|
|
| |
SPÉCIAL 30e ANNIVERSAIRE
|
|
|
|
|
|
|
|
imprimable

|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
-

- par Michel Nadeau
Sourdine
Actuellement, les personnes retraitées et celles sans emploi n’ont
droit qu’������ un seul appareil payé par la RAMQ. Qu��entendez-vous faire
pour corriger cette situation inéquitable?
Lise Thériault
Le gouvernement est actuellement en appel d’offres auprès des fabricants de
prothèses auditives. Le panier de services est également en révision.
Nous ne fermons pas la porte à la deuxième prothèse, mais il faut d’abord
s’assurer que les étudiants et les personnes en milieu de travail soient
appareillés en priorité.
Dr Yves Bolduc
Il faut tenir compte de la capacité de payer du gouvernement. En règle
générale, ce n’est pas la majorité des gens qui ont besoin de deux
appareils. On peut être fonctionnel avec un seul appareil. Ça
pourrait être du cas par cas sans pour autant devenir une politique
unilatérale.
Sourdine
Contrairement à d’autres provinces, le Québec ne permet pas qu’un montant
forfaitaire optionnel soit offert aux personnes désireuses de se procurer
une prothèse qui n'est pas couverte par la RAMQ. Si les prothèses de la
RAMQ ne répondent pas aux besoins de la personne atteinte, cette dernière
est frustrée et l’appareil reste dans le tiroir. C’est un pur
gaspillage de l’argent de nos taxes.
Dr Yves Bolduc
Le gouvernement négocie des prix imbattables et, même avec un montant
forfaitaire, ça risque de coûter beaucoup plus cher à la personne qui
déciderait d’acheter une prothèse non couverte par la RAMQ.
Sourdine
La formation des interprètes et leur pénurie, surtout en région, font
problème depuis longtemps. Qu’entendez-vous faire pour corriger la
situation?
Lise Thériault
Nous savons qu’il y a malheureusement une pénurie de main-d’œuvre dans
tous les secteurs des services sociaux. Pour ce genre de profession, il faut
d’abord que les gens soient intéressés au domaine, ce n’est pas un emploi
facile et il demande une grande concentration. Des groupes de travail
sont en marche avec l’OPHQ et le ministère de l’Éducation pour trouver
des solutions afin de rendre cette profession attrayante.
Sourdine
Les CSSS existent depuis quatre ans et leur projet clinique se fait toujours
attendre pour la plupart d’entre eux. Ça nous apparaît pourtant comme
étant la première chose qui aurait dû être réalisée : un plan stratégique
pour répondre adéquatement aux besoins de la population desservie. Ne
croyez-vous pas?
Lise Thériault
Le regroupement des établissements de santé (centres hospitaliers, CHSLD et
CLSC) en CSSS fut un processus difficile, mais planifié, où chaque
établissement a dû apprendre à travailler avec d’autres. Cet exercice
a été long à réaliser, mais maintenant tout le monde travaille ensemble.
Ce qui est important, c’est que la population soit mieux soutenue et c’est
ce que la création des CSSS a permis.
Sur la réalisation du Plan d’accès aux services pour les personnes ayant une
déficience, je dis ceci : Depuis 2003, notre gouvernement a ajouté 178
M $ afin d’améliorer la situation des personnes vivant avec un handicap. Ces
budgets ont permis, entre autres, d’embaucher du personnel et de permettre
la réalisation du Plan d’accès aux services dans chacune des régions.
Maintenant que l’argent est là, notre priorité est de poursuivre l’embauche,
car la pénurie de main-d’œuvre est toujours présente, et de former les
ressources humaines nécessaires pour réduire les délais d’attente tant dans
les hôpitaux que dans les centres de réadaptation.
Sourdine
Après plusieurs années de retard sur d’autres provinces, le Québec aura
enfin son programme de dépistage de la surdité à la naissance. Quand
prévoyez-vous sa mise en œuvre?
Dr Yves Bolduc
Le programme de dépistage de la surdité chez les enfants sera lancé d’ici au
début de l’été. On veut s’assurer que tous les bébés subissent un test
d’audition avant l’âge de 2 ans.
Depuis le mois de novembre dernier, tous les bébés qui naissent à l’hôpital
Sainte-Justine, au Montreal Children et au Royal Victoria subissent un test
de dépistage de la surdité. À l’été nous mettrons donc en place un
programme généralisé et organisé dans tout le Québec.
