Biographies

 

 

Sourdine

 
 

La version intégrale de notre revue Sourdine est maintenant disponible en format PDF

 

Profitez-en, C'EST GRATUIT!


 

Nous remercions sincèrement les nombreux commanditaires qui supportent notre cause.

 

Vous désirez en faire partie ?

 

Consultez nos tarifs.

 

   

 

 

 

Cocktail dînatoire 

Fondation surdité et communication

Cocktail dînatoire et spectacle

 

 

   

 

Forum de discussion

 

Description


Ce groupe de discussion vise à favoriser les échanges entre les personnes aux prises avec une maladie causant la surdité, telles que la neuropathie, la maladie de Ménière, le cholestéatome, l’ossification, le neurinome, l’otospongiose, etc.

 

Faites part de vos expériences avec les divers appareils auditifs disponibles, allant de la  simple prothèse analogique au plus sophistiqué implant cochléaire.

 

   

 

Biographies de personnages célèbres sourds ou malentendants
 
 

 

Inscrire un thème

  1. Ludwig Van-Beethoven
  2. Alexander Graham Bell
  3. Unbo Kim Ki-chang
  4. Francesco de Goya
  5. Thomas Alva Edison
  6. Ludivine Lachance

Ludwig Van-Beethoven

Ludwig
van

Le compositeur qui n'entendait pas sa musique

Non seulement les oeuvres musicales monumentales de Ludwig van Beethoven présentent une perfection technique digne d'un grand maître, mais elles sont aussi empreintes de tendresse, de grâce, d'ironie et, malheureusement, de douleur. Ce grand compositeur est d'ailleurs loin d'avoir eu une vie facile.
 
Beethoven naît le 16 décembre 1770 à Bonn, en Allemagne, dans une modeste famille de musiciens. Il a une enfance bien triste. Johann, son père, à la chapelle princière, a un fort penchant pour l'alcool, et sa vie déréglée pousse sa famille au bord de la ruine. La santé de sa mère, Maria Magdalena, décline rapidement. Mais celle-ci ne se lasse pas d'apporter un peu de joie à son jeune Ludwig, dont le caractère est plutôt renfermé et ombrageux. L'enfant révèle bientôt d'exceptionnelles aptitudes pour la musique. Son père s'en aperçoit vite et décide d'en faire un enfant prodige. Il le soumet donc à de durs et interminables exercices de clavecin.
 
Une jeunesse mouvementée
 
En plus d'étudier avec son père, Beethoven suit des leçons, beaucoup plus fructueuses, avec l'organiste Christian Neefe, qui lui fait découvrir la musique de Jean-Sébastien Bach et celle du violoniste Rovantini. Le jeune homme ne tarde pas à composer et il publie bientôt des variations pour clavecin.
 
En 1785, Ludwig est nommé organiste à la cour et il est accueilli chaleureusement dans la famille von Breuning. C'est à ce moment que débute une période presque heureuse, bien que souvent troublée par la conduite dissipée de son père. Le jeune Ludwig fait la connaissance, chez les von Breuning, du comte de Waldstein, qui lui fait obtenir une bourse d'études pour lui permettre de profiter des leçons de Mozart. Mais une douloureuse nouvelle doit le rappeler brutalement à Bonn; la mort de sa mère, laissant un vide qui ne sera jamais comblé. En plus, son père est démis de son emploi et Beethoven doit le remplacer pour subvenir aux besoins de ses frères plus jeunes, Johann et Karl.
 
Cinq ans plus tard, en 1792, le grand compositeur autrichien Haydn passe par Bonn et est saisi d'admiration en écoutant une cantate composée par Beethoven. Le comte de Waldstein, fort de cet encouragement, parvient à obtenir une pension en faveur de la famille du musicien et une subvention qui permet à Beethoven de retourner à Vienne.
 
La surdité
 
À Vienne, Beethoven s'affirme rapidement. Il étudie la composition et le contrepoint avec plusieurs maîtres, et suit des cours avec Haydn. Il écrit et publie des trios pour choeur et orchestre, des concertos et des sonates. Son habile exécution le place parmi les plus grands virtuoses de son époque. Il possède maintenant argent, honneurs et amis. Mais, hélas! le malheur frappe encore. Il commence à moins bien entendre à partir de 1796 et il devient totalement sourd en 1819. Bien qu'il subisse une crise morale terrible, il ne s'arrête pas pour autant de produire. La surdité lui enlève la joie d'écouter vibrer les instruments de l'orchestre et de goûter le fruit de son immense talent. Elle le prive également des possibilités de diriger un orchestre. Par contre, son imagination et sa créativité demeurent intactes. La musique vit et chante toujours en lui. Pendant cette période difficile, il composera cinq sonates pour piano.
 
