DOMINIQUE PINSONNEAULT ET MARTIN BERGEVIN
 

 
Recherche personnalisée

 

Martin Bergevin
Dominique Pinsonneault


       par Michel Nadeau
 
 
 
Sourdine a interrogé pour vous les deux coordonnateurs de l'Enquête sur la formation et l'emploi en déficience auditive au Québec (EFEDA). Il s'agit de madame Dominique Pinsonneault et de monsieur Martin Bergevin.
 
SOURDINE: Parlez-nous de l'historique du projet.
 
DOMINIQUE: Le Centre québécois de la d�������ficience auditive (CQDA), grâce à l'appui financier d'organismes publics et priv����s, a voulu tracer un portrait plus juste d'une réalité qui, malgré qu'elle soit connue, n'a jamais été vraiment analysée et ce, à partir d'un nombre d'individus relativement important. L'EFEDA se veut donc être la première étude d'importance au Québec qui traite de la situation des personnes sourdes et malentendantes en termes de formation professionnelle et d'emploi où toutes les régions du Québec sont représentées.
 
Ce projet est le résultat d'une longue réflexion amorcée avec le Sommet québécois sur la déficience auditive en février 1986. Il fut suivi par le Colloque provincial en déficience auditive en mai 1992 et le Colloque de l'après-sommet en mars 1997. Il y eut, par la suite, le Comité de travail du suivi qui s'est penché sur les 172 recommandations émises lors du Colloque de l'après-sommet, dont plusieurs concernaient le dossier du travail. En novembre 1997, le comité déposait un document synthèse au CQDA. Ce document a mené à la convocation en janvier 1998 des gens du milieu de la surdité à une rencontre pour mettre sur pied le comité des sages et les comités thématiques. En mars 1999 un plan d'action triennal fut élaboré, duquel accoucha le projet de recherche qui a vu naître l'EFEDA.
 
SOURDINE: Quel est le but de cette étude, quelle fut la méthodologie choisie et à qui avez-vous fait appel pour la réaliser?
 
MARTIN: But de l'étude : La surdité, de par les barrières communicationnelles qu'elle engendre, peut être un obstacle d'une importance non négligeable lors de la scolarisation, de la recherche d'emploi ainsi que pour le maintien et la qualité de l'emploi, la formation continue et la mobilité professionnelle, entre autres. Le postulat de base étant que les personnes sourdes et malentendantes éprouvent des difficultés d'intégration sur le marché du travail, le but de cette étude est d'établir quels sont les obstacles à l'intégration professionnelle des personnes avec surdité et de vérifier si la formation peut en être une des causes. Nous avons abordé le sujet sous trois angles différents : les individus vivant avec une surdité, les services de main-d'œuvre qui offrent des services à des clientèles qui ont des besoins spécifiques ainsi que les employeurs.
 
La méthodologie : Concernant les individus, un questionnaire traitant des diverses facettes de la formation et de l'emploi a été mis à leur disposition afin de dresser un portrait de leur situation et de comprendre les facteurs d'intégration et de non-intégration au marché du travail. En matière de services d'emploi, nous avons demandé la participation des services spécialisés de main-d'œuvre (SSMO) à travers le Québec afin de connaître le degré de sensibilisation aux spécificités des personnes vivant avec une surdité et les services adaptés qui leur sont offerts. Finalement, nous avons contacté les entreprises qui embauchent un nombre important de personnes ayant des limitations et les entreprises adaptées qui sont présentes dans plusieurs régions du Québec.
 
L'échantillon: Plus de 1000 personnes ayant une surdité ont été informées et contactées lors du déroulement de l'enquête qui a eu lieu d'avril 2000 à avril 2001 au Québec. De ce nombre, 672 personnes ont répondu positivement à l'appel, mais ce sont 582 questionnaires qui ont servi aux fins de cette étude. Cet échantillon, tel que reproduit au tableau 1.1, est représentatif de la population à l'échelle du Québec. Les 90 questionnaires rejetés ne correspondaient pas aux critères de sélection des participants à savoir :
 
1) Résider au Québec.
 
2) Avoir une surdité qui soit congénitale ou acquise (maladie/accident) avant l'âge de 18 ans.
 
3) Ne pas avoir d'autres limitations fonctionnelles.
 
