Ce groupe de discussion vise à favoriser les échanges
entre les personnes aux prises avec une maladie causant la surdité,
telles que la neuropathie, la maladie de Ménière, le cholestéatome,
l’ossification, le neurinome, l’otospongiose, etc.
Faites part de vos expériences avec les divers
appareils auditifs disponibles, allant de lasimple prothèse analogique au plus sophistiqué implant
cochléaire.
Biographies de personnages
célèbres sourds ou malentendants
Non seulement les oeuvres musicales monumentales de
Ludwig van Beethoven présentent une perfection technique
digne d'un grand maître, mais elles sont aussi empreintes de
tendresse, de grâce, d'ironie et, malheureusement, de
douleur. Ce grand compositeur est d'ailleurs loin d'avoir eu
une vie facile.
Beethoven naît le 16 décembre 1770 à Bonn,
en Allemagne, dans une modeste famille de musiciens. Il a
une enfance bien triste. Johann, son père, à la chapelle
princière, a un fort penchant pour l'alcool, et sa vie
déréglée pousse sa famille au bord de la ruine. La santé de
sa mère, Maria Magdalena, décline rapidement. Mais celle-ci
ne se lasse pas d'apporter un peu de joie à son jeune
Ludwig, dont le caractère est plutôt renfermé et ombrageux.
L'enfant révèle bientôt d'exceptionnelles aptitudes pour la
musique. Son père s'en aperçoit vite et décide d'en faire un
enfant prodige. Il le soumet donc à de durs et interminables
exercices de clavecin.
Une jeunesse mouvementée
En plus d'étudier avec son père,
Beethoven suit des leçons, beaucoup plus fructueuses,
avec l'organiste Christian Neefe, qui lui fait découvrir
la musique de Jean-Sébastien Bach et celle du violoniste
Rovantini. Le jeune homme ne tarde pas à composer et il
publie bientôt des variations pour clavecin.
En 1785, Ludwig est nommé organiste à
la cour et il est accueilli chaleureusement dans la
famille von Breuning. C'est à ce moment que débute une
période presque heureuse, bien que souvent troublée par
la conduite dissipée de son père. Le jeune Ludwig fait la connaissance,
chez les von Breuning, du comte de Waldstein, qui lui
fait obtenir une bourse d'études pour lui permettre de
profiter des leçons de Mozart. Mais une douloureuse
nouvelle doit le rappeler brutalement à Bonn; la mort de
sa mère, laissant un vide qui ne sera jamais comblé. En
plus, son père est démis de son emploi et Beethoven doit
le remplacer pour subvenir aux besoins de ses frères
plus jeunes, Johann et Karl.
Cinq ans plus tard, en 1792, le
grand compositeur autrichien Haydn passe par Bonn et est
saisi d'admiration en écoutant une cantate composée par
Beethoven. Le comte de Waldstein, fort de cet
encouragement, parvient à obtenir une pension en faveur
de la famille du musicien et une subvention qui permet à
Beethoven de retourner à Vienne.
La surdité
À Vienne, Beethoven s'affirme
rapidement. Il étudie la composition et le contrepoint
avec plusieurs maîtres, et suit des cours avec Haydn. Il
écrit et publie des trios pour choeur et orchestre, des
concertos et des sonates. Son habile exécution le place
parmi les plus grands virtuoses de son époque. Il
possède maintenant argent, honneurs et amis. Mais,
hélas! le malheur frappe encore. Il commence à moins
bien entendre à partir de 1796 et il devient totalement
sourd en 1819. Bien qu'il subisse une crise morale
terrible, il ne s'arrête pas pour autant de produire. La
surdité lui enlève la joie d'écouter vibrer les
instruments de l'orchestre et de goûter le fruit de son
immense talent. Elle le prive également des possibilités
de diriger un orchestre. Par contre, son imagination et
sa créativité demeurent intactes. La musique vit et
chante toujours en lui. Pendant cette période difficile,
il composera cinq sonates pour piano.
Des oeuvres
grandioses
Puis, en 1803,
il s'attaque à sa Troisième Symphonie dite Héroïque,
l'une de ses oeuvres les plus significatives. Il veut la
dédier à Napoléon Bonaparte, qui est alors consul et
pour lequel il éprouve une admiration sans bornes. Mais
quand Napoléon se fait proclamer empereur, Beethoven,
démocrate et républicain dans l'âme, le juge trop
ambitieux et il déchire sa dédicace. Invité à jouer
devant les officiers français, il refuse sèchement.