Des oeuvres grandioses
 
Puis, en 1803, il s'attaque à sa Troisième Symphonie dite Héroïque, l'une de ses oeuvres les plus significatives. Il veut la dédier à Napoléon Bonaparte, qui est alors consul et pour lequel il éprouve une admiration sans bornes. Mais quand Napoléon se fait proclamer empereur, Beethoven, démocrate et républicain dans l'âme, le juge trop ambitieux et il déchire sa dédicace. Invité à jouer devant les officiers français, il refuse sèchement.
 
En 1807, le roi de Westphalie, en Allemagne, Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon, tente de l'avoir comme chef d'orchestre, mais la cour de Vienne offre à Beethoven une plus grosse subvention afin qu'il y demeure. Quelques années plus tard, le cours de la monnaie chute, si bien que Beethoven connaît de nouveau des difficultés financières. Son état de santé s'aggrave également. Il est sujet à de forts accès de mélancolie.
 
Malgré la beauté grandiose de sa troisième Symphonie, Beethoven devra attendre encore 10 ans avant de connaître la gloire. Et le succès ne lui vient pas de la Troisième Symphonie ou de la Septième Symphonie mais d'un simple hymne en l'honneur du maréchal Wellington, présenté en 1813, pendant que l'Europe entière célébrait la défaite de Napoléon. Il jouit alors d'une période de prospérité et donne plusieurs concerts.
 
Mais sa quiétude est de courte durée. Son frère Karl meurt en 1815 et nomme Beethoven tuteur de son fils, aussi prénommé Karl. Beethoven doit se battre en justice avec la mère de Karl, Johanna Reiss, qui veut en conserver la garde. En avril 1820, la justice tranche en faveur de Beethoven. Le musicien place le jeune garçon dans un collège, espérant qu'il y sera bien éduqué. L'enfant, malheureusement, tente de se suicider, et Beethoven fait face à un échec qui lui cause d'inlassables tourments.
 
Mourir dans la tristesse
 
Depuis qu'il est totalement sourd, Beethoven ne peut plus se produire en public ou diriger un orchestre. Il se sert d'un carnet pour noter ses pensées et prie les autres d'écrire ce qu'ils ont à lui dire. Mais ses jours sont comptés. Beethoven ne se sent bien nulle part. Il change continuellement de résidence, souvent expulsé par ses propriétaires à cause de son désordre et de sa misanthropie. Homme inquiet, souffrant et pauvre, il vit ses dernières années bien tristement. En 1825, il est atteint d'une grave affection du foie, à laquelle vient s'ajouter une bronchite chronique. Il commence alors à écrire sa Dixième Symphonie, qu'il ne terminera jamais.
 
Le 20 mars 1827, il pressent la fin et note dans son carnet "Je suis sur le point de faire le grand saut." Son médecin traitant lui écrit dans le même carnet "Vous devez vous préparer au pire." Beethoven écrira finalement: "Applaudissez, mes amis, car la comédie est terminée."
 
Son agonie fut longue et douloureuse. Dans la nuit du 26 mars 1827, Beethoven ferme les yeux pour toujours. Il laissera derrière lui une production considérable comprenant, entre autres, 9 symphonies, 32 sonates pour piano, 16 quatuors pour instruments à cordes, une messe en do majeur, la Missa Solemnis, différents concertos, de la musique de chambre et des lieder.
 
Extraits du testament de BEETHOVEN
 
Grand compositeur sourd (1770-1827)
 
Ô vous, qui pensez que je suis un être haineux, obstiné, misanthrope, ou qui me faites passer pour tel, combien vous êtes injustes! Vous ignorez la raison secrète de ce qui vous paraît ainsi. Dès l'enfance, mon cœur, mon esprit inclinaient à ce sentiment délicat: la bienveillance. J'étais toujours disposé à accomplir de grandes actions; mais n'oubliez pas que, depuis bientôt six ans, je suis atteint d'un mal pernicieux que l'incapacité des médecins est venue aggraver encore. Déçu d'année en année dans l'espoir que mon état s'améliore, forcé enfin d'envisager l'éventualité d'une infirmité durable dont la guérison exigerait des années, en admettant qu'elle fût possible, doué d'un tempérament ardent et actif, porté aux distractions qu'offre la société, je me suis vu contraint, de bonne heure, à m'isoler, à passer ma vie loin du monde,
solitaire...
 