4) Être âgé entre 15 et 46 ans.
 
Les partenaires du projet
 
Il est important de souligner le nombre incroyable de partenaires et collaborateurs au projet. Ce fut un travail de collaboration « multi-niveaux » impliquant des personnes issues d'horizons variés. Chacune a contribué selon son domaine d'expertise et les moyens mis à sa disposition, ce qui a fait de l'étude une première au Québec puisqu'elle rassemble, autour d'un objectif commun, des expertises riches et diversifiées.
 
Pour le financement :
 
  • Ministère du Développement et des ressources humaines Canada.
  • Emploi Québec.
  • 19 autres partenaires financiers et de services.
Pour la mise en œuvre du projet :
 
Comité d'adaptation de la main-d'œuvre pour personnes handicapées (CAMO).
 
Pour la tournée régionale :
  • Les associations membres du CQDA.
  • Le Réseau des services spécialisés de main-d'œuvre.
  • Le Conseil québécois des entreprises adaptées.
  • Les établissements d'enseignement publics et privés de niveau secondaire, collégial et universitaire.
  • Les entreprises privées.
Pour la collecte et l'analyse des données :
  • Sogémap.
  • Production mot à mot.
  • Institut de la statistique du Québec.
  • Statistique Canada.
  • Office des personnes handicapées du Québec.
  • Emploi Québec.
  • Ministère de l'Éducation.
Pour les épreuves de lecture et le développement des recommandations :
  • Interactif.
  • Emploi Québec.
  • Michel Picard, Ph.D., Université de Montréal
  • Patrick Fougeyrollas, Ph.D., Institut de réadaptation en déficience physique de Québec
  • Marc Gervais, M.A., Centre McKay
  • Comité de travail du suivi de l'après-sommet du CQDA (Léon Bossé, Monique Therrien, Jacques Racicot, défunt Jean-Guy Beaulieu, Gilles Boucher, Yvon Mantha).
SOURDINE: Quel a été votre rôle dans ce projet?
 
LES DEUX : Coordonner le projet.  Rédiger un état de la situation des jeunes personnes sourdes et malentendantes en matière de formation professionnelle et d'emploi. Le document final fait 300 pages. Publier les résultats. Publier un document synthèse de l'état de la situation et développer des recommandations en vue de mettre en œuvre des actions concrètes visant une meilleure intégration des sourds et malentendants sur le marché du travail et ainsi leur offrir une meilleure qualité de vie professionnelle.
 
SOURDINE: Quelles sont les résultats de cette étude?
 
DOMINIQUE: Le portrait d'ensemble
 
Malgré tous les défis à relever au quotidien tant sur le plan scolaire que sur le plan de l'emploi, les résultats démontrent que les personnes sourdes et malentendantes sont majoritairement actives (82 %) au sein de la société québécoise en étant impliquées sur le marché du travail (48 %), en étant aux études (18 %) ou en étant à la fois en emploi et aux études (16 %). Parmi les difficultés et les barrières invisibles à franchir, la plus importante et la plus récurrente est celle qui implique les relations humaines (ou communications) car elle se perpétue de la vie scolaire à la vie professionnelle.
 
La scolarité
 
Toutefois, et malgré les embûches, nous avons observé une augmentation récente de la scolarité des personnes qui ont une surdité, surtout chez les plus jeunes (15-30 ans), les femmes, les personnes qui ont fréquenté l'école régulière et celles qui utilisent le mode oral comme mode de communication.
 
Le parcours scolaire des répondants (spécialisé, régulier ou varié) a fait ressortir des disparités. Les individus issus du parcours spécialisé se distinguent significativement de ceux du régulier dans la mesure où les élèves ayant fréquenté les écoles régulières représentent 50 % des détenteurs d'un diplôme alors que le pourcentage baisse à moins de 30 % pour les élèves issus du parcours spécialisé. Il en est de même pour le niveau de diplomation et le niveau de scolarité atteint. Les individus du parcours régulier sont en tête de liste, suivis par ceux issus du parcours varié en se terminant par ceux du parcours spécialisé.
 
Les femmes et les jeunes
 
Nous avons été frappés par la similitude entre certains sous-groupes de la société québécoise et ces mêmes sous-groupes chez les personnes sourdes et malentendantes : les femmes et les jeunes.
 