En 1807, le
roi de Westphalie, en Allemagne, Jérôme Bonaparte, frère
de Napoléon, tente de l'avoir comme chef d'orchestre,
mais la cour de Vienne offre à Beethoven une plus grosse
subvention afin qu'il y demeure. Quelques années plus
tard, le cours de la monnaie chute, si bien que
Beethoven connaît de nouveau des difficultés
financières. Son état de santé s'aggrave également. Il
est sujet à de forts accès de mélancolie.
Malgré la
beauté grandiose de sa troisième Symphonie, Beethoven
devra attendre encore 10 ans avant de connaître la
gloire. Et le succès ne lui vient pas de la Troisième
Symphonie ou de la Septième Symphonie mais d'un simple
hymne en l'honneur du maréchal Wellington, présenté en
1813, pendant que l'Europe entière célébrait la défaite
de Napoléon. Il jouit alors d'une période de prospérité
et donne plusieurs concerts.
Mais sa
quiétude est de courte durée. Son frère Karl meurt en
1815 et nomme Beethoven tuteur de son fils, aussi
prénommé Karl. Beethoven doit se battre en justice avec
la mère de Karl, Johanna Reiss, qui veut en conserver la
garde. En avril 1820, la justice tranche en faveur de
Beethoven. Le musicien place le jeune garçon dans un
collège, espérant qu'il y sera bien éduqué. L'enfant,
malheureusement, tente de se suicider, et Beethoven fait
face à un échec qui lui cause d'inlassables tourments.
Mourir dans la
tristesse
Depuis qu'il
est totalement sourd, Beethoven ne peut plus se produire
en public ou diriger un orchestre. Il se sert d'un
carnet pour noter ses pensées et prie les autres
d'écrire ce qu'ils ont à lui dire. Mais ses jours sont
comptés. Beethoven ne se sent bien nulle part. Il change
continuellement de résidence, souvent expulsé par ses
propriétaires à cause de son désordre et de sa
misanthropie. Homme inquiet, souffrant et pauvre, il vit
ses dernières années bien tristement. En 1825, il est
atteint d'une grave affection du foie, à laquelle vient
s'ajouter une bronchite chronique. Il commence alors à
écrire sa Dixième Symphonie, qu'il ne terminera jamais.
Le 20 mars
1827, il pressent la fin et note dans son carnet "Je
suis sur le point de faire le grand saut." Son médecin
traitant lui écrit dans le même carnet "Vous devez vous
préparer au pire." Beethoven écrira finalement:
"Applaudissez, mes amis, car la comédie est terminée."
Son agonie fut
longue et douloureuse. Dans la nuit du 26 mars 1827,
Beethoven ferme les yeux pour toujours. Il laissera
derrière lui une production considérable comprenant,
entre autres, 9 symphonies, 32 sonates pour piano, 16
quatuors pour instruments à cordes, une messe en do
majeur, la Missa Solemnis, différents concertos, de la
musique de chambre et des lieder.
Ô vous, qui pensez que
je suis un être haineux, obstiné, misanthrope, ou qui me
faites passer pour tel, combien vous êtes injustes! Vous
ignorez la raison secrète de ce qui vous paraît ainsi.
Dès l'enfance, mon cœur, mon esprit inclinaient à ce
sentiment délicat: la bienveillance. J'étais toujours
disposé à accomplir de grandes actions; mais n'oubliez
pas que, depuis bientôt six ans, je suis atteint d'un
mal pernicieux que l'incapacité des médecins est venue
aggraver encore. Déçu d'année en année dans l'espoir que
mon état s'améliore, forcé enfin d'envisager
l'éventualité d'une infirmité durable dont la guérison
exigerait des années, en admettant qu'elle fût possible,
doué d'un tempérament ardent et actif, porté aux
distractions qu'offre la société, je me suis vu
contraint, de bonne heure, à m'isoler, à passer ma vie
loin du monde,
solitaire...
S'il m'est arrivé,
parfois, de vouloir ignorer tout cela, la triste
expérience que je faisais alors de mon ouïe perdue
venait durement me le rappeler; et pourtant je ne
pouvais encore me résoudre à dire aux hommes: " Parlez
plus haut, criez, car je suis sourd. " Ah! Comment
avouer la faiblesse d'un sens qui, chez moi, devait être
infiniment plus développé que chez les autres, d'un sens
que j'ai possédé autrefois dans une perfection telle que
bien peu de musiciens l'ont jamais connue. Non, je ne le
suis pas. Aussi, pardonnez-moi si, comme vous le voyez,
je me retire aujourd'hui du monde, alors qu'auparavant
je m'y mêlais volontiers. Je suis d'autant plus sensible
à mon infortune qu'elle me fait méconnaître de tous.
Colligé par Jean-Yves
Dion, membre
L'existence de
Beethoven, tourmentée par de multiples difficultés
matérielles et morales, fut assombrie par la surdité à
partir de 1800. La nouveauté de ses rythmes et de ses
constructions s'est exprimée à travers trois grands
genres : la symphonie, la sonate et le quatuor. Il a
laissé un très grand nombre d'œuvres.