S'il m'est arrivé, parfois, de vouloir ignorer tout cela, la triste expérience que je faisais alors de mon ouïe perdue venait durement me le rappeler; et pourtant je ne pouvais encore me résoudre à dire aux hommes: " Parlez plus haut, criez, car je suis sourd. " Ah! Comment avouer la faiblesse d'un sens qui, chez moi, devait être infiniment plus développé que chez les autres, d'un sens que j'ai possédé autrefois dans une perfection telle que bien peu de musiciens l'ont jamais connue. Non, je ne le suis pas. Aussi, pardonnez-moi si, comme vous le voyez, je me retire aujourd'hui du monde, alors qu'auparavant je m'y mêlais volontiers. Je suis d'autant plus sensible à mon infortune qu'elle me fait méconnaître de tous.
 
Colligé par Jean-Yves Dion, membre
 
L'existence de Beethoven, tourmentée par de multiples difficultés matérielles et morales, fut assombrie par la surdité à partir de 1800. La nouveauté de ses rythmes et de ses constructions s'est exprimée à travers trois grands genres : la symphonie, la sonate et le quatuor. Il a laissé un très grand nombre d'œuvres.
 
Source : Se comprendre, printemps 2004

Haut de la page

Alexander Graham Bell

Recherche Diane Dubé


Bell, Alexander Graham Bell, Alexander Graham (1847-1922), inventeur et physicien américain d'origine anglaise, enseignant auprès de personnes malentendantes, célèbre pour son invention du téléphone. Né à Édimbourg (Écosse), Bell fait ses études aux universités d'Édimbourg et de Londres. Il émigre au Canada en 1870 et aux États-Unis en 1871. Aux États-Unis, il enseigne aux sourds-muets le langage de la «parole visible». Ce système, développé par son père, un éducateur écossais du nom d'Alexander Melville Bell, montre comment les lèvres, la langue et la gorge sont utilisées dans l'articulation du son. En 1872, Bell fonde une école pour les malentendants à Boston (Massachusetts). L'école est ensuite rattachée à l'université de Boston, où Bell est nommé professeur de physiologie vocale. Il est naturalisé américain en 1882. Bell, Alexander Graham (1847-1922), inventeur et physicien américain d'origine anglaise, enseignant auprès de personnes malentendantes, célèbre pour son invention du téléphone. Né à Édimbourg (Écosse), Bell fait ses études aux universités d'Édimbourg et de Londres. Il émigre au Canada en 1870 et aux États-Unis en 1871. Aux États-Unis, il enseigne aux sourds-muets le langage de la «parole visible».
 
 
Dès l'âge de dix-huit ans, Bell s'est intéressé à l'idée de transmettre la parole. En 1874, alors qu'il travaille sur un télégraphe multiple, il aboutit à l'invention du téléphone. Ses expériences avec son assistant Thomas Watson sont finalement couronnées de succès le 10 mars 1876, lorsqu'est transmise la première phrase complète : «Watson, venez ici, j'ai besoin de vous.» D'autres démonstrations, en particulier celle de 1876 pour l'Exposition du centenaire de l'indépendance des États-Unis à Philadelphie (Pennsylvanie), présentent le téléphone au monde et conduisent à la création de la Compagnie du téléphone Bell, en 1877.
 
En 1880, la France décerne à Bell le prix Volta d'une valeur de 50 000 francs. Avec cet argent, il fonde le laboratoire Volta à Washington (District de Columbia), où, la même année, lui et ses associés inventent le photophone qui transmet la parole à l'aide de rais de lumière. Il invente d'autres appareils comme l'audiomètre, utilisé pour mesurer l'acuité auditive, le pendule à induction, utilisé pour localiser des objets métalliques dans le corps humain, et le premier cylindre enregistreur en cire, introduit en 1886, qui est à la base du gramophone moderne.
 
Bell est l'un des cofondateurs de la National Geographic Society, dont il sera président de 1896 à 1904. Il fonde aussi le journal Science en 1883.  Après 1895, l'intérêt de Bell se porte principalement sur l'aéronautique. Son étude du vol commence avec la construction de grands cerfs-volants et, en 1907, il conçoit un cerf-volant capable de transporter une personne. Avec un groupe d'associés, dont l'inventeur et aviateur américain Glenn Hammond Curtiss, Bell développe l'aileron, une section mobile de l'aile d'avion qui contrôle le roulis. Ils développent également un train d'atterrissage à trois roues, qui permet d'abord le décollage puis l'atterrissage sur un terrain de vol. En appliquant des principes aéronautiques à la propulsion maritime, son groupe commence à travailler sur les hydroptères, qui se déplacent au-dessus de l'eau à grande vitesse. Son «hydrodrome» final grandeur nature, construit en 1917, atteint puis dépasse les 113 km/h, et pendant de nombreuses années, il sera le bateau le plus rapide du monde. Bell continue ses études sur les causes et l'hérédité de la surdité. Elles le conduisent à mener des expériences sur la sélection, en particulier dans l'élevage des moutons, et à publier un livre intitulé : Durée de vie et conditions associées à la longévité (1918). Il meurt à Baddeck, où un musée contenant nombre de ses inventions originales est entretenu par le gouvernement canadien.
 
