Témoignages

 

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Cocktail dînatoire 

Fondation surdité et communication

Cocktail dînatoire et spectacle

 

 

   

 

Forum de discussion

 

Description


Ce groupe de discussion vise à favoriser les échanges entre les personnes aux prises avec une maladie causant la surdité, telles que la neuropathie, la maladie de Ménière, le cholestéatome, l’ossification, le neurinome, l’otospongiose, etc.

 

Faites part de vos expériences avec les divers appareils auditifs disponibles, allant de la  simple prothèse analogique au plus sophistiqué implant cochléaire.

 

   

 

Témoignages de personnes malentendantes, sourdes ou devenues sourdes
 

 

Témoignages de:

  1. Nidal Chakra
  2. Léon Bossé
  3. Yvon Mantha
  4. Julie-Élaine Roy
  5. Jean-Guy Thibaudeau
  6. Gisèle Riendeau
  7. Marie-Claude Heydemann

Nidal Chakra


 

  

 

 par : Mireille Faulkner

 


Monsieur Nidal Chakra, denturologiste, nous confie avec grande humilité que c'est la première fois qu'il donne une conférence en français, c'est possible qu'il fasse quelques erreurs�� Son français fut impeccable tout le long de la conférence.
Il est né au Liban, cela ne fait pas tr����s longtemps. Il rit. Sa famille était de classe moyenne, son père était comptable et sa mère était enseignante. Par tradition, dans la famille, l'éducation était très importante, on valorisait les diplômes universitaires. Très jeune, il avait donc un but : aller à l'université même s'il était malentendant. À cette époque, ni lui ni sa famille ne savaient qu'il était malentendant. Il disait souvent : �� Quoi ? ��, se déplaçait pour regarder les gens, utilisait son intuition pour comprendre. Nidal croyait que tous faisaient pareil, il entendait mais ne comprenait pas exactement. Il ignorait son état et la mesure exacte de sa gravité.
À l'école primaire, son père l'aidait beaucoup dans ses études et ses devoirs, mais ni lui ni son père ne savaient son état. Puis rendu à 8 ans, il constata que ce n'était pas normal, il avait la phobie des dictées. Sa première constatation arriva quand un professeur parla avec un livre devant sa figure, il ne comprit rien et remit une feuille blanche. Il y eut une grosse réaction. Son professeur le prit pour un paresseux et lui infligea un châtiment corporel. Ce fut une journée catastrophique qu'il garda dans sa mémoire très longtemps. C'est là que sa famille décida de lui faire voir un médecin de famille. Au secondaire, cela allait mieux qu'au primaire. Il avait développé son intuition, sa concentration, il appliquait les stratégies de communication. Il n'a pas le rappel de beaucoup de problèmes de cette époque. Toutefois, dans la vie sociale, avec les amis, là il y avait beaucoup de problèmes. Au Liban, l'électricité manquait souvent et, pendant les pannes, il se retirait car il n'entendait rien, ne comprenait rien. Sous prétexte d'être fatigué, il allait se coucher. Avec les adolescents, il y avait plusieurs chuchotements, il ne comprenait pas. On ne voyait pas son degré de surdité. Lui voulait réussir à avoir des bonnes notes pour aller à l'université. Aussi sa surdité l'empêchait de rêver de médecine, car le stéthoscope… Il s'orienta vers la médecine dentaire, cela convenait mieux à sa surdité.
Nidal avait une très bonne dextérité manuelle, c'est lui qui réparait les bijoux de sa mère et de ses sœurs. Aussi la médecine dentaire lui plaisait, elle lui convenait. À la fin de ses études secondaires, c'était le début de la guerre civile au Liban, donc impossible d'aller suivre des cours. Comme il y avait beaucoup d'échanges internationaux avec la Russie, il accepta d'y aller en 1977. C'est à ce moment qu'il apprit le russe, il fit faire là-bas son premier audiogramme.
En Russie, il passa la majorité de son temps dans les dictionnaires. Il dormait peu, il y fit ses 6 années de médecine dentaire puis, après ses études, il retourna au Liban où il se maria. Ensuite il repartit avec sa femme au Canada. Il se dirigea vers Toronto. Il y apprit une autre langue, l'anglais, qui est moins difficile à apprendre que le russe. Cependant, il lui fallait encore s'adapter à une nouvelle langue, une nouvelle culture. À Toronto, il entreprit de faire sa formation spécialisée en prothèses dentaires. C'était pas facile la vie. Dans les études, les gens portaient souvent des masques. Ce n'est pas toujours facile d'avoir à dire qu'on est malentendant.
Son mariage tombe après 3 ans. Ils n'ont pas d'enfant. Nidal avoue que sa surdité a joué un grand rôle, la communication était difficile. Il accumulait les gaffes. La vie de couple était difficile. Ils se sont séparés. Il vit en solo ! Après Toronto, il visite Montréal et il a un coup de foudre. Il déménage à Montréal, il trouve cette ville vivante, remplie de monde. Il rapporte s'être fait plus d'ami(e)s ici en 6 semaines qu’en 6 ans à Toronto. Il commence donc à apprendre une autre langue, le français. Il trouve la langue belle, riche, musicale. Il aime notre style de vie. En 1993, la guerre civile est finie au Liban. Il va voir sa famille. Il consulte des amis. On a besoin de lui là-bas comme professeur à la faculté dentaire. Il décide de rester, c'est le rêve de sa vie, rêve qu'il croyait irréalisable. Comme professeur, il s'occupe des travaux pratiques, soit un client à la fois, mais dans les démonstrations, il y avait 10-15 étudiants et des questions embarrassantes. Après 4 ans, il trouve cela trop difficile et décide d'arrêter. 
Il a réalisé son rêve, il est content. C'est le retour à Montréal en 1997. Au Liban sa surdité avait augmenté. Les audiogrammes sont souvent pires avec le temps. Au printemps 2000, il commence un acouphène permanent. C'est un sifflement très fort, jour et nuit. Sa surdité est sévère, au bord de profond. Dans sa quarantième année, il a arrêté de travailler, il a réfléchi au fait de comment supporter cet obstacle dans la vie professionnelle. Comme solution, il a trouvé de profiter de son autonomie et de préserver l'autonomie des gens. Il est dans un bureau pour prothèses dentaires avec ATS, avec signes, avec lecture labiale. Ainsi il peut rejoindre aisément plusieurs personnes. Dans sa vie sociale, il a perdu beaucoup d'amis potentiels, les gens s'éloignaient à cause des problèmes de communication. Il est heureux d'avoir trouvé à Montréal une association pour les personnes sourdes et malentendantes. Maintenant il dit avoir une nouvelle appartenance ainsi qu'une appartenance à  Montréal.
Merci beaucoup Nidal de ton témoignage. Bien des gens sont surpris de ton cheminement. Avoir réussi à apprendre tellement de langues avec succès. Félicitations pour ton beau travail. Merci d'aimer  Montal et ses gens.

