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MIREILLE TARDIF,
AUDIOLOGISTE
À L’INSTITUT
RAYMOND-DEWAR (IRD) |
PAULE BÉLAIR, COORDONNATRICE
DU REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS POUR PERSONNES
AVEC ACOUPHÈNES (RQPA |
Paule Bélair :
S. Depuis combien de temps avez-vous des acouphènes?
P.B . J’ai des acouphènes permanents depuis 11 ans.
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S. Comment cela se manifeste-t-il dans votre cas?
P.B. J’ai des « sillements » 24 heures par jour, sept jours
par semaine.
Les bruits varient d’intensité; ils sont parfois plus
faibles, parfois plus forts, mais
toujours présents. |
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S. Comment vous sentez-vous face à cette situation?
P.B. Au début,
ces bruits suscitaient beaucoup de stress.
J’avais des problèmes d’insomnie et je me sentais
déprimée en sachant que je devrais entendre cela toute ma
vie. Avec
l’aide reçue et l’effort que j’y ai mis, je peux dire
qu’aujourd’hui je vis très bien avec mes acouphènes. |
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S. Où avez-vous cherché de
l’aide?
P.B. J’ai
consulté un ORL qui a décelé une baisse d’audition dans les
hautes fréquences, donc je devais apprendre à vivre avec ces
bruits. J’avais
déjà lu un article dans une revue à l’effet que le
Regroupement québécois pour personnes avec acouphènes était
un organisme pour venir en aide aux gens aux prises avec des
acouphènes.
J’ai pris contact avec l’association, j’ai obtenu du support
téléphonique de la part d’un bénévole et j’ai assisté à une
rencontre de groupe.
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J’ai été référée à l’Institut Raymond-Dewar où une équipe
multidisciplinaire (audiologiste, psychologue) m’a aidé dans
la gestion et la prise en charge de l’acouphène.
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S. Qu’est-ce que cela vous a apporté?
P.B. Les thérapies que j’ai suivies m’ont aidée à accepter
ma situation.
Dans le groupe de huit personnes atteintes dont je faisais
partie, il y avait beaucoup d’échanges.
J’ai appris à m’adapter et à apprivoiser mes
acouphènes.
J’ai trouvé du réconfort auprès des intervenantes de l’IRD.
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S. Parlez-nous du RQPA.
P.B. C’est un organisme sans but lucratif qui fut fondé en
1983 par un professeur d’audiologie de l’université de
Montréal, madame Normandin, et son étudiante, madame Roberge,
ainsi qu’un groupe de bénévoles, dans le but de venir en
aide aux personnes souffrant d’acouphènes.
J’y travaille à titre de coordonnatrice à temps
partiel depuis maintenant neuf ans. |
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Le RQPA fournit de l’information ainsi qu’un service
d’écoute téléphonique. Il publie également une revue
trimestrielle,
l’Oreille bruyante.
Nous aidons les gens à trouver des moyens pour
apprendre à cheminer à travers cette problématique.
Nous organisons des soirées d’information mensuelles
où l’on échange sur comment on vit avec nos acouphènes.
Les conférences et témoignages apportent un éclairage
additionnel. |
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Lorsque les acouphènes apparaissent, on est souvent porté à
les écouter. Il
faut développer le réflexe de les entendre sans les écouter,
c’est-à-dire sans y porter attention.
Grâce à notre équipe de bénévoles actifs et généreux
de leur temps, nous arrivons à aider nos membres à mieux
composer avec leurs acouphènes. |
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Notre siège social est situé au 7400, boul. St-Laurent, à
Montréal. Nous
sommes aussi présents dans plusieurs régions du
Québec, notamment à Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières,
Drummondville, St-Jérôme et sur la Rive-Sud.
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Nous fonctionnons grâce à une subvention du ministère de la
Santé et des Services sociaux de même que la contribution de
nos quelques 650 membres à travers le Québec.
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Mireille Tardif |
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S. Quelles sont les causes des acouphènes?
M.T. L’acouphène n’est pas une maladie mais un symptôme qui
découle d’un dysfonctionnement de l’oreille.