En ce qui concerne les femmes, elles sont, comparativement aux hommes, proportionnellement plus nombreuses à être ni en emploi ni aux études, et à occuper des postes plus précaires. Elles sont aussi plus fortement représentées dans les tranches salariales plus faibles alors qu'elles atteignent des niveaux scolaires plus élevés. Ceci est d'autant plus étonnant lorsque nous constatons que les femmes sourdes et malentendantes sont, en proportion, plus nombreuses à atteindre un niveau de scolarité post-secondaire comparativement aux hommes et aux femmes sans incapacité.
 
Pour ce qui est des jeunes (15-34 ans), ils sont, eux aussi, plus largement représentés dans les tranches salariales plus faibles et ils occupent des emplois plus précaires tout en ayant une scolarité plus élevée (taux de diplomation et niveau de scolarité atteint) comparativement au deuxième groupe d'âges (35-46 ans).
 
Le revenu
 
Si l'on compare les personnes avec incapacité et les personnes sourdes et malentendantes, on observe que ces dernières sont à la fois moins riches et moins pauvres. C'est-à-dire qu'elles sont moins nombreuses à avoir un revenu d'emploi inférieur, mais aussi moins nombreuses à avoir un revenu d'emploi qui soit plus élevé. On compte ainsi 73 % des répondants qui ont un salaire entre 12 000$ et 30 000 $ alors que pour ces mêmes tranches salariales, la proportion est de 38 % pour les personnes avec incapacité et de 32 % pour les personnes sans incapacité.
 
Vers un emploi
 
Le saut de la formation vers l'emploi est lui aussi jonché d'embûches significatives, les principales étant les grandes difficultés reliées à l'entrevue (par exemple l'utilisation du service de relais téléphonique qui est pénalisant ou l'accès limité aux services d'interprétariat, etc.) et la réticence des employeurs, syndicats et autres employés à embaucher une personne vivant avec une surdité pour des raisons, entre autres, de sécurité, de méconnaissance de la personne sourde et malentendante ou d'inexpérience des technologies qui aideraient à l'utilisation du téléphone et aux échanges verbaux sans pour autant diminuer la productivité de l'entreprise. Démystifier la surdité ici sera une stratégie gagnante pour tous. D'autant plus que les employés avec surdité sont des travailleurs particulièrement fiables et fidèles. La comparaison des données statistiques entre le groupe cible et la population québécoise avec ou sans limitations révèle en effet que la durée de vie professionnelle des personnes sourdes et malentendantes est similaire à celle de la population en général et ce, malgré le constat que le taux d'occupation des répondants sourds et malentendants est nettement inférieur à celui des personnes sans incapacité (53 % c. 74%).
 
Les compétences, la formation et l'emploi
 
Quoique nos données attestent d'une forte participation des personnes avec limitations auditives au marché du travail, on note que non seulement 49 % d'entre elles ne travaillent pas dans un milieu d'emploi qui correspond à leur domaine d'études, mais que 44 % occupent des postes qui nécessitent des compétences élémentaires ou aucune compétence et qu’uniquement 29 % détiennent un diplôme qui répond aux compétences exigées. En d'autres termes, 15 % des répondants occupent des postes qui sont en deçà de leur niveau de compétences.
 
De plus, quoique la durée de vie professionnelle des personnes sourdes et malentendantes soit équivalente à celle de la population sans incapacité comme nous l'avons indiqué, seul un nombre infime d'entre elles ont participé à des formations hors du cadre scolaire, comme par exemple la formation continue qui permet une mise à niveau des connaissances de tout travailleur actif au sein de la société. Chose certaine, la sous-représentation des répondants à la formation continue ne favorise en rien l'actualisation des connaissances et des compétences essentielles en tant que travailleur au sein d'une société où l'économie du savoir est primordiale.
 
Les difficultés exprimées
 
En sus des données statistiques que nous avons tenté de faire comprendre, les commentaires des répondants éclairent le lecteur sur les difficultés vécues en emploi pour certains répondants. Il s'agit essentiellement de difficultés à l'accès aux promotions, d'iniquité salariale, de non-reconnaissance et non-utilisation des compétences ni du plein potentiel, de non-considération de l'expérience réelle, etc.
 