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Léon Bossé

Au-delà du mystère et de l'invisible

À quoi sert cette Association des devenus sourds du Québec ? Voilà la question que m'avait posée un ami lorsqu'il avait appris mon adhésion à l'A.D.S.Q. En jouant avec les initiales D-S. (D - devenu, S - sourd), il blaguait en disant l'Association des déesses ! Il est bon de se rappeler qu'en ce lointain mai 1983, l'Association n'était pas encore malentendante, mais simplement devenue sourde.
À quoi donc m'a servi cette association des D.S. ?
Faut dire qu'à l'époque, je savais peu de choses des richesses, de l'entraide mutuelle, des services dont les devenus sourds peuvent profiter, dont ils ont besoin, auxquels ils ont droit. J'étais pourtant devenu totalement sourd en novembre 1959, ce qui représentait plus de 23 ans de devenue surdité à ce moment. Bien sûr, j'avais rencontré des spécialistes de l'audition : ORL, audiologistes, orthophonistes, thérapeutes, chercheurs. Mais finalement, c'est un peu... beaucoup seul que j'ai dû m'adapter à cette réalité invisible, mais combien imprévisible dans ses manifestations quotidiennes, résultant des nécessités de communication avec des personnes pour qui la déficience auditive frôle les sommets de l'incompréhensible.
Lors d'une visite au Salon de la science et de la technologie de Montréal, en mai 1983, j'étais encore à la recherche du truc, machin, miracle qui pourrait compenser les incapacités inhérentes à ma devenue-surdité. Je revois l'ordinateur qui transformait instantanément quelques mots parlés en mots écrits, le visiophone de Bell (téléphone-téléviseur). Et je rêvais devant ces débuts de solutions.
Bientôt 20 ans de cela et, concrètement, il faudra patienter encore longtemps avant que ces réalisations puissent révolutionner la communication entendant-malentendant, devenu sourd.
Tout en circulant au milieu de ces robots et autres inventions style science-fiction, mon attention et ma curiosité sont attirées par un groupe de personnes sourdes utilisant le langage gestuel. Voyons voir ! C'est le kiosque de la surdité. Démonstrations et informations sur différents appareils de suppléance à l'audition : téléscripteur, décodeur de sous-titres pour la télévision, système d'avertisseurs lumineux, réveil lumineux et vibrant, etc. Étalage beaucoup plus modeste et plus humble que tout ce que j'avais vu jusque-là au salon, mais combien plus pratique et accessible dans l'immédiat. Et puis, grâce aux documents et dépliants pigés un peu à l'aveuglette, j'apprendrai l'existence de l'A.D.S.Q., fondée onze mois plus tôt.
Ce n'est pas précisément ce que j'espérais trouver, mais je dois reconnaître que mon humble cueillette allait changer, bouleverser, transformer le cours de ma vie.
Je constate aujourd'hui que ma petite découverte de l'A.D.S.Q. en mai 1983, Association des devenus sourds du Québec, devenue en juillet 1990 Association des devenus sourds et des malentendants du Québec, aura été pour moi, et pour nombre de personnes devenues sourdes ou malentendantes, un grand courant d'air frais, un rayon d'espoir, un arc-en-ciel.
Avec vous, j'ai appris à vivre avec ma déficience. J'ai appris à mieux maîtriser les obstacles bien réels de ce handicap invisible. J'ai vu se bâtir, se développer, des collaborations qui ont rapproché le monde des déficients auditifs du monde des entendants.
Je crois sincèrement qu'à l'occasion de notre vingtième anniversaire de fondation, il est bon de nous recueillir un moment, de nous interroger individuellement et collectivement. A quoi m'a servi l'A.D.S.M.Q.? A quoi nous sert-elle ? Autant de personnes, autant de réponses. Mais dans leur diversité, ces réponses portent des points communs. Votre présence nombreuse, enthousiaste et épanouie est l'un de ces points communs: il fait bon de nous retrouver unis par et à cause de notre déficience. 
À divers degrés sans doute, mais chez toutes et chez tous, l'isolement, la solitude ont reculé, l'autonomie s'est affermie, l'intégration a progressé. Notre déficience est devenue moins lourde à porter parce que nous nous sommes mis à plusieurs pour la porter. Nos petites ou grandes réussites, dans la maîtrise des moyens de communication adaptés à notre situation personnelle, sont devenues plus lumineuses parce que nous les avons vécues ensemble.
Ce soir, c'est ensemble que nous franchissons joyeusement le cap des vingt ans de l'Association. C'est encore ensemble que nous nous engageons courageusement à repousser toujours plus loin les limites du mystère et de l'invisible de notre déficience. C'est ensemble que nous allons apporter, à chacune des milliers de personnes devenues sourdes ou malentendantes qui se demandent encore à quoi sert l'A.D.S.M.Q., une réponse chaleureuse, enthousiaste et pleine d'espoir.
Cette réponse, vous la connaissez tous personnellement : c'est la différence dans votre vécu de la déficience auditive, entre votre avant A.D.S.M.Q. et votre après A.D.S.M.Q.
Toute la richesse de l'Association est là, dans le chemin personnel de chacune et de chacun.
Le mystère de l'invisible enfin dévoilé !
Discours de M. Bossé lors du gala du vingtième anniversaire de l'A.D.S.M.Q., 13 avril 2002.
Source: Voir Dire, mai-juin 2002