 

 
Haut de la page

Unbo Kim Ki-chang

L'esprit de Kim Ki-chang

Perpétué dans son œuvre,  ses actions

Recherche Diane Dubé


Unbo nous laisse plus de 20 000 œuvres et beaucoup plus

Lorsque je suis devenu sourd, je pleurais tout le temps et je voulais tout détruire autour de moi. Mais j'ai pris un pinceau et c'est sur la toile que j'ai exprimé ma douleur. Le grand Unbo Kim Ki-chang s'est éteint le 23 janvier dernier à l'âge de 87 ans. Pilier de l'art coréen, il a réalisé quelques 20 000 œuvres. Il nous laisse en héritage un formidable esprit d'entraide, concrétisé par La maison D'Unbo, un établissement qui éduque et s'occupe d'enfants handicapés. Il nous lègue également les leçons de courage et de dignité qu'il n'a cessé de donner tout au long de sa vie.

Né à Séoul en 1914, il vécut une enfance normale jusqu'à ce qu'il attrape la typhoïde à l'âge de 7 ans. La maladie prit une tournure fatale lorsque sa grand-mère lui donna du ginseng par erreur, ce qui le rendit sourd-muet pour le restant de ses jours. Ce n'est qu'à l'âge de 12 ans qu'il se mit à fréquenter l'école. Ce furent des moments très pénibles : ses camarades se moquaient cruellement de lui et en classe, il restait assis des heures durant sans entendre un seul mot de ce que disait le professeur. C'est à cette époque qu'il se mit à griffonner dans un carnet. C'était de simples esquisses d'objets familiers, d'oiseaux, de fleurs, d'arbres, mais cependant assez convaincantes pour que sa mère réalise que c'était dans l'art qu'il trouverait sa voie.

Lorsqu'il eut 17 ans, elle l'amena chez Idang Kim-Eun-ho, l'artiste le plus célèbre de l'époque, et le supplia de donner des cours particuliers à son fils. On raconte qu'en regardant un des dessins de Kim Ki-chang, Idang eut cette phrase : " Un futur génie vient d'entrer dans ma maison ". La prophétie du maître se réalisa six mois plus tard lorsque le jeune garçon présenta sa première œuvre intitulée "Pansangdomu" à la prestigieuse Choson Art Exhibition.

Le destin du peintre fut incontestablement déterminé par les femmes : sa grand-mère d'abord, qui provoqua accidentellement son handicap et sa mère ensuite, qui le poussa à développer ses dons artistiques alors que son père voulait en faire un menuisier. Mais la femme qui joua le plus grand rôle dans sa vie et dans son œuvre fut son épouse, Parl Rye-hyon.

Artiste elle aussi, elle voulut le rencontrer pour le féliciter. Ce fut le coup de foudre et ils se marièrent trois ans plus tard, en 1946. Elle soutint inconditionnellement la carrière de son mari, parfois au détriment de la sienne, et lui apprit à parler avec les lèvres. En 1947, le couple organisa sa première exposition commune au grand magasin Shinsegae puis, chaque année durant 20 ans. Elle mourut en 1976 et Kim Ki-chang perdit à la fois une épouse, une amie et une collègue. Il confia que sa plus grande peine fut de ne jamais avoir entendu la voix de sa femme.

Si sa vie privée fut jalonnée de drames, sa vie professionnelle fut riche en expériences variées. Son évolution artistique peut être divisée en cinq périodes : le réalisme, la peinture religieuse, les paysages sociaux, les paysages "idiots " et l'abstrait.

À ses débuts dans les années 1930, il s'intéressa à la peinture orientale traditionnelle, améliorant un peu les techniques mais se concentrant surtout sur les expressions de ses personnages coréens. Au cours de la décennie suivante, il adopta le style occidental moderne et fit l'expérience du symbolisme et de l'impressionnisme.

Puis, en 1951, une expérience étrange lui fit changer de cap. Il rêva de Jésus-Christ et de son calvaire. Lorsqu'il se réveilla, il abandonna ses oeuvres en cours et se mit à peindre des tableaux religieux dans lesquels le Christ symbolisait les souffrances du pays.

L'année suivante fut la plus difficile de sa carrière. L'artiste se trouvait à la croisée des chemins et devait décider de son orientation future. C'est ainsi qu'il entra dans sa phase "cubique" (trois dimensions) et entreprit la série des "petits magasins" et "vieux marchands".

Les années 1950 virent naître un grand nombre de chefs-d'œuvre comme les séries "kummando" et "danses masquées" dans lesquelles ses coups de pinceau épais reflètent plus la signification abstraite que le mouvement.