Les services d'aide à l'emploi
 
Lorsqu'il est question des services d'aide à l'emploi, il a été constaté que les personnes ayant une surdité connaissaient si peu les services non spécialisés (Centres locaux d'emplois) qu'aucune donnée n'a pu être recueillie à ce sujet.
 
Les services spécialisés sont par contre mieux connus : douze des seize SSMO accueillent des clients ayant une surdité et offrent directement ou indirectement des services adaptés à ces personnes. Sont utilisés spécialement ceux qui offrent des services en langue des signes et qui se situent dans les régions métropolitaines de Montréal et de Québec. Hormis ceux-ci, les SSMO proposant des services spécialisés doivent utiliser des services d'interprétariat extérieurs pour desservir les personnes utilisatrices de la langue des signes suite à une évaluation, par un conseiller, des capacités et des besoins communicationnels de la personne sourde et non sur simple demande. En outre, le facteur éloignement ne facilite pas l'accessibilité aux services d'interprétariat pour les personnes sourdes et malentendantes, d'autant plus que leur nombre ne semble pas justifier que des services en langue des signes soient mis sur pied à l'intérieur de ces SSMO.
 
Le point de vue des employeurs
 
Nous avons constaté que les entreprises adaptées ne sont pas des entreprises dans lesquelles un nombre important de personnes sourdes travaille. Cependant parmi celles qui emploient des personnes avec surdité, 96 % se disent satisfaites de leur rendement. Les adaptations qui ont été opérées par les entreprises ne sont ni reliées au nombre de travailleurs qui ont ces caractéristiques, ni à l'ampleur des conséquences de la surdité sur l'emploi. Le facteur influent est plutôt le soutien extérieur qui a été offert à l'entreprise par l'intermédiaire, entre autres, d'un service spécialisé de main-d'œuvre. Un autre moyen, permanent celui-là, que ces entreprises ont utilisé pour pallier les conséquences qu'implique une communication qui s'établit quelquefois difficilement, fut de former quelques membres de leur personnel en langue des signes.
 
SOURDINE: Quelles sont les recommandations de l'étude?
 
MARTIN: Au nombre de quatre:
 
Démystifier la surdité auprès des employeurs, incluant le renforcement des lois et mesures actuellement en vigueur et visant l'intégration des personnes handicapées sur le marché du travail.
 
Meilleure préparation au marché du travail de la part des personnes sourdes et malentendantes et renforcement des mesures d'adaptation telles que stipulées dans la politique de l'EHDAA (élève handicapé et en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage).
 
Accessibilité pleine et entière des services d'aide à l'emploi (CLÉ et SSMO) aux personnes sourdes et malentendantes.
 
Accessibilité, disponibilité et qualité des services d'interprétariat dans toutes les activités en lien avec l'éducation, la formation professionnelle, la recherche d'emploi et le maintien en emploi (stage, entrevue, réunions syndicales, formation continue, etc.).
 
Pour la mise en œuvre de ces recommandations, cinq ministères sont visés : Éducation, Emploi et Solidarité sociale, Développement des régions, Ressources naturelles et Santé et Services sociaux.
 
On demande également aux ministères de l'Éducation et de l'Emploi un soutien financier afin de poursuivre nos recherches dans quatre domaines non élucidés :
 
1) Les écoles spécialisées (gestuelles) afin de comprendre pourquoi il y a un si haut taux de jeunes sourds qui sont en cheminement particulier, notamment en intégration socioprofessionnelle sur le marché du travail.
 
2) Comment se fait-il qu'il y a si peu de personnes sourdes et malentendantes qui s'inscrivent en formation aux adultes (alphabétisation et rattrapage scolaire) lorsqu'elles arrêtent leurs études secondaires?
 
3) Comment se fait-il que très peu de personnes sourdes et malentendantes ont eu accès à des cours de formation continue et de perfectionnement dans le cadre de leur travail ou souhaitant améliorer leurs compétences professionnelles?
 
4) Expliquer la discordance suivante : les services spécialisés de main-d'œuvre (SSMO) souhaitent obtenir davantage de renseignements sur la surdité et ont manifesté le désir de vouloir contribuer plus activement à l'intégration socioprofessionnelle des personnes sourdes et malentendantes versus les personne sourdes et malentendantes qui semblent très peu comprendre le rôle des SSMO et ne semblent pas partager un intérêt à faire appel à leurs services.
 