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Yvon Mantha


  

 

 par : Mireille Faulkner

M. Mantha, jeune, est identifié comme personne vraie sourde. Puis, il a grandi un peu comme un faux sourd, il se considère un peu aussi comme un malentendant. Les sourds gestuels ne s'identifiaient pas avec lui à cette époque.
A 17 ans, il a commencé à s'impliquer en déficience auditive. En 2004, 37 ans plus tard, il déclare que la déficience auditive n'est pas un handicap ; un handicap c'est vraiment quand les personnes ne sont pas capables de rien faire, elles ne peuvent pas travailler, elles doivent rester au lit. Or, avec sa déficience auditive, il est capable de rester intégré dans la société, il est capable de vivre comme tout le monde, d'utiliser des services comme l'ATS. Assurément, pour lui, on n'est pas handicapé, cela est vraiment un très gros mot pour lui.
Yvon est devenu sourd à l'âge de 8 ans, à cause d’une méningite. Deux semaines dans le coma, sa vie a changé. Il entendait la rivière, le cri des oiseaux puis… plus rien. C'est difficile à accepter. Avec les années, il a appris à l'accepter. Il nous faut l'accepter. Il y a eu deux personnes importantes dans sa vie qui l'ont influencé. Elles sont décédées ; elles lui ont permis d'être ici jusqu'à aujourd'hui. Monsieur Raymond Dewar a grandi avec lui, un grand leader ; il fonçait, passait par-dessus tous les obstacles. On a nommé l'Institut à sa mémoire. Maintenant Yvon Mantha fonce, passe par-dessus les obstacles en souvenir de lui.
Une autre personne : monsieur Jean-Guy Beaulieu décédé lui aussi. Il a travaillé avec Yvon au CQDA. Il l'a remplacé �� la retraite et celui-ci lui a tout montré sur la déficience auditive. Ces deux personnes absentes lui manquent beaucoup dans sa vie.
Dans son enfance, il a grandi à l'Institut des sourds de Montréal. Il a trouv�� difficile l'intégration, l'adaptation avec les personnes sourdes. Les niveaux d'apprentissage étaient différents des autres. Lui était toujours vite, plus avancé. En éducation, les frères étaient vraiment oralistes, on utilisait la lecture labiale et très peu de signes. Les frères voulaient que la parole soit gardée.
Jusqu'en 1969, on lui offre des métiers traditionnels : imprimerie, ménage, travaux de base. Yvon n'était pas intéressé par cela, il voulait d'autres défis. Il rapporte avoir dit aux frères qu'il n'était pas intéressé par ces métiers ; il voulait aller au CÉGEP, on lui aurait répondu : «C'est impossible, tu seras jamais capable. »
A cette époque, il n'y avait pas le service d'interprètes. Pendant deux ans, avec l'aide des élèves entendants et de l'enseignant, Yvon se débrouillait par lui-même et a réussi à finir premier de classe. Il y a trois autres sourds qui ont réussi à se rendre à l'université, sans interprète. Ils ont réussi leur BAC soit Serge Larose, Raymond Dewar et Robert Forgues.
Yvon lui s’est arrêté au niveau CÉGEP. Avant il travaillait comme graphiste et faisait le montage. Après 1969, Yvon a travaillé à l'imprimerie, son chef d’équipe était monsieur Yves Dion.
Dans les années 80, il s'implique dans différentes associations ; il a plein de beaux souvenirs. Les malentendants ont besoin de s'identifier, d'avoir une vraie vie.
M. Mantha nous parle de sa famille. Il est entouré d'une famille d'entendants. Sa femme et sa fille connaissent la LSQ.
En 1983, il fonde «Voir dire» pour les personnes sourdes avec monsieur Arthur Leblanc. On fait le point. La population vieillit et, si on regarde à l'intérieur des associations, on s'inquiète. Qui sera la relève de demain ? Cette question nous appartient tous. Il est là depuis 20 ans.
En 1993, il remplace monsieur Jean-Guy Beaulieu comme directeur général. Il visite plusieurs associations. Il s'interroge sur le devenir des régions éloignées.
Merci à vous, Yvon Mantha, qui avez su être un pionner pour toutes les personnes sourdes et malentendantes.
Bravo ! Amour à vous !
Sourdine # 150 janvier/février 2005
 