Bell, Alexander Graham
Bell, Alexander
Graham (1847-1922), inventeur et physicien américain d'origine
anglaise, enseignant auprès de personnes malentendantes, célèbre
pour son invention du téléphone. Né à Édimbourg (Écosse), Bell
fait ses études aux universités d'Édimbourg et de Londres. Il
émigre au Canada en 1870 et aux États-Unis en 1871. Aux
États-Unis, il enseigne aux sourds-muets le langage de la
«parole visible». Ce système, développé par son père, un
éducateur écossais du nom d'Alexander Melville Bell, montre
comment les lèvres, la langue et la gorge sont utilisées dans
l'articulation du son. En 1872, Bell fonde une école pour les
malentendants à Boston (Massachusetts). L'école est ensuite
rattachée à l'université de Boston, où Bell est nommé professeur
de physiologie vocale. Il est naturalisé américain en 1882.
Bell, Alexander Graham (1847-1922), inventeur et physicien
américain d'origine anglaise, enseignant auprès de personnes
malentendantes, célèbre pour son invention du téléphone. Né à
Édimbourg (Écosse), Bell fait ses études aux universités
d'Édimbourg et de Londres. Il émigre au Canada en 1870 et aux
États-Unis en 1871. Aux États-Unis, il enseigne aux sourds-muets
le langage de la «parole visible».
Dès l'âge de dix-huit ans,
Bell s'est intéressé à l'idée de transmettre la parole. En 1874,
alors qu'il travaille sur un télégraphe multiple, il aboutit à
l'invention du téléphone. Ses expériences avec son assistant
Thomas Watson sont finalement couronnées de succès le 10 mars
1876, lorsqu'est transmise la première phrase complète :
«Watson, venez ici, j'ai besoin de vous.» D'autres
démonstrations, en particulier celle de 1876 pour l'Exposition
du centenaire de l'indépendance des États-Unis à Philadelphie
(Pennsylvanie), présentent le téléphone au monde et conduisent à
la création de la Compagnie du téléphone Bell, en 1877.
En 1880, la France décerne à
Bell le prix Volta d'une valeur de 50 000 francs. Avec cet
argent, il fonde le laboratoire Volta à Washington (District de
Columbia), où, la même année, lui et ses associés inventent le
photophone qui transmet la parole à l'aide de rais de lumière.
Il invente d'autres appareils comme l'audiomètre, utilisé pour
mesurer l'acuité auditive, le pendule à induction, utilisé pour
localiser des objets métalliques dans le corps humain, et le
premier cylindre enregistreur en cire, introduit en 1886, qui
est à la base du gramophone moderne.
Bell est l'un
des cofondateurs de la National Geographic Society, dont il sera
président de 1896 à 1904. Il fonde aussi le journal Science
en 1883. Après 1895, l'intérêt de Bell se porte
principalement sur l'aéronautique. Son étude du vol commence
avec la construction de grands cerfs-volants et, en 1907, il
conçoit un cerf-volant capable de transporter une personne. Avec
un groupe d'associés, dont l'inventeur et aviateur américain
Glenn Hammond Curtiss, Bell développe l'aileron, une section
mobile de l'aile d'avion qui contrôle le roulis. Ils développent
également un train d'atterrissage à trois roues, qui permet
d'abord le décollage puis l'atterrissage sur un terrain de vol.
En appliquant des principes aéronautiques à la propulsion
maritime, son groupe commence à travailler sur les hydroptères,
qui se déplacent au-dessus de l'eau à grande vitesse. Son «hydrodrome»
final grandeur nature, construit en 1917, atteint puis dépasse
les 113 km/h, et pendant de nombreuses années, il sera le bateau
le plus rapide du monde. Bell continue ses études sur les causes
et l'hérédité de la surdité. Elles le conduisent à mener des
expériences sur la sélection, en particulier dans l'élevage des
moutons, et à publier un livre intitulé : Durée de vie et
conditions associées à la longévité (1918). Il meurt à
Baddeck, où un musée contenant nombre de ses inventions
originales est entretenu par le gouvernement canadien.
Unbo nous laisse plus de
20 000 œuvres et beaucoup plus
Lorsque je suis devenu sourd, je
pleurais tout le temps et je
voulais tout détruire autour de
moi. Mais j'ai pris un pinceau
et c'est sur la toile que j'ai
exprimé ma douleur. Le grand
Unbo Kim Ki-chang s'est éteint
le 23 janvier dernier à l'âge de
87 ans. Pilier de l'art coréen,
il a réalisé quelques 20 000
œuvres. Il nous laisse en
héritage un formidable esprit
d'entraide, concrétisé par La
maison D'Unbo, un établissement
qui éduque et s'occupe d'enfants
handicapés. Il nous lègue
également les leçons de courage
et de dignité qu'il n'a cessé de
donner tout au long de sa vie.