SOURDINE: Comment sera diffusé le rapport?
 
DOMINIQUE: Étant donné l'épaisseur du rapport, les exemplaires papier ne seront distribués gratuitement qu'aux :
  • partenaires financiers
  • ministères
  • et quelques joueurs « clés » du marché du travail.
Cependant, l'étude sera accessible à tous sur le site Internet du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS).
 
Ceux et celles qui veulent s'en procurer une copie peuvent le faire en visitant le site Internet de ce ministère ou en achetant un exemplaire au CQDA.
 
Le document synthèse incluant les recommandations sera distribué aux :
  • partenaires financiers et de services
  • ministères
  • les joueurs cl����s du marché du travail (employeurs, chambres de commerces, syndicats, etc.)
  • associations membres du CQDA
  • services spécialisés de main-d'œuvre
  • entreprises adaptées.
Tout comme l'étude, le document synthèse sera également disponible sur le site Internet du MESS.
 
Le lancement est prévu en juin, les envois postaux vers la fin du mois de juin et la disponibilité des rapports sur le site Internet du MESS probablement d'ici août.
 
SOURDINE: En quoi cette étude sera-t-elle utile aux personnes ayant une déficience auditive?
 
MARTIN: Cette étude permettra aux personnes sourdes et malentendantes de mieux saisir les enjeux et défis auxquels elles font face en matière d'éducation, de formation professionnelle et d'emploi. Elles seront mieux sensibilisées, informées et outillées pour faire valoir leur droit quant à un emploi de qualité et valorisant ainsi que sur les mesures mises à leur disposition pour faciliter l'atteinte de cet objectif. Corrélativement, elles seront également davantage conscientes des responsabilités qui leur incombent, notamment sur les sujets de l'acquisition et de la compréhension des codes d'éthique sur les plans de la communication et des attitudes professionnelles et des comportements appropriés et inappropriés dans le monde du travail. Aussi, nous développerons des outils leur permettant de « vendre » leur compétence auprès des employeurs et ce malgré le handicap de la surdité (savoir vendre ses compétences et profiter de ce que la surdité peut offrir à l'employeur).
 
Notons également que cette étude sera aussi utile pour les parents des enfants sourds et malentendants puisqu'ils sont les intervenants de « première ligne » et les premiers éducateurs. Savoir d'avance les défis auxquels leurs enfants seront confrontés dans un avenir lointain leur permettra de mieux les préparer à relever ces défis.
 
SOURDINE: Que retenez-vous de cette expérience?
 
DOMINIQUE: Pour moi, ce fut très formateur. J'ai constaté que les personnes sourdes et malentendantes font d'énormes efforts lorsqu'elles sont aux études et font preuve de beaucoup de courage et de détermination tout au long de leur vie. Elles doivent se battre constamment pour avoir un emploi. La déficience auditive est une incapacité lourde de conséquences parce qu'elle est une barrière à la communication.
 
MARTIN: Le portrait qui se dessine à la suite de l'EFEDA n'est, somme toute, pas si sombre. Les personnes sourdes et malentendantes travaillent dans une proportion comparable et sur une échelle de temps tout aussi comparable à la population québécoise. Ils ne sont ni riches ni pauvres, ils obtiennent des diplômes, bref, ils sont présents et actifs dans la société québécoise. Il ne faut cependant pas perdre de vue la persévérance, la ténacité et les efforts déployés tant par les personnes elles-mêmes que par leur entourage, ni les mesures qui leur ont permis d'atteindre ces résultats. La communication est et demeurera la pierre angulaire de l'intégration des personnes sourdes et malentendantes dans la société québécoise. La poursuite, voire l'augmentation des mesures concrètes d'accessibilité est essentielle et demeure vitale. La société a tout à gagner de la participation active d'un nombre maximal des membres qui la composent, et les personnes sourdes et malentendantes en font résolument partie.
 
SOURDINE : Merci à vous, Dominique et Martin, d'avoir répondu à nos questions et acceptez toutes nos félicitations pour votre excellent travail dans ce projet porteur d'avenir pour les personnes sourdes et malentendantes.
 
 Sourdine 153 juillet/août 2005
 
 


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