
trouves drôlement
chanceuse d'être en
santé. »
Chantal est une
personne qui mord
dans la vie! Son
enthousiasme, son
dynamisme et sa
personnalité
chaleureuse en font
une fille que toutes
les mamans
souhaiteraient
avoir! Elle est une
source d'inspiration
pour notre jeunesse
et nous sommes
convaincus qu'elle
est condamnée au
succès.