C'est à la fin des années 1970, après la mort de sa femme, que Kim Ki-chang développa son style le plus connu qu'il baptisa " Pabo sansu " (Paysages - montagnes/eau de l'idiot), où l'on retrouve l'esprit mordant de la peinture de l'époque du royaume de Choson. " L'idiot (Pabo) est un individu inachevé et comme l'art n'est jamais achevé, il est idiot aussi ", fournit-il comme explication. C'est également lui qui dessina le roi Sejong du billet de 10 0000 wons en 1975.

S'il était un "être inachevé", il travailla cependant toute sa vie pour atteindre l'achèvement ultime. En 1984, déterminé à partager l'amour et l'attention que sa femme lui avait consacrés pendant leurs années de vie commune, il fonda La maison d'Unbo où les enfants sourds-muets peuvent apprendre l'artisanat.

Selon Park Suk-won, président de l'Association des artistes coréens, "il offrit bien plus que ses services et ses œuvres à ceux qui l'entouraient. Il leur donna un exemple à suivre : il prouva à tous, et particulièrement aux personnes handicapées, que chacun est capable de relever un défi et d'en ressortir grandi. "

" Si je n'étais pas sourd, je ne serais pas celui que je suis aujourd'hui - sans ce grand silence qui m'entoure, jamais je n'aurais été capable de me concentrer sur ma peinture. "