Né à Séoul en 1914, il vécut une
enfance normale jusqu'à ce qu'il
attrape la typhoïde à l'âge de 7
ans. La maladie prit une
tournure fatale lorsque sa
grand-mère lui donna du ginseng
par erreur, ce qui le rendit
sourd-muet pour le restant de
ses jours. Ce n'est qu'à l'âge
de 12 ans qu'il se mit à
fréquenter l'école. Ce furent
des moments très pénibles : ses
camarades se moquaient
cruellement de lui et en classe,
il restait assis des heures
durant sans entendre un seul mot
de ce que disait le professeur.
C'est à cette époque qu'il se
mit à griffonner dans un carnet.
C'était de simples esquisses
d'objets familiers, d'oiseaux,
de fleurs, d'arbres, mais
cependant assez convaincantes
pour que sa mère réalise que
c'était dans l'art qu'il
trouverait sa voie.
Lorsqu'il eut 17 ans, elle
l'amena chez Idang Kim-Eun-ho,
l'artiste le plus célèbre de
l'époque, et le supplia de
donner des cours particuliers à
son fils. On raconte qu'en
regardant un des dessins de Kim
Ki-chang, Idang eut cette phrase
: " Un futur génie vient
d'entrer dans ma maison ". La
prophétie du maître se réalisa
six mois plus tard lorsque le
jeune garçon présenta sa
première œuvre intitulée "Pansangdomu"
à la prestigieuse Choson Art
Exhibition.
Le destin du peintre fut
incontestablement déterminé par
les femmes : sa grand-mère
d'abord, qui provoqua
accidentellement son handicap et
sa mère ensuite, qui le poussa à
développer ses dons artistiques
alors que son père voulait en
faire un menuisier. Mais la
femme qui joua le plus grand
rôle dans sa vie et dans son
œuvre fut son épouse, Parl Rye-hyon.
Artiste elle aussi, elle voulut
le rencontrer pour le féliciter.
Ce fut le coup de foudre et ils
se marièrent trois ans plus
tard, en 1946. Elle soutint
inconditionnellement la carrière
de son mari, parfois au
détriment de la sienne, et lui
apprit à parler avec les lèvres.
En 1947, le couple organisa sa
première exposition commune au
grand magasin Shinsegae puis,
chaque année durant 20 ans. Elle
mourut en 1976 et Kim Ki-chang
perdit à la fois une épouse, une
amie et une collègue. Il confia
que sa plus grande peine fut de
ne jamais avoir entendu la voix
de sa femme.
Si sa vie privée fut jalonnée de
drames, sa vie professionnelle
fut riche en expériences
variées. Son évolution
artistique peut être divisée en
cinq périodes : le réalisme, la
peinture religieuse, les
paysages sociaux, les paysages
"idiots " et l'abstrait.
À ses débuts dans les années
1930, il s'intéressa à la
peinture orientale
traditionnelle, améliorant un
peu les techniques mais se
concentrant surtout sur les
expressions de ses personnages
coréens. Au cours de la décennie
suivante, il adopta le style
occidental moderne et fit
l'expérience du symbolisme et de
l'impressionnisme.
Puis, en 1951, une expérience
étrange lui fit changer de cap.
Il rêva de Jésus-Christ et de
son calvaire. Lorsqu'il se
réveilla, il abandonna ses
oeuvres en cours et se mit à
peindre des tableaux religieux
dans lesquels le Christ
symbolisait les souffrances du
pays.
L'année suivante fut la plus
difficile de sa carrière.
L'artiste se trouvait à la
croisée des chemins et devait
décider de son orientation
future. C'est ainsi qu'il entra
dans sa phase "cubique" (trois
dimensions) et entreprit la
série des "petits magasins" et
"vieux marchands".
Les années 1950 virent naître un
grand nombre de chefs-d'œuvre
comme les séries "kummando" et
"danses masquées" dans
lesquelles ses coups de pinceau
épais reflètent plus la
signification abstraite que le
mouvement.
C'est à la fin des années 1970,
après la mort de sa femme, que
Kim Ki-chang développa son style
le plus connu qu'il baptisa "
Pabo sansu " (Paysages -
montagnes/eau de l'idiot), où
l'on retrouve l'esprit mordant
de la peinture de l'époque du
royaume de Choson. " L'idiot (Pabo)
est un individu inachevé et
comme l'art n'est jamais achevé,
il est idiot aussi ", fournit-il
comme explication. C'est
également lui qui dessina le roi
Sejong du billet de 10 0000 wons
en 1975.