Sourdine
L’opération pour l’implant cochléaire se fait exclusivement à Québec alors
que les deux tiers de la population du Québec vit à l’ouest de Québec. Il
fut à maintes reprises démontré qu’il y a, à Montréal, l’expertise requise
pour effectuer cette opération. Pourquoi n’aurions-nous pas deux
équipes d’ORL, une à Québec et une à Montréal, pour effectuer ces
opérations?
Dr Yves Bolduc
Il y a une grande expertise en la matière à Québec et, comme c’est
géographiquement plus central, le ministère de la Santé et des Services
sociaux a décidé d’y concentrer le centre à cet endroit. Pour être efficace
dans ce domaine ainsi qu’être certain de la qualité des implantations et
conserver l’expertise en la matière, il faut une masse critique de cas
chaque année pour maintenir un bon roulement. Diviser ces cas en deux ou en
quatre centres mettrait à mal cette assurance qualité nécessaire dans les
soins à donner aux gens atteints de surdité. C’est la raison pour laquelle,
malgré l’expertise reconnue d’ORL de la région Montréal, nous avons décidé
de concentrer l’offre de service à Québec.
Sourdine
L’an dernier, durant le mois de l’ouïe, nous avons lancé la troisième
édition du Répertoire des salles munies d’un système d’aide à l’audition.
On y comptait 120 salles équipées. Comment pourriez-vous nous aider à
faire en sorte que les grandes salles des édifices du gouvernement, tels que
les établissements d’enseignement et les Maisons de la culture, entre
autres, donnent l’exemple aux salles privées en s’équipant d’un tel système?
Lise Thériault
L’Assemblée nationale a déjà un système en place et les débats sont traduits
en LSQ. Les modifications techniques reliées à l’accessibilité
universelle sont effectuées seulement lorsqu’il y a des rénovations
majeures aux bâtiments.
Dans les établissements d’enseignement, les salles de spectacles
appartiennent à des corporations privées. Le gouvernement peut sensibiliser
ces derniers, mais ils n’ont pas d’obligations. Quant aux Maisons de la
culture, je vais parler à madame St-Pierre pour la sensibiliser
à cette question. Vous devriez d’ailleurs la rencontrer à cet effet.
Sourdine
Qu’est-ce que vous entendez faire pour que nos aînés soient mieux traités
dans les établissements de soins de longue durée?
Lise Thériault
Il faut tout d’abord faire une nette distinction entre les CHSLD et les
établissements privés. Dans les établissements publics, le personnel
est bien formé, bien rémunéré et les patients sont traités dignement.
Lorsque le Parti libéral du Québec est arrivé au pouvoir, il n’y avait
aucune norme dans les établissements privés. C’était plus facile
d’ouvrir une résidence qu’un dépanneur.
On a donc travaillé à édicter des règles pour ces établissements et on va
fermer ceux qui ne les respectent pas. Peut-on faire mieux que les
critères actuels? La réponse est oui et nous continuons notre travail.
C’est une première étape et on veut aller plus loin dans les exigences.
Il faut augmenter la qualité des services offerts. On veut que
nos parents y soient bien et je pense à ma mère qui pourra, peut-être,
éventuellement passer à cette étape.
Nous, en tant qu’enfants, avons aussi le devoir d’aller visiter
nos parents en résidence. Cela aussi fait partie de leur
bien-être. C’est une responsabilité que l’on doit tous partager.
Lors des consultations de ma collègue Marguerite Blais auprès des aînés, il
est clairement ressorti que les aînés veulent rester chez eux le plus
longtemps possible. Notre but premier, c’est de protéger nos aînés,
que ce soit à la maison ou en résidence privée ou publique.
Sourdine
Quelles sont vos priorités comme ministre des services sociaux pour l’année
2009?
Lise Thériault
On en a beaucoup mais disons que, pour ce qui vous intéresse, ma première
priorité c’est de sortir la politique À part entière, qui est la mise à jour
de la Loi sur les personnes handicapées. C’est un long processus, mais
vous allez être surpris des résultats. Il y a eu une mobilisation des
principaux partenaires et de la base pour qu’ils soient parties prenantes.
On a fait un beau travail dont vous verrez les résultats très bientôt. (La
politique fut lancée le 6 juin, voir le communiqué en page 10).
Sourdine
Merci à nos deux ministres qui travaillent en équipe sur nos dossiers!
Sourdine juillet / août 2009
|
|
|
|
|
|
|
|