 

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Julie-Élaine Roy

Julie-Élaine Roy



Gilbert Poitras  par Gilbert Poitras
Par une journée chaude et ensoleillée, quelque 30 personnes se sont retrouvées le 2 octobre dernier pour partager le premier brunch de l'année de l'ADSMQ. Après s'être régalés des bons plats apportés par tous et chacun, les membres et invités présents ont pu écouter attentivement le témoignage de madame Julie Elaine Roy.
Conseillère pédagogique au cégep du Vieux-Montréal auprès des élèves sourds et malentendants, madame Roy est née en 1948. Ce n'est qu'à l'âge de 4 ans que l'on découvre sa surdité. Jusque-là on avait bien noté certains problèmes de développement du langage, mais, comme le fait remarquer avec humour la principale intéressée, sa mère disait qu'elle avait la tête dure. Cette surdité serait due à des complications survenues à la naissance.
Militaire durant 23 ans, son père est muté pendant quelques années à la base de Valcartier. C'est là que Julie Elaine fait sa maternelle et sa première année. Par la suite elle se retrouve à Montréal à l'Institution des Sourdes-Muettes pendant 9 ans, où l'enseignement se fait essentiellement en mode oral. Elle suit également des cours de diction avec madame Lucie De Vienne pour pouvoir être mieux comprise de son entourage.
Pour les parents de Julie Elaine et de sa jeune sœur, qui n'est pas sourde, l'éducation est très importante. Ils l'encouragent dans ses études et, après qu'elle a quitté l'Institution des Sourdes-Muettes, ils lui paient des cours privés. C'est ainsi qu'elle fait son cours scientifique, tout en lisant beaucoup. Ce n'est qu'à l'âge de 18 ans que Julie Elaine dit avoir commencé à parler un français convenable, qui respecte les structures propres à la langue française. Femme au foyer, la mère de Julie Elaine retourne un jour aux études en vue de devenir traductrice. Abonnée au quotidien The Gazette, elle prend connaissance d'une annonce de l'université Gallaudet à Washington. Poussée par sa mère à poursuivre ses études, Julie Elaine s'y rend avec son père en janvier 1968 pour une visite des lieux et y prendre plus d'informations. De retour à Montréal, elle continue son apprentissage de l'anglais, commencé quelques mois plus tôt, en suivant des cours privés et en fréquentant le centre Mackay. C'est là également qu'elle commence à socialiser davantage.
Ayant réussi le test d'admission, Julie Elaine s'inscrit à l'université Gallaudet. Elle y passe quatre années à se familiariser avec la langue des signes et y décroche un bac en histoire. Comme elle décide de se diriger vers l'enseignement, elle passe une année de plus aux États-Unis pour obtenir une maîtrise en enseignement aux élèves sourds. Ces années sont pour elle une occasion d'épanouissement. Sa mère qui, un jour, la voit arriver resplendissante à l'aéroport pour la fête de Noël se dit qu'elle n'a plus à s'inquiéter pour sa fille, que celle-ci est maintenant correcte et autonome.
Commence ensuite pour Julie Elaine une carrière professionnelle digne de mention. En septembre 1974, elle est engagée comme enseignante au secteur sourd de l'école secondaire Lucien-Pagé à Montréal. Elle y passe 18 ans à enseigner la géographie, l'histoire générale et l'histoire et la culture sourdes. Dans ses temps libres, elle s'engage comme bénévole auprès de divers organismes, comme l'AQEPA, la CSSQ et le CQDA. En 1979 elle devient aussi professeur de LSQ auprès des adultes entendants en remplacement de l'abbé Paul Lebœuf.
En 1980 elle prend connaissance d'un dépliant de l'université Gallaudet sur l'enseignement de la langue des signes. A sa suggestion, l'école Lucien-Pagé et l'AQEPA font venir des conférenciers américains qui acceptent de faire part de leurs expériences de cet enseignement. Au printemps 1981, elle participe à la préparation du premier dictionnaire de langue des signes québécoise (LSQ) avec Paul Bourcier et Raymond Dewar. Ce dictionnaire est publié en décembre 1981. Deux livres sur l'enseignement de la langue des signes sont aussi publiés par eux en 1982. Après le décès prématuré de Raymond Dewar, un deuxième manuel sur le lexique de la LSQ préparé par elle et Paul Bourcier paraît en mai 1985. Cela fait maintenant 25 ans qu'on enseigne la LSQ au Québec.
En septembre 1992, Julie Elaine accepte un poste de conseillère pédagogique au cégep du Vieux-Montréal. Elle s'y trouve encore et envisage de prendre sa retraite dans un an et demi. Elle a en outre été professeur au certificat en interprétation gestuelle avec Paul Bourcier à l'UQAM.
Une décision qui l'a grandement touchée a été celle de l'école primaire Gadbois, en avril 2005, de donner son nom à la bibliothèque de l'école. Elle veut d'ailleurs, au moment de sa retraite, aller raconter des histoires aux enfants de l'école.
En conclusion, Julie Elaine se dit tout d'abord confiante en l'avenir pour la communauté des personnes sourdes, car il existe aujourd'hui, selon elle, une belle relève. Pour elle, l'accès aux études est primordial et le support des parents très important. Elle remercie ses parents qui ont su garder l'esprit ouvert, l'ont toujours soutenue et lui ont donné la chance de se faire instruire.
C'est une belle leçon de courage, de détermination et de bonne humeur que madame Julie Elaine Roy a donnée aux personnes présentes à cette conférence. Un grand merci de tous !
Sourdine 155 novembre/décembre 2005