S'il était un "être inachevé",
il travailla cependant toute sa
vie pour atteindre l'achèvement
ultime. En 1984, déterminé à
partager l'amour et l'attention
que sa femme lui avait consacrés
pendant leurs années de vie
commune, il fonda La maison d'Unbo
où les enfants sourds-muets
peuvent apprendre l'artisanat.
Selon Park Suk-won, président de
l'Association des artistes
coréens, "il offrit bien plus
que ses services et ses œuvres à
ceux qui l'entouraient. Il leur
donna un exemple à suivre : il
prouva à tous, et
particulièrement aux personnes
handicapées, que chacun est
capable de relever un défi et
d'en ressortir grandi. "
" Si je n'étais pas sourd, je ne
serais pas celui que je suis
aujourd'hui - sans ce grand
silence qui m'entoure, jamais je
n'aurais été capable de me
concentrer sur ma peinture. "
Source : Texte de Kim Mi-hui
Le courrier de la Corée, 10
février 2001
Goya,
Francisco (1746-1828),
peintre et graveur espagnol,
considéré, avec le Greco et
Vélasquez, comme l'un des plus
grands artistes de son pays. De
même qu'il fut un grand
admirateur de l'art de
Vélasquez, Francisco Goya devint
à son tour une référence pour
Manet et pour Picasso. Goya,
Francisco (1746-1828), peintre
et graveur espagnol, considéré,
avec le Greco et Vélasquez,
comme l'un des plus grands
artistes de son pays. De même
qu'il fut un grand admirateur de
l'art de Vélasquez, Francisco
Goya devint à son tour une
référence pour Manet et pour
Picasso. Goya, Francisco
(1746-1828), peintre et graveur
espagnol, considéré, avec le
Greco et Vélasquez, comme l'un
des plus grands artistes de son
pays.
Formation et
premiers projets
Francisco
José de Goya y Lucientes naquit
dans la petite ville aragonaise
de Fuentetodos (près de
Saragosse), d'un père peintre et
maître doreur et d'une mère
issue de la petite noblesse
régionale. On sait peu de choses
de son enfance. Il fréquenta les
Escuelas Pias à Saragosse et
commença sa formation artistique
à l'âge de quatorze ans, comme
apprenti dans l'atelier d'un
maître local, José Luzan, où il
passa quatre années.
En 1763 et en
1766, il participa, en vain, aux
concours destinés à obtenir une
bourse d'étude à l'académie San
Fernando de Madrid, fondée en
1752. S'il échoua, il fit
cependant la connaissance de
Francisco Bayeu, artiste
originaire d'Aragon, travaillant
à la cour d'Espagne dans le
style académique importé par le
peintre allemand Anton Raphael
Mengs. Cette rencontre marqua le
point de départ de la carrière
artistique de Goya. Bayeu, qui
allait devenir son beau-frère,
le fit participer à une
importante commande officielle,
la réalisation de fresques pour
l'église Nuestra Sehora del
Pilar à Saragosse (l'Adoration du nom de Dieu,
1771, reprises en 1780-1782).
En 1771, Goya
partit pour l'Italie, où il
resta environ une année. Il
passa quelques mois à Rome et
prit part au concours de
l'académie de Parme, qu'il
réussit (Annibal passant les
Alpes, 1771). De retour en
Espagne, il commença à réaliser
sa célèbre série de gravures à
partir de tableaux de Vélasquez,
qui était, avec Rembrandt, son
modèle incontesté. Il collabora
par ailleurs à plusieurs
projets, notamment la
réalisation en 1774 de fresques
pour la chartreuse d'Aula Dei,
près de Saragosse, qui
préfigurent celles qu'il exécuta
dans l'église San Antonio de la
Florida, à Madrid, en 1798. Il
dessina également plusieurs
séries de cartons pour la
manufacture royale de
tapisseries (I'Ombrelle,
1778; le
Marchand de
vaisselle, 1780) et fut reçu
à l'Académie de San Fernando en
1780.
Peinture de
cour
À
partir de juillet 1786, Goya fut
engagé au service du roi Charles
III avant d'être nommé premier
peintre de la cour en 1799. Les
cartons de tapisserie qu'il
réalisa entre la fin des années
1780 et le début des années 1790
lui valurent des éloges marqués
pour la vision qu'ils offraient
de la vie quotidienne espagnole.