Ce son parasite ou son fantôme peut apparaître à la
suite d’infections comme des otites
ou d’autres maladies de l’oreille.
L’acouphène est souvent associé
à la surdité.
Il est fréquent, entre autres, chez les personnes qui
sont atteintes de surdité professionnelle occasionnée par
une exposition intense aux bruits élevés en milieu de
travail. |
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S. Est-ce que cela se guérit?
M.T. Si
l’acouphène est relié à une maladie de l’oreille, il peut
disparaître à la suite du traitement approprié à la maladie
ou à l’infection.
Sinon, cela ne se guérit malheureusement pas.
On peut apprendre à ne plus les entendre, mais ils ne
disparaissent pas pour autant… |
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S.
Quel est l’état de la recherche sur
les acouphènes?
M.T. Il se fait
de plus en plus de recherches sur les acouphènes, beaucoup
plus qu’il y a dix ans.
C’est un domaine de recherche en expansion.
En 2008, 600 congressistes se sont réunis en Suède
pour la mise en commun des résultats de recherches, entre
autres, sur le traitement des acouphènes et l’IRD y était
représenté.
Nous avons parlé de notre approche de groupe pour les
personnes avec acouphènes. |
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Nous demeurons à l’affût des résultats des recherches qui
sont publiés dans les principales revues scientifiques.
Nous avons aujourd’hui beaucoup plus de connaissances
sur les mécanismes de production des acouphènes et certains
traitements apparaissent intéressants, mais ne sont pas
encore tout à fait au point pour être offerts en clinique.
Compte tenu de la complexité de la problématique des
acouphènes, il va être difficile de trouver un traitement
qui convient à tous. Il faut demeurer vigilant! Les progrès
scientifiques actuels nous donnent quand même espoir.
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S.
Quels sont les moyens utilisés pour
être moins dérangés par les acouphènes?
M.T. Il y a les «
masqueurs » de bruits qui visent à masquer les acouphènes.
La musique d’un MP3, une musique d’ambiance ou le son de la
télévision dans la pièce peuvent aider à camoufler les
acouphènes, c’est-à-dire à moins entendre ses acouphènes, à
moins y porter attention, donc à être moins dérangé par
ceux-ci. Pour les personnes qui portent des appareils
auditifs, il existe maintenant des appareils avec un
programme qui vous fait entendre une musique et des sons qui
vous font oublier vos acouphènes.
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S. Combien y a-t-il de personnes qui souffrent
d’acouphènes au Québec?
M.T. Selon une étude québécoise parue en 1998,
13 % de la population âgée de 15 ans et plus ont déjà
eu des acouphènes pour une durée de plus de cinq minutes.
Évidemment, plus une personne avance en âge, plus
elle est susceptible d’en avoir si elle commence à moins
bien entendre.
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S. Parlez-nous du groupe d’intervention de l’IRD
auprès des personnes souffrant d’acouphènes.
M.T. Ce groupe
existe depuis 1986.
Les audiologistes et psychologues de l’IRD font
équipe pour rencontrer des groupes de 8-10 personnes
atteintes d’acouphènes pour une durée de dix semaines.
Il y a deux groupes par année formés au printemps et
à l’automne.
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Ces rencontres sont gratuites et il n’est pas nécessaire
d’avoir été référé par un médecin pour s’y inscrire.
Les délais d’attente varient selon le degré
d’urgence. Une
personne en grande détresse sera vue rapidement.
Sinon, l’attente peut varier de quelques semaines à
quelques mois.
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Les personnes atteintes doivent se présenter avec une
évaluation de leur audition qui peut être obtenue dans un
centre hospitalier ou dans une clinique privée.
La première évaluation (audiogramme) doit provenir
d’un ORL ou d’un audiologiste.
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Si vous êtes de ceux et celles qui entendez toutes sortes de
sons bizarres et que vous êtes dérangés par ces derniers,
n’hésitez plus et
consultez.
Les ressources sont là, elles attendent que vous vous
manifestiez! |
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Sourdine mars - avril 2011 |
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