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Jean-Guy Thibaudeau


  

 

 par : Mireille Faulkner

L'autre jour (il commence par cette petite histoire), en payant à la caissière de Pétro-Canada, il sort une poignée de son argent avec une petite batterie. Il répond que cela est pour son appareil auditif. La caissière lui réplique : « Ah bon! Tu es comme le petit lapin qui marche à batterie. » Jean-Guy lui répond : « Oui et le soir quand je me couche, j'enlève ma batterie, j'enlève ma prothèse… et je dors en paix ». La caissière lui rétorque aussitôt : « Bonsoir mon lapin! Dors bien! »
Jean-Guy est un retraité de l'enseignement. 30 ans au secondaire et 7 ans au primaire. Il enseignait les mathématiques, le dessin technique et la photographie. Il avait une passion, le théâtre. De plus, la danse folklorique l'emballait. Il est marié, père de quatre beaux enfants (3 gars et 1 fille). Ils en sont très fiers. En 1992, il prend sa retraite. Il rêve de beaux projets de voyage, mais un soir après avoir longuement travaillé, il entre chez lui avec un pied enflé. C'est le début des visites chez les médecins, des examens nombreux. Ses artères sont bloquées, on lui fait trois pontages en deux ans. On décide finalement de lui amputer la jambe.
Cela se passe très vite. De nombreuses questions fusent dans sa tête. Que va-t-il devenir ? Que sera demain ? Trois jours après son opération, il est déjà transféré en réadaptation. C'est là qu'il est appelé à côtoyer une gerbe de spécialistes : physiatre, physiothérapeute, infirmier, aumônier, ergothérapeute, travailleur social, psychologue, autres… Il lui faut s'apprivoiser à tout cela, organiser sa vie autrement, avoir un regard neuf…
Dans sa vie sociale, Jean-Guy est secrétaire provincial de l'AQIPA (Association québécoise des intervenants auprès des personnes avec amputation). Cela lui permet de se tenir à la fine pointe de l'information. De plus, il fait du bén����volat pour l'IRM (Institut de réadaptation de Montréal) pour aider à sensibiliser les nouveaux amputés qui arrivent. Il travaille à leur donner confiance. Si lui, il réussit à marcher, ils le peuvent aussi. En plus de tout cela, Jean-Guy s'est lancé dans l'écriture. Ainsi, au début de son handicap, il a été trois mois sans pleurer, l'émotion n'avait pas le droit de s'exprimer. Selon lui, il vivait comme un zombi, sans plus. Après le choc, il a été de nouveau capable de pleurer. L��, on lui a dit d'écrire son vécu. Il nous montre avec fierté un cartable qu'il s'est fabriqué. Il a des photographies. Tout ce matériel est précieux pour lui. L'ADSMQ fait paraître dans Sourdine quelques poèmes à l'occasion. Quel beau talent!
Une autre passion, la peinture. Il nous en apporte deux. Elles sont magnifiques, Jean-Guy continue à suivre des cours de peinture le mardi soir pour pouvoir encore s'améliorer. Tout cela lui fait passer des heures agr��ables. En plus de ses cours de théâtre, il suit des cours d'ordinateur. Il veut toucher à bien des domaines.  Sur sa passion qu’est le théâtre, Jean-Guy, avec des exemples nombreux, nous traduit comment on peut se valoriser à faire du théâtre. Il a vu des transformations profondes chez bien des individus. Malgré sa surdité, il a continué son travail en précisant les bonnes stratégies à utiliser pour une meilleure compréhension d'un vaste public.
Merci Jean-Guy pour tout ce beau témoignage. Il a su nous révéler son désarroi, mais aussi nous montrer son cheminement à travers toutes les difficultés rencontrées pour apprendre à mieux vivre avec son handicap. On a vu toute l'implication sociale de Jean-Guy et celui-ci demeure un leader pour guider les autres à mieux vivre pleinement et aussi s'adapter le mieux possible à un handicap nouveau. PSST!! Merci pour ton humour fantastique.  Ce fut très intéressant.
Sourdine # 144  janvier/février 2004