Des années 1780 datent également
quelques-uns de ses plus beaux
portraits qu'il fit de ses amis,
des membres de la cour et de la
noblesse (la Famille de
l'infant Don Luis, 1784,
fondation Magnani Rocca, Parme)
ou des personnages en vue (I'Architecte
Ventura Rodriguez, 1784,
Stockholm). Certaines oeuvres,
comme la Marquisede
Pontejos (v. 1786, National
Gallery, Washington), révèlent
un Goya au style élégant et à la
facture assez proche de celle de
son contemporain britannique
Thomas Gainsborough. Eaux-fortes
et peintures tardives.
Durant
l'hiver de 1792, alors qu'il
était en visite dans le sud de
l'Espagne, Goya contracta une
maladie qui le laissa presque
totalement sourd. Cette surdité
infléchit dès lors profondément
le sens de son inspiration.
S'il continua à
peindre la société madrilène
dans ses aspects les plus
pittoresques (Comédiens
ambulants, 1794, musée du
Prado, Madrid), il s'attacha de
plus en plus à exprimer, dans un
style tour à tour dramatique et
moqueur, sa révolte contre la
folie, l'oppression et la
sorcellerie.
Entre 1797 et
1799, il réalisa les premiers
croquis de la célèbre série
gravée des Caprices,
satire des moeurs sociales et
des superstitions de l'époque.
L'ensemble comportera 80
eaux-fortes. Puis l'invasion de
l'Espagne par les armées de
Napoléon en 1808 et la guerre
qui s'ensuivit lui inspirèrent
deux puissants chefs-d'oeuvre,
2 mai à la Puerta del Sol
(Dos de Mayo) et
les
Fusillades du 3 mai (Tres de
Mayo), achevés en 1814 et
conservés au musée du Prado.
Bien qu'en contact avec les
cercles libéraux favorables à la
France, Goya y dénonça avec une
fougue sans précédent la
violence du conflit, ses
répressions sanglantes et le
martyre du peuple espagnol. Dans
ces deux tableaux, comme dans
ses toiles postérieures, Goya
peignit par touches épaisses de
couleurs sombres, illuminées de
jaune brillant et rehaussées de
rouge. Il fixa également sa
vision désespérée de ces
événements - et de l'humanité -
dans les Désastres de la
guerre, série gravée en
1810.
Une certaine
candeur - mêlée cependant d'une
sincérité sans détour - n'est
pas absente des derniers
portraits espagnols de Goya,
comme celui de la Famille de
Charles IV (1800, musée du
Prado), qui confine à la
caricature et montre la famille
royale sans la moindre
idéalisation.
Dernières
oeuvres
Au cours des
années qui suivirent la
Restauration, Goya s'isola
presque complètement dans sa
maison de campagne, la Quinta
del Sordo (la «maison du
sourd!»), qu'il recouvrit des
Peintures noires
(v. 1820,
fresques transférées par la
suite sur toile, musée du
Prado). Ces fresques
hallucinées, représentant des
scènes de sorcellerie et autres
pratiques occultes où
prédominent les tons très
sombres, reflètent plus que
jamais ses angoisses, que l'on
retrouve encore dans son recueil
de gravures Disparates
(littéralement extravagances),
réalisé entre 1820 et 1824,
et dans son terrifiant Satume
dévorant ses enfants (1821-1823,
musée du Prado).
Fuyant le
régime répressif de Ferdinand
VII, Goya quitta en 1824
l'Espagne - où il ne retourna
plus, excepté pour un bref
séjour en 1826 - et s'installa à
Bordeaux. Il s'y adonna, entre
autres, à la pratique de la
lithographie, produisant
notamment la série des Tauromachies
qui devait
bientôt faire l'admiration de
Delacroix, d'Édouard Manet et
plus tard de Pablo Picasso. Il
réalisa encore quelques scènes
de genre (la Laitière de
Bordeaux, v. 1827, musée du
Prado) avant de mourir à
Bordeaux en 1828. Si Goya
appartint par sa culture au
siècle des Lumières, il resta
cependant un génie isolé dont l'oeuvre
allait dominer tout le XIXe
siècle. Sa force visionnaire et
sa liberté d'exécution devaient
en effet ouvrir la voie à de
nombreuses expériences
picturales qui se prolongèrent
jusqu'au XXe siècle.
Le Sommeil de
la Raison
À la suite de
la grave maladie qui le frappa
en 1792, Goya, devenu sourd,
orienta son art vers de
nouvelles préoccupations. La
série des Caprices,
ensemble de 80 gravures dans
lesquelles le peintre dénon��a
les errements et les faiblesses
des hommes, témoigne de cette
évolution. Les figures
cauchemardesques décrites dans
la planche sont les témoins de
l'inspiration fantastique qui
habita nombre des oeuvres de
l'artiste. Renvoyant le
spectateur à ses propres
angoisses, Goya parvient par la
grande justesse de son trait à
donner vie aux monstres et à
restituer une ambiance
angoissante accentuée par la
composition dynamique oblique.