Source : Texte de Kim Mi-hui
Le courrier de la Corée, 10 février 2001

 
Haut de la page

Francesco de Goya

Recherche Diane Dubé


Goya, Francisco (1746-1828), peintre et graveur espagnol, considéré, avec le Greco et Vélasquez, comme l'un des plus grands artistes de son pays. De même qu'il fut un grand admirateur de l'art de Vélasquez, Francisco Goya devint à son tour une référence pour Manet et pour Picasso. Goya, Francisco (1746-1828), peintre et graveur espagnol, considéré, avec le Greco et Vélasquez, comme l'un des plus grands artistes de son pays. De même qu'il fut un grand admirateur de l'art de Vélasquez, Francisco Goya devint à son tour une référence pour Manet et pour Picasso. Goya, Francisco (1746-1828), peintre et graveur espagnol, considéré, avec le Greco et Vélasquez, comme l'un des plus grands artistes de son pays.
Formation et premiers projets
Francisco José de Goya y Lucientes naquit dans la petite ville aragonaise de Fuentetodos (près de Saragosse), d'un père peintre et maître doreur et d'une mère issue de la petite noblesse régionale. On sait peu de choses de son enfance. Il fréquenta les Escuelas Pias à Saragosse et commença sa formation artistique à l'âge de quatorze ans, comme apprenti dans l'atelier d'un maître local, José Luzan, où il passa quatre années.
En 1763 et en 1766, il participa, en vain, aux concours destinés à obtenir une bourse d'étude à l'académie San Fernando de Madrid, fondée en 1752. S'il échoua, il fit cependant la connaissance de Francisco Bayeu, artiste originaire d'Aragon, travaillant à la cour d'Espagne dans le style académique importé par le peintre allemand Anton Raphael Mengs. Cette rencontre marqua le point de départ de la carrière artistique de Goya. Bayeu, qui allait devenir son beau-frère, le fit participer à une importante commande officielle, la réalisation de fresques pour l'église Nuestra Sehora del Pilar à Saragosse (l'Adoration du nom de Dieu, 1771, reprises en 1780-1782).
En 1771, Goya partit pour l'Italie, où il resta environ une année. Il passa quelques mois à Rome et prit part au concours de l'académie de Parme, qu'il réussit (Annibal passant les Alpes, 1771). De retour en Espagne, il commença à réaliser sa célèbre série de gravures à partir de tableaux de Vélasquez, qui était, avec Rembrandt, son modèle incontesté. Il collabora par ailleurs à plusieurs projets, notamment la réalisation en 1774 de fresques pour la chartreuse d'Aula Dei, près de Saragosse, qui préfigurent celles qu'il exécuta dans l'église San Antonio de la Florida, à Madrid, en 1798. Il dessina également plusieurs séries de cartons pour la manufacture royale de tapisseries (I'Ombrelle, 1778; le Marchand de vaisselle, 1780) et fut reçu à l'Académie de San Fernando en 1780.
Peinture de cour
À partir de juillet 1786, Goya fut engagé au service du roi Charles III avant d'être nommé premier peintre de la cour en 1799. Les cartons de tapisserie qu'il réalisa entre la fin des années 1780 et le début des années 1790 lui valurent des éloges marqués pour la vision qu'ils offraient de la vie quotidienne espagnole. Des années 1780 datent également quelques-uns de ses plus beaux portraits qu'il fit de ses amis, des membres de la cour et de la noblesse (la Famille de l'infant Don Luis, 1784, fondation Magnani Rocca, Parme) ou des personnages en vue (I'Architecte Ventura Rodriguez, 1784, Stockholm). Certaines oeuvres, comme la Marquise de Pontejos (v. 1786, National Gallery, Washington), révèlent un Goya au style élégant et à la facture assez proche de celle de son contemporain britannique Thomas Gainsborough. Eaux-fortes et peintures tardives.
Durant l'hiver de 1792, alors qu'il était en visite dans le sud de l'Espagne, Goya contracta une maladie qui le laissa presque totalement sourd. Cette surdité infléchit dès lors profondément le sens de son inspiration. S'il continua à peindre la société madrilène dans ses aspects les plus pittoresques (Comédiens ambulants, 1794, musée du Prado, Madrid), il s'attacha de plus en plus à exprimer, dans un style tour à tour dramatique et moqueur, sa révolte contre la folie, l'oppression et la sorcellerie.
Entre 1797 et 1799, il réalisa les premiers croquis de la célèbre série gravée des Caprices, satire des moeurs sociales et des superstitions de l'époque. L'ensemble comportera 80 eaux-fortes. Puis l'invasion de l'Espagne par les armées de Napoléon en 1808 et la guerre qui s'ensuivit lui inspirèrent deux puissants chefs-d'oeuvre, 2 mai à la Puerta del Sol (Dos de Mayo) et les Fusillades du 3 mai (Tres de Mayo), achevés en 1814 et conservés au musée du Prado. Bien qu'en contact avec les cercles libéraux favorables à la France, Goya y dénonça avec une fougue sans précédent la violence du conflit, ses répressions sanglantes et le martyre du peuple espagnol. Dans ces deux tableaux, comme dans ses toiles postérieures, Goya peignit par touches épaisses de couleurs sombres, illuminées de jaune brillant et rehaussées de rouge. Il fixa également sa vision désespérée de ces événements - et de l'humanité - dans les Désastres de la guerre, série gravée en 1810.
Une certaine candeur - mêlée cependant d'une sincérité sans détour - n'est pas absente des derniers portraits espagnols de Goya, comme celui de la Famille de Charles IV (1800, musée du Prado), qui confine à la caricature et montre la famille royale sans la moindre idéalisation.
Dernières oeuvres
Au cours des années qui suivirent la Restauration, Goya s'isola presque complètement dans sa maison de campagne, la Quinta del Sordo (la «maison du sourd!»), qu'il recouvrit des Peintures noires (v. 1820, fresques transférées par la suite sur toile, musée du Prado). Ces fresques hallucinées, représentant des scènes de sorcellerie et autres pratiques occultes où prédominent les tons très sombres, reflètent plus que jamais ses angoisses, que l'on retrouve encore dans son recueil de gravures Disparates (littéralement extravagances), réalisé entre 1820 et 1824, et dans son terrifiant Satume dévorant ses enfants (1821-1823, musée du Prado).
Fuyant le régime répressif de Ferdinand VII, Goya quitta en 1824 l'Espagne - où il ne retourna plus, excepté pour un bref séjour en 1826 - et s'installa à Bordeaux. Il s'y adonna, entre autres, à la pratique de la lithographie, produisant notamment la série des Tauromachies qui devait bientôt faire l'admiration de Delacroix, d'Édouard Manet et plus tard de Pablo Picasso. Il réalisa encore quelques scènes de genre (la Laitière de Bordeaux, v. 1827, musée du Prado) avant de mourir à Bordeaux en 1828.  Si Goya appartint par sa culture au siècle des Lumières, il resta cependant un génie isolé dont l'oeuvre allait dominer tout le XIXe siècle. Sa force visionnaire et sa liberté d'exécution devaient en effet ouvrir la voie à de nombreuses expériences picturales qui se prolongèrent jusqu'au XXe siècle.
Le Sommeil de la Raison
À la suite de la grave maladie qui le frappa en 1792, Goya, devenu sourd, orienta son art vers de nouvelles préoccupations. La série des Caprices, ensemble de 80 gravures dans lesquelles le peintre dénon��a les errements et les faiblesses des hommes, témoigne de cette évolution. Les figures cauchemardesques décrites dans la planche sont les témoins de l'inspiration fantastique qui habita nombre des oeuvres de l'artiste. Renvoyant le spectateur à ses propres angoisses, Goya parvient par la grande justesse de son trait à donner vie aux monstres et à restituer une ambiance angoissante accentuée par la composition dynamique oblique.
 