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Gisèle Riendeau

Gisèle Riendeau


  

 

 par : Mireille Faulkner

Gisèle est l'aînée d'une famille de 10 enfants, soit 8 filles et 2 garçons. Elle a été élevée à la campagne, ses parents avaient une ferme sur le bord du Richelieu. Puis ce fut l'école, jusqu'à la 6e année. Après cela, le pensionnat de 11 ans jusqu'à l'obtention de son diplôme de professeur. Gisèle exprime n'avoir pas eu de difficulté à faire ses études. À 16 ans, elle a commencé à enseigner dans une école de rang. À ce moment-là, on avait de la première à la septième année inclusivement. Gisèle était aussi en charge du poêle à bois. Il fallait l'allumer tous les matins. Pour l'alimenter, elle ne se trouvait pas trop habile. C'était beaucoup de travail, d'organisation, mais ça allait bien. Son travail dura là quelques années.
Après, Gisèle connut la chance d'aller enseigner au collège de la ville voisine. La première année d'enseignement, elle avait un salaire annuel de $600.00 !!! Quelle différence avec les salaires d'aujourd'hui… c'est vrai que bien des choses ont changé! C'est vers 35 ans que Gisèle a pris conscience qu'elle avait un problème d'audition. Une bonne amie se rendait compte qu'elle ne répondait pas toujours si on lui parlait de dos. Elle a consulté à l'hôpital Notre-Dame, passé un audiogramme. On lui a diagnostiqué une perte auditive moyenne bilatérale. La détérioration se faisant lentement. Étant enseignante, on lui suggère deux appareils auditifs. Gisèle nous rapporte qu'elle n'acceptait pas son problème, elle niait, car elle fonctionnait partout normalement en contournant les obstacles. Elle ne se privait d'aucune activité ni sortie, elle était en contrôle de la situation.
Très peu de gens le savaient, surtout son employeur. Pour une femme, c'est facile de camoufler les appareils. À 45 ans, notre Gisèle rencontre son Waterloo. Là elle avait un embout difficilement ajustable et un sifflement aigu en sortait. Un élève de 6e année pas vaillant, sans bonne note au bulletin, s'est plaint à sa mère qu'il ne pouvait pas bien penser, car le professeur avait des choses dans les oreilles qui faisaient du bruit. Il y eut une plainte. Ce fut la confrontation. On écrivit malentendante dans son dossier. Avant cela, elle avait toujours sauvé la face, là elle se sentait diminuée, sa confiance en elle diminuait également. Gisèle se retrouvait révoltée en se sentant dévalorisée et surtout en se disant : « Pourquoi moi ? » 
Là aussi, les employeurs ne l'ont pas aidée. Ils ont changé, selon elle, leur attitude envers elle. Ils lui demandaient des comptes rendus plus fréquents. Gisèle se sentait guettée, surveillée, même si on lui disait que tout allait bien. Cela a duré 3 ans, 3 ans et demi. Puis ils lui ont proposé de prendre une préretraite. Gisèle n'avait pas encore 35 ans de service. Elle voulait une pension complète. Elle ne voulait rien perdre, elle continuait jusqu'au bout, elle s'épuisait moralement, physiquement. Puis elle reconnaît avoir besoin d'aide et consulte un thérapeute psychosocial. L'approche est de l'écouter, on lui propose de faire des démarches, des comptes rendus. Elle prend connaissance de petits détails, fait des téléphones, écrit des lettres. Après 15 mois, son but est atteint, elle obtient une pleine pension, sans pénalité. Ses résultats sont au-delà de ses attentes. 
Et l'association « A.D.S.M.Q. » arrive. Elle rencontre Solange Ouellette sur la rue Papineau près de Fleury. Cela date d'il y a 18 ans. Là, elle connaît les services de l'Institut Raymond-Dewar. Elle suit des cours de lecture labiale après son école. C'est la course contre la montre. Elle n'est pas performante, elle recommence deux fois les cours de base. Puis c'est la pratique; à la retraite, elle s'inscrit aussi à des cours de stratégie de communication, là c'est plus facile. Puis Gisèle s'implique sur la Rive-Sud. Elle devient la bénévole attitrée du secrétariat. Ça devient presque un travail à temps plein. Mais Gisèle dose plus son travail, elle est plus sage. Elle sait que « trop c'est trop ». Il y a beaucoup d'activités sociales et culturelles sur la Rive-Sud.
Là avant, ça allait bien, ses appareils lui donnaient du rendement. Maintenant, c'est difficile, ça devient plus humiliant, elle doit demander de l'aide. Aussi est-elle en attente d'un implant cochléaire, elle devrait se faire opérer en 2004.Cela fait 18 ans qu'elle fait partie de l'Association, cela en fait des Sourdine qui lui ont tant donné de renseignements, témoignages, encouragements. C'est un outil précieux. Merci à ceux qui l'écrivent et continuent de le faire. À l'Association, je retrouve une nouvelle famille, des gens réconfortants que j'ai plaisir à côtoyer. Cela fait du bien de rencontrer des gens semblables à soi. Merci de m'avoir fait connaître cette seconde famille. Après un tel témoignage, on ne peut que te remercier à ton tour et te souhaiter bonne chance. Tu es un fameux porte-parole pour l'Association. Merci !
 Voir aussi : L'implant cochléaire

