Ce groupe de discussion vise à favoriser les échanges
entre les personnes aux prises avec une maladie causant la surdité,
telles que la neuropathie, la maladie de Ménière, le cholestéatome,
l’ossification, le neurinome, l’otospongiose, etc.
Faites part de vos expériences avec les divers
appareils auditifs disponibles, allant de lasimple prothèse analogique au plus sophistiqué implant
cochléaire.
France Lacombe, M.O.A. Audiologiste
Institut Raymond-Dewar
J'ai eu le plaisir de
rencontrer des membres de l'ADSMQ, dans les bureaux de Montréal, pour
présenter et discuter « implant cochléaire». M. Nadeau m'en avait fait la
demande dès l'automne dernier et c'est avec plaisir que nous avons passé un
bel après-midi à discuter de cette nouvelle technologie, à en démystifier
les capacités, à le manipuler et à échanger sur les récentes avancées
technologiques dans les domaines de l'amplification auditive et d'implant.
Ce présent texte résume le contenu de la présentation et des échanges. Comment communiquer avec une personne porteuse
d'implant cochléaire ? C'est sur cette question que démarrait la
présentation. Ce qu’il faut avoir en tête lorsqu'on parle d'implant
cochléaire c'est qu'il s'agit d'une prothèse, dont une partie est implantée
à l'intérieur de l'oreille interne, dans la cochlée, suite à une
intervention chirurgicale. De la même façon qu'il est impossible de prévoir
le mode de communication d'une personne malentendante porteuse d'une ou de
deux prothèses auditives, tous les types de communication sont possibles
avec l'implant cochléaire, comme avec les porteurs de prothèses auditives.
Les pièces extérieures de l'implant cochléaire sont
composées d'un microphone, d'une antenne (pièce ronde de la grosseur d'un 2
$ placé derrière l'oreille) et d'un boîtier, semblable aux anciens boîtiers
de prothèses auditives au corps. Depuis peu, il existe aussi des implants
cochléaires contour d'oreille qui ressemblent aux prothèses contour
d'oreille, exception faite d'une petite corde d'environ 4 pouces qui relie
la prothèse à l'antenne derrière l'oreille (pièce ronde), pièce le plus
souvent camouflée par les cheveux. Le principe de fonctionnement de
l'implant cochléaire n'est pas sorcier. Naturellement, pour toutes les
personnes, les sons qui arrivent à l'oreille interne sont transformés en
signaux électriques par la cochlée pour pouvoir être acheminés par le nerf
auditif jusqu'au cerveau. C'est à partir de ce principe que les premières
recherches en implant cochléaire ont été réalisées au début des années 1960.
Puisque chez les personnes sourdes et malentendantes, certaines cellules de
l'oreille interne ne fonctionnent plus et donc ne peuvent plus transmettre
leurs petites impulsions électriques au nerf auditif, les chercheurs de
l'époque ont imaginé un petit fil, nommé porte-électrodes, introduit dans la
cochlée pour émettre les petites impulsions électriques absentes. Ce signal
reproduit électriquement est par la suite capté par le nerf auditif et
transmis au cerveau.
Il y a tout un monde entre les premières
expérimentations des années 1960 en Australie et la technologie de 2003.
Plus de 600 000 personnes ont reçu un implant cochléaire depuis la mise en
marché du produit et les progrès technologiques sont tellement rapides que
des premiers implants permettront bientôt de combiner la technologie de la
prothèse auditive (amplification) et de l'implant cochléaire, dans un même
produit. Des recherches sont également effectuées avec des implants
totalement implantables, c'est-à-dire sans aucune pièce externe.
Au Québec, les chirurgies d'implants cochléaires sont
réalisées à un seul endroit, au Centre hospitalier universitaire de Québec,
Pavillon Hôtel-Dieu de Québec, avec l'équipe du Dr Ferron. La chirurgie
nécessite une moyenne d'hospitalisation de trois jours et la durée moyenne
de l'intervention est de trois heures. Trois à six semaines de convalescence
sont nécessaires avant de pouvoir passer à l'étape de la « programmation
», où l'implant cochléaire est ajusté à la sensation auditive de la
personne. De plus, au Québec, le programme présente la particularité
d'une période de réadaptation obligatoire de trois mois, toujours
réalisée à Québec, cette fois à l'Institut de réadaptation physique
de Québec (IRDPQ), pavillon Dominique-Tremblay.
Les porteurs d'implants peuvent communiquer selon
différentes modalités. Plusieurs critères et caractéristiques personnelles
influencent le mode de communication. Chez les personnes oralistes devenues
sourdes après l'acquisition de leur langue, le mode reste le plus souvent le
même. Toutefois, l'implant est une prothèse avec microphone et les mêmes
stratégies de communication doivent être utilisées avec ces personnes comme
avec tout porteur de prothèses auditives. Même s'il s'agit d'appareils
numériques sophistiqués, l'écoute est moins satisfaisante en milieu bruyant
que silencieux et certaines aides techniques sont recommandées, notamment au téléphone. De plus, les porteurs
d'implant sont appareillés d'un seul coté, ce qui ne permet pas de restaurer
une certaine stéréophonie et de bénéficier d'une écoute binaurale. Chez les
enfants sourds, il semble qu'un des facteurs les plus déterminants pour
l'acquisition d'une langue orale soit l'âge d'implantation, puisqu'il existe
une période critique dans la petite enfance pour « apprendre naturellement»(on dit acquérir) une langue orale. De plus, des facteurs anatomiques
ou de fonctionnement des voies auditives peuvent apporter un signal plus ou
moins satisfaisant. Une pathologie qui atteint également les nerfs auditifs
rendra inopérant ou partiellement opérant un implant cochléaire.