Le sommeil de
la Raison engendre des monstres,
1797-1799
Portrait d'un sourd breveteur génial… Ce natif du Middle West américain doit sa célébrité à une invention
brevetée en 1877 et qui lui est contestée : le phonographe, attribué
au français Charles Cros. Edison avait la manie de déposer
systématiquement un brevet pour chacune de ses inventions, ce que
ses concurrents ne faisaient pas toujours, à tel point que les
auteurs ne sont pas d'accord sur leur nombre: 1,000 ou 2,000 ? On peut se demander comment cet homme, dont l'ouïe fut altérée par
la scarlatine jusqu'à la surdité totale pour l'oreille gauche et une
audition de 10 % pour la droite, a pu concevoir un procédé
d'enregistrement et de reproduction sonore : il le perfectionnera,
même plusieurs fois, en créant le microphone et un amplificateur
sonore. Edison ne considérait pas la déficience auditive comme étant
un handicap, mais comme participant à sa concentration
intellectuelle. Il fut l'un des premiers lecteurs à fréquenter la
bibliothèque de Détroit, lisant les ouvrages à la suite, étagère par étagère ! À l'actif de cet autodidacte génial, notons encore la paternité de
la lampe à incandescence, un ancêtre de cinématographe, et l'amélioration du télégraphe. Il a aussi découvert l'effet thermo-électronique appelé effet
Edison : c'est l'émission d'électrons par les métaux chauffés. L'une
de ses premières inventions brevetées, une machine à voter en 1868,
ne fut pas retenue par le Congrès : elle comptabilisait les votes
trop vite au goût des parlementaires ! Edison décida alors que ses
créations répondraient avant tout à une demande commerciale. On peut dire que cela lui a réussi ! Source : Site Internet / Yanous
Née en 1895 à Saint-Gédéon-de-Beauce, Ludivine Lachance
devint sourde-muette à la suite d'une méningite alors
qu'elle avait un peu plus de deux ans. Les parents,
craignant qu'elle ne se blesse aux meubles, décidèrent alors
de l'enfermer dans une chambre noire de quelques pieds,
aménagée au fond de la cuisine. L'enfant étant aussi
aveugle, ses parents croyaient qu'elle n'avait pas besoin de
lumière. Ludivine grandit ainsi, comme une véritable bête;
incapable de se tenir droite, elle marchait comme un
automate, dévorait ses aliments qu'elle avalait tout rond,
ne poussait que des cris, et faisait ses besoins dans un des
coins de sa petite chambre. Elle aurait sans doute vécu dans
ce misérable état toute son existence, si le curé de la
paroisse, nouvellement nommé, ne l'avait découverte. Il fut
horrifié à la vue de cette jeune fille qui ne mesurait que
quatre pieds et pesait tout au plus une soixantaine de
livres. Ce curé mit toutefois deux ans à convaincre les
parents de Ludivine de la faire soigner à l'Institut des
sourdes-muettes de Montréal. C'est soeur Marie-Angélique
qu'on chargea de l'éducation de Ludivine. Avant d'y arriver,
cependant, un peu d'histoire.
C'est en 1851 que les soeurs
de la Charité de la Providence commencèrent à s'occuper des
sourdes-muettes. Cela arriva presque par hasard lorsque, en
février, un veuf emmena à Longue-Pointe ses deux filles pour
qu'elles profitassent de l'éducation de l'école qu'y avait
fondée, en 1843, Mère Gamelin. L'une des filles de M. Henley
était sourde-muette, Mère Gamelin "comprit que dans la
personne de cette petite orpheline doublement affligée, une
oeuvre nouvelle s'offrait aux ordres de sa charité".
Marguerite Henley fut donc confiée à soeur
Marie-de-Bonsecours qui avait suivi les leçons de l'abbé
Irénée Lagacé, un spécialiste en ce domaine. En 1852, l'on
comptait dix sourdes-muettes à l'école de Longue-Pointe et
vingt l'année suivante. En 1855, l'école ne pouvant plus
suffire, on déménagea à l'Hospice Saint-Joseph rue Mignonne
(aujourd'hui de Maisonneuve). C'est en 1864 que
l'Institution de la rue St-Denis vit officiellement le jour.
En 1928, 1740 élèves avaient été accueillies depuis sa
fondation, dont deux sourdes-muettes-aveugles, soit Ludivine
Lachance et Virginie Blais.
Les méthodes d'éducation des sourdes-muettes sont bien
connues: Il y eut la méthode des signes, dite méthode
manuelle consistant à l'emploi de l'alphabet manuel et de
l'écriture "de manière à rattacher l'idée à la forme
graphique". Vers 1879, cette méthode tomba en désuétude,
sauf pour les élèves particulièrement débiles ou trop âgées.