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Marie-Claude Heydemann


Comment j'expérimente la lecture labiale avec accent !

En prévision d'une visite privée d'une dizaine de jours chez des amis à Montréal, j'avais contacté, par Internet, avant mon départ, l'Association des devenus sourds et malentendants du Québec (ADSMQ). Cette association (http://www.adsmq.org), fondée en 1982, défend les droits des personnes malentendantes et vise à améliorer leur qualité de vie. Son président, Michel Nadeau, m'avait aimablement invitée à me joindre à une séance de pratique de la lecture labiale dans les locaux de l'association le mardi 29 mars de 11h à 13h.
Me voilà donc, le jour dit, à la recherche de l'association dans un grand bâtiment au style imposant, appelé Centre 7400. Il abritait autrefois une école pour les jeunes sourds, tenue par les Clercs de Saint-Viateur. Aujourd'hui, il est devenu à la fois un centre hôtelier et d'accueil de congrès, et un lieu de location pour des associations. L'ADSMQ loue un bureau et une grande salle polyvalente au sous-sol du bâtiment.
J'y suis chaleureusement accueillie par Solange Ouellette, vice-présidente de l'association et animatrice des séances de pratique de la lecture labiale. Après échange de quelques paroles de bienvenue et d'informations sur la séance à laquelle je vais assister, je prends place parmi les membres de l'association présents sur une des chaises disposées en cercle, et la séance commence.
Solange introduit la séance en annonçant au groupe d'une belle voix chantante: « Nous avons de la belle visite de France ! »  Et chacun se présente. Pour me montrer le type d'exercices qu'elle fait faire au groupe, elle me demande de redonner les prénoms que je viens d'entendre. Aie, je suis prise au dépourvu et je n'arrive à donner que les deux derniers ! Solange m'avait pourtant expliqué, avant la séance, l'importance qu'ils accordent au développement de l'attention chez les pratiquants de la lecture labiale. Solange parle des week-ends de pratique ouverts à tous. Elle distribue au groupe une plaquette éditée par l'ADSMQ appelée « Bottin des salles équipées d'un système d'aide à l'audition », qui doit permettre aux membres de l'association d'identifier les salles où ils pourront entendre correctement une pièce de théâtre, un film ou un concert. Enfin, Solange présente la requête de Magali Mercier, étudiante française, pour 4 mois à Montréal, en stage de DEA d'anthropologie à l'UQAM, qui étudie le vécu des malentendants et suit toutes les activités de l'ADSMQ : elle aimerait conduire des entretiens individuels avec des membres de l'association. Durant la première partie de la séance, les participants se répartissent en trois groupes de 5 à 7 personnes pour pratiquer la lecture et je reste avec Solange, les autres groupes étant chacun confié à une «capitaine», responsable du travail du groupe. En petit cercle, les pratiquants doivent échanger sur un thème donné, mais sans bruit : ils doivent parler sans émettre de son, articuler suffisamment pour que les autres puissent lire sur leurs lèvres, comprendre et répéter ce qui a été dit. Tous ont déjà pris des leçons de lecture labiale individuelles auprès d'orthophonistes. Je ne comprends évidemment rien à ce que disent les autres, mais les autres aussi ont du mal à me comprendre. On finit même par m'écrire sur un papier la question qui m'est posée au sujet d'une émission télé pour malentendants en France (dont j'ignore l'existence !). Ou alors, une participante soulève mes cheveux pour savoir si je suis appareillée ! Solange dit que la difficulté à me comprendre vient de... mon accent. Ça alors, je n'aurais jamais pensé que j'avais un accent en n'émettant pas de son et que la lecture labiale du français québécois doive diff��rer de celle du français parisien !