 
Le sommeil de la Raison engendre des monstres, 1797-1799
Eau-forte

 
Haut de la page

Thomas Alva Edison

Thomas Edison  

Portrait d'un sourd breveteur génial…
 
 
 Ce natif du Middle West américain doit sa célébrité à une invention brevetée en 1877 et qui lui est contestée : le phonographe, attribué au français Charles Cros. Edison avait la manie de déposer systématiquement un brevet pour chacune de ses inventions, ce que ses concurrents ne faisaient pas toujours, à tel point que les auteurs ne sont pas d'accord sur leur nombre:
 1,000 ou 2,000 ?
 
 On peut se demander comment cet homme, dont l'ouïe fut altérée par la scarlatine jusqu'à la surdité totale pour l'oreille gauche et une audition de 10 % pour la droite, a pu concevoir un procédé d'enregistrement et de reproduction sonore : il le perfectionnera, même plusieurs fois, en créant le microphone et un amplificateur sonore. Edison ne considérait pas la déficience auditive comme étant un handicap, mais comme participant à sa concentration intellectuelle. Il fut l'un des premiers lecteurs à fréquenter la bibliothèque de Détroit, lisant les ouvrages à la suite,
 étagère par étagère !
 
 À l'actif de cet autodidacte génial, notons encore la paternité de la lampe à incandescence, un ancêtre de
 cinématographe, et l'amélioration du télégraphe.
 
 Il a aussi découvert l'effet thermo-électronique appelé effet Edison : c'est l'émission d'électrons par les métaux chauffés. L'une de ses premières inventions brevetées, une machine à voter en 1868, ne fut pas retenue par le Congrès : elle comptabilisait les votes trop vite au goût des parlementaires ! Edison décida alors que ses créations répondraient avant tout à une demande commerciale.
 
 On peut dire que cela lui a réussi !
 
 
 Source : Site Internet / Yanous
 
 

 
Haut de la page

Ludivine Lachance

Ludivine Lachance

Recherche Christophe Plante


Née en 1895 à Saint-Gédéon-de-Beauce, Ludivine Lachance devint sourde-muette à la suite d'une méningite alors qu'elle avait un peu plus de deux ans. Les parents, craignant qu'elle ne se blesse aux meubles, décidèrent alors de l'enfermer dans une chambre noire de quelques pieds, aménagée au fond de la cuisine. L'enfant étant aussi aveugle, ses parents croyaient qu'elle n'avait pas besoin de lumière. Ludivine grandit ainsi, comme une véritable bête; incapable de se tenir droite, elle marchait comme un automate, dévorait ses aliments qu'elle avalait tout rond, ne poussait que des cris, et faisait ses besoins dans un des coins de sa petite chambre. Elle aurait sans doute vécu dans ce misérable état toute son existence, si le curé de la paroisse, nouvellement nommé, ne l'avait découverte. Il fut horrifié à la vue de cette jeune fille qui ne mesurait que quatre pieds et pesait tout au plus une soixantaine de livres. Ce curé mit toutefois deux ans à convaincre les parents de Ludivine de la faire soigner à l'Institut des sourdes-muettes de Montréal. C'est soeur Marie-Angélique qu'on chargea de l'éducation de Ludivine. Avant d'y arriver, cependant, un peu d'histoire.
C'est en 1851 que les soeurs de la Charité de la Providence commencèrent à s'occuper des sourdes-muettes. Cela arriva presque par hasard lorsque, en février, un veuf emmena à Longue-Pointe ses deux filles pour qu'elles profitassent de l'éducation de l'école qu'y avait fondée, en 1843, Mère Gamelin. L'une des filles de M. Henley était sourde-muette, Mère Gamelin "comprit que dans la personne de cette petite orpheline doublement affligée, une oeuvre nouvelle s'offrait aux ordres de sa charité". Marguerite Henley fut donc confiée à soeur Marie-de-Bonsecours qui avait suivi les leçons de l'abbé Irénée Lagacé, un spécialiste en ce domaine. En 1852, l'on comptait dix sourdes-muettes à l'école de Longue-Pointe et vingt l'année suivante. En 1855, l'école ne pouvant plus suffire, on déménagea à l'Hospice Saint-Joseph rue Mignonne (aujourd'hui de Maisonneuve). C'est en 1864 que l'Institution de la rue St-Denis vit officiellement le jour. En 1928, 1740 élèves avaient été accueillies depuis sa fondation, dont deux sourdes-muettes-aveugles, soit Ludivine Lachance et Virginie Blais.
Les méthodes d'éducation des sourdes-muettes sont bien connues: Il y eut la méthode des signes, dite méthode manuelle consistant à l'emploi de l'alphabet manuel et de l'écriture "de manière à rattacher l'idée à la forme graphique". Vers 1879, cette méthode tomba en désuétude, sauf pour les élèves particulièrement débiles ou trop âgées. Les autres suivirent la méthode orale pure: "Cette méthode exclut les signes et l'alphabet manuel; elle forme les élèves à la parole et à la lecture labiale et les instruit de vive voix; l'écriture est secondaire et vient comme aide-mémoire. Ainsi les élèves s'habituent à rattacher l'idée à la parole articulée, ce qui rend celle-ci plus spontanée." Dans le cadre de cette méthode, la première année d'études était consacrée à "développer l'attention de l'élève, à régler sa respiration, à développer ses poumons à l'aide de la gymnastique, à lui apprendre environ trois cents mots et quelques phrases nouvelles assez faciles".
Comme on pense, ces méthodes d'enseignement, valables dans le cas des sourdes-muettes, n'étaient plus appropriées quand on avait affaire à des sourdes-muettes-aveugles comme l'était Ludivine Lachance, dont l'hérédité directe était des plus lamentables: alcoolisme et consanguinité des mariages depuis plusieurs générations.