Les autres suivirent la méthode orale pure: "Cette méthode
exclut les signes et l'alphabet manuel; elle forme les
élèves à la parole et à la lecture labiale et les instruit
de vive voix; l'écriture est secondaire et vient comme
aide-mémoire. Ainsi les élèves s'habituent à rattacher
l'idée à la parole articulée, ce qui rend celle-ci plus
spontanée." Dans le cadre de cette méthode, la première
année d'études était consacrée à "développer l'attention de
l'élève, à régler sa respiration, à développer ses poumons à
l'aide de la gymnastique, à lui apprendre environ trois
cents mots et quelques phrases nouvelles assez faciles".
Comme on pense, ces méthodes d'enseignement, valables
dans le cas des sourdes-muettes, n'étaient plus appropriées
quand on avait affaire à des sourdes-muettes-aveugles comme
l'était Ludivine Lachance, dont l'hérédité directe était des
plus lamentables: alcoolisme et consanguinité des mariages
depuis plusieurs générations.
Voyez ce qu'en dirent les religieuses quand elles se
rendirent à la ferme des Lachance: "Ludivine est
couchée. Nous l'observons à travers le grillage placé en
arrière du poêle. Elle se lève, marche, crie, gesticule,
rit. Nous entrons dans sa chambre, mais impossible d'y
rester, l'atmosphère étant nauséabonde. Nous l'amenons à la
lumière et lui faisons des caresses qui la laissent assez
insensible. Des bonbons et des fruits avivent son sentiment
assez obtus. Elle prend la poupée apportée pour elle, et
dont elle palpe les yeux, puis les siens propres, et les
oreilles, les bras, les pieds, pour s'assurer que ce n'est
pas un vrai bébé. Elle aime les petits enfants. Mais elle
n'est pas longtemps intéressée. Remet la poupée dans la
boîte qu'elle pousse sous son lit, puis va la reprendre au
bout d'une demi-heure".
"L'index et le pouce sont
les seuls doigts avec lesquels elle peut prendre quelque
chose."
"La chambre de Ludivine est très petite. L'espace du
lit à la cloison a quatre pieds de largeur pour circuler.
Même distance du lit à la porte. Pas de fenêtre. Un grillage
qui ouvre dans la pièce voisine, et une porte donnant sur la
cuisine."
"Son lit, composé d'une paillasse et de quelques
rudes couvertures, lui sert de siège et de table. Elle y
d��pose des aliments. Sa mère la lave comme une enfant. C'est
ainsi qu'elle vit depuis treize ans, passant ses journées
dans l'inaction."
À leur troisième visite, les soeurs réussissent à
convaincre les parents de leur confier Ludivine. Le voyage
de retour fut des plus pénibles. L'enfant piquant crise
d'hystérie après crise d'hystérie. Le voyage dura deux
jours, tantôt en calèche, tantôt en train. À l'arrivée à
l'Institution, Ludivine fut confiée à soeur Marie-Angélique.
La jeune fille avait alors 19 ans. La religieuse avait
beaucoup de respect pour les jeunes handicapées qui lui
étaient confiées et faisait preuve de beaucoup de patience
dans son enseignement mais ce n'était pas là règle générale,
pour preuve la méthode grâce à laquelle soeur Ildefonse,
remplaçante de soeur Marie-Angélique a appris à Ludivine le
sens profond de la mort. Elle avait alors vingt ans, était
poitrinaire, de sorte que ses jours étaient comptés. Un beau
matin, soeur Ildefonse prit la décision d'emmener Ludivine
au cimetière. Conduite à la chapelle mortuaire où le corps
d'une sourde-muette était exposée en attendant les
funérailles. On lui fit toucher les membres rigides, le
visage glacé, en lui répétant que les morts ne voient ni
n'entendent. À quelque temps de là, on l'emmena à la croix
de granit qui se trouvait au centre des tombes où on lui fit
entourer des bras ladite croix. Un peu plus loin, un
fossoyeur procédait à quelques sépultures. On lui fit palper
un cercueil et la fosse béante qui l'attendait. Devant cette
manifestation de la mort, sa frayeur fut si grande que la
pauvre fille, avec des cris d'épouvante, se jeta dans les
bras de la religieuse. ��mues, pénétrées d'une profonde
compassion, les soeurs la ramenèrent en hâte à l'Institution
où on la calma, où on l'encouragea, où on ne lui parla plus
de la mort pendant plusieurs semaines.
Il faut dire qu'il y avait de quoi! N'importe qui à la
place de Ludivine, aurait eu la même réaction. Elle
s'éteignit quelques années plus tard, toujours à
l'Institution des sourdes-muettes.