La petite pause-café qui suit est bienvenue pour pouvoir discuter plus normalement. Magali me dit son émerveillement devant les possibilités offertes aux malentendants au Québec, comparé à ce qu'elle a connu à Lyon lors de son stage de maîtrise sur le même sujet. Elle me parle, en particulier, de l'Institut Raymond-Dewar qui prend en charge les malentendants dans leur globalité (Centre métropolitain de réadaptation spécialisé et surspécialisé en surdité et en communication).
Puis Solange réunit le groupe complet (qui compte maintenant 19 personnes dont seulement 3 messieurs), pour la deuxième partie consistant en un exercice de développement de l'attention. Des participants sortent chacun leur tour et doivent modifier quelques détails de leur tenue. Manches relevées, bijou ayant changé de bras, chaussures ayant changé de pied, veste déboutonnée, ..., tout est bon pour modifier son apparence. ��videmment, l'heure passant, l'expérience supplée l'attention pour trouver plus vite les détails changés.
A 13 heures, les participants qui restent assemblent des tables au centre de la pièce pour un pique-nique pris en commun. Nous échangeons pendant le repas sur le coût des aides techniques. Je me rends compte que les Québécois ne sont guère mieux lotis que les Français et qu'ils trouvent aussi leurs appareils trop chers (de 750 à 2500 dollars, soit au cours actuel d'environ 450 à 1500 euros). Le repas est suivi d'une séance de pratique de danse en ligne sous la direction du chorégraphe, Pierre Marcouiller. Mais je vais discuter avec Solange dans le bureau. L'association organise le samedi soir qui vient une fête, « la magie du printemps » (avec repas à 18h, car on dîne tôt au Québec) et deux bénévoles membres du conseil d'administration, Louise Abel (secrétaire) et Céline Tremblay (trésorière), s'activent à sa préparation. Je suis invitée à m'y rendre, mais je ne pourrai pas du fait d'engagement antérieur de mes hôtes. C'est dommage, et, en plus, j'aurais bien aimé savoir ce qu'est la « trempette » annoncée dans le menu...
Solange m'explique que les séances du mardi font partie d'une session bi-annuelle de 10 rencontres, à raison d'une par semaine, et qu'aujourd'hui se déroulait la 4ème de la série se déroulant du début mars à la mi-mai (une autre session a lieu à l'automne de septembre à mi-novembre). Elle anime elle-même certaines séances, alors que d'autres le sont par des audiologistes ou des orthophonistes. Nous échangeons nos revues. Elle connaît très bien La Caravelle, dont j'ai apporté les 3 derniers numéros, et elle me donne des numéros de « Sourdine » qui paraît 6 fois par an. Elle me montre le casier marqué «Caravelle », censé contenir les numéros reçus : vide ! Notre revue a du succès et les membres de l'association oublient de la rapporter. Solange me montre comment elle se sert du téléphone du bureau (en le reliant au boîtier qu'elle porte à la ceinture pour son implant cochléaire) et du téléscripteur. Elle se débrouille si bien que je n'avais même pas pensé jusque-là qu'elle est elle-même malentendante!
Je rencontre dans son bureau Léon Bossé, président honoraire de l'association, actuellement trésorier du COPHAN, confédération des organismes des personnes handicapées du Québec, qui connaît bien l'ARDDS et voudrait s'abonner personnellement à la Caravelle. Ah, le problème du change euro-dollars ! Peut-être pourrait-on trouver un système de jumelages individuels permettant des envois personnels de la revue ? Mais les membres de l'ADSMQ ne paient pas d'abonnement à la revue, ils ne paient que leur cotisation annuelle (20 dollars canadiens), ce qui, d'après Solange, ne couvre même pas le coût de la revue, l'association étant heureusement subventionnée (par l'Office des personnes handicapées du Québec, le Ministère de la santé et des services sociaux et le Secrétariat à l'action communautaire autonome).
Je repars enchantée de ma visite avec l'impression d'une association très dynamique. Solange m'a d'ailleurs montré la liste des bénévoles qui font tourner l'association et qui permettent un accueil chaque après-midi, du mardi au vendredi dans les locaux de l'association, plus d'une cinquantaine !
Un exemple à suivre...
Sourdine 152 mai/juin 2005

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