 

Voyez ce qu'en dirent les religieuses quand elles se rendirent à la ferme des Lachance: "Ludivine est couchée. Nous l'observons à travers le grillage placé en arrière du poêle. Elle se lève, marche, crie, gesticule, rit. Nous entrons dans sa chambre, mais impossible d'y rester, l'atmosphère étant nauséabonde. Nous l'amenons à la lumière et lui faisons des caresses qui la laissent assez insensible. Des bonbons et des fruits avivent son sentiment assez obtus. Elle prend la poupée apportée pour elle, et dont elle palpe les yeux, puis les siens propres, et les oreilles, les bras, les pieds, pour s'assurer que ce n'est pas un vrai bébé. Elle aime les petits enfants. Mais elle n'est pas longtemps intéressée. Remet la poupée dans la boîte qu'elle pousse sous son lit, puis va la reprendre au bout d'une demi-heure".
"L'index et le pouce sont les seuls doigts avec lesquels elle peut prendre quelque chose."
"La chambre de Ludivine est très petite. L'espace du lit à la cloison a quatre pieds de largeur pour circuler. Même distance du lit à la porte. Pas de fenêtre. Un grillage qui ouvre dans la pièce voisine, et une porte donnant sur la cuisine."
"Son lit, composé d'une paillasse et de quelques rudes couvertures, lui sert de siège et de table. Elle y d��pose des aliments. Sa mère la lave comme une enfant. C'est ainsi qu'elle vit depuis treize ans, passant ses journées dans l'inaction."
À leur troisième visite, les soeurs réussissent à convaincre les parents de leur confier Ludivine. Le voyage de retour fut des plus pénibles. L'enfant piquant crise d'hystérie après crise d'hystérie. Le voyage dura deux jours, tantôt en calèche, tantôt en train. À l'arrivée à l'Institution, Ludivine fut confiée à soeur Marie-Angélique. La jeune fille avait alors 19 ans. La religieuse avait beaucoup de respect pour les jeunes handicapées qui lui étaient confiées et faisait preuve de beaucoup de patience dans son enseignement mais ce n'était pas là règle générale, pour preuve la méthode grâce à laquelle soeur Ildefonse, remplaçante de soeur Marie-Angélique a appris à Ludivine le sens profond de la mort. Elle avait alors vingt ans, était poitrinaire, de sorte que ses jours étaient comptés. Un beau matin, soeur Ildefonse prit la décision d'emmener Ludivine au cimetière. Conduite à la chapelle mortuaire où le corps d'une sourde-muette était exposée en attendant les funérailles. On lui fit toucher les membres rigides, le visage glacé, en lui répétant que les morts ne voient ni n'entendent. À quelque temps de là, on l'emmena à la croix de granit qui se trouvait au centre des tombes où on lui fit entourer des bras ladite croix. Un peu plus loin, un fossoyeur procédait à quelques sépultures. On lui fit palper un cercueil et la fosse béante qui l'attendait. Devant cette manifestation de la mort, sa frayeur fut si grande que la pauvre fille, avec des cris d'épouvante, se jeta dans les bras de la religieuse. ��mues, pénétrées d'une profonde compassion, les soeurs la ramenèrent en hâte à l'Institution où on la calma, où on l'encouragea, où on ne lui parla plus de la mort pendant plusieurs semaines.
Il faut dire qu'il y avait de quoi! N'importe qui à la place de Ludivine, aurait eu la même réaction. Elle s'éteignit quelques années plus tard, toujours à l'Institution des sourdes-muettes.
Récit extrait de:
"Manuel de la Petite Littérature du Québec".
Victor-Lévy Beaulieu.
Éditions de l'Aurore. c1974

 

Haut de la page