Info-Audio

 

L'implant cochléaire

 
 
Hélène Caron M.O.A
Audiologiste

 

Institut Raymond-Dewar

 

Implant cochléaire
  • L'implant cochléaire : une solution alternative

  • Démystifier l'implant cochléaire

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    SUIVI OFFERT AUX PORTEURS D'IMPLANT COCHLÉAIRE À L'INSTITUT RAYMOND-DEWAR

     

    À l’Institut Raymond-Dewar, les porteurs d’implant cochléaire ont accès à différents services : des services de réadaptation et des services à la Clinique de programmation de l’implant cochléaire.

     

    Services de réadaptation :

     

    De façon typique, une personne qui vient de recevoir un implant cochléaire a besoin d’un suivi en réadaptation. L’implant cochléaire apporte de nouvelles capacités auditives. Un entraînement à écouter, à entendre et à comprendre favorisera un développement optimal du potentiel auditif. Les résultats obtenus avec un implant cochléaire varient d’une personne à l’autre en raison de plusieurs facteurs mais le suivi de réadaptation post-implant permet d’en retirer le maximum de bénéfices. À l’Institut Raymond-Dewar, pour les personnes qui habitent Montréal et Laval, ces services de réadaptation sont donnés dans les programmes de réadaptation. Selon l’âge du client, ses capacités et ses besoins, différents services sont offerts: séances d’entraînement auditif de façon intensive durant les premiers mois, suivi pour le développement ou l’amélioration de la communication, support pour apprendre à utiliser au maximum le processeur vocal d’implant et les différents accessoires qui s’y rattachent, soutien pour favoriser une bonne adaptation à cette nouvelle réalité, sensibilisation de l’entourage. Au départ, ces services sont plus intensifs (RFI ou réadaptation fonctionnelle intensive), mais les interventions se poursuivent par la suite, en fonction des besoins. Si nécessaire, des interventions peuvent être effectuées dans le milieu de vie de la personne (domicile, école,…).

     

     

    Clinique de programmation de l’implant cochléaire :

     

    Après la période de programmation initiale intensive de deux semaines qui a lieu à Québec (CHUQ), des services de programmation et de dépannage sont offerts à la Clinique de programmation de l’implant cochléaire de l’IRD.

     

    Le suivi de programmation est effectué par un audiologiste. Les rencontres permettent de vérifier le bon fonctionnement de l’implant (partie interne), du processeur vocal et de ses accessoires. Lors d’une séance de programmation, des ajustements peuvent être apportés à la programmation. Il est normal de devoir procéder à des réajustements de la programmation au cours du suivi.  Un travail conjoint avec l’équipe de réadaptation permet de favoriser un rendement optimal de l’implant cochléaire et de raffiner la programmation au fil des rencontres. Le suivi permet également de mieux exploiter les différentes possibilités offertes par le processeur d’implant. Par exemple, lorsqu’on vient tout juste de recevoir l’implant, il est peut-être encore trop tôt pour envisager d’utiliser un programme conçu pour le téléphone mais, en fonction des progrès effectués, cette option pourra éventuellement être proposée. Le type de suivi et le nombre de rencontres varient mais, durant les premiers mois, des rencontres plus fréquentes sont souvent nécessaires. Par la suite, les clients sont revus en contrôle. Un contrôle annuel est minimalement recommandé.

     

    Un service de soutien technique est disponible à la Clinique.  Même si le porteur  prend grand soin de son processeur d’implant, il est inévitable qu’une panne survienne éventuellement. Lorsque cela arrive, nous offrons un service de dépannage afin de recevoir le client dans les plus brefs délais et la pièce défectueuse est alors remplacée. Les porteurs peuvent également faire l’achat d’accessoires et de piles à la Clinique de programmation.

     

    Qui peut recevoir des services à la Clinique de programmation?  Tous les porteurs d’implant cochléaire francophones de l’Ouest du Québec, qu’ils soient suivis ou non en réadaptation à l’Institut Raymond-Dewar. Les audiologistes de la Clinique travaillent en collaboration avec les équipes des différents centres de réadaptation.

     Martine Chapdelaine

    Martine Chapdelaine, M.O.A.
    Audiologiste

    22 mars 2011

     

     


     

     

     
     
    Démystifier l'implant cochléaire

    France Lacombe, M.O.A. Audiologiste
    Institut Raymond-Dewar

    J'ai eu le plaisir de rencontrer des membres de l'ADSMQ, dans les bureaux de Montréal, pour présenter et discuter « implant cochléaire». M. Nadeau m'en avait fait la demande dès l'automne dernier et c'est avec plaisir que nous avons passé un bel après-midi à discuter de cette nouvelle technologie, à en démystifier les capacités, à le manipuler et à échanger sur les récentes avancées technologiques dans les domaines de l'amplification auditive et d'implant. Ce présent texte résume le contenu de la présentation et des échanges. 

    Comment communiquer avec une personne porteuse d'implant cochléaire ? C'est sur cette question que démarrait la présentation. Ce qu’il faut avoir en tête lorsqu'on parle d'implant cochléaire c'est qu'il s'agit d'une prothèse, dont une partie est implantée à l'intérieur de l'oreille interne, dans la cochlée, suite à une intervention chirurgicale. De la même façon qu'il est impossible de prévoir le mode de communication d'une personne malentendante porteuse d'une ou de deux prothèses auditives, tous les types de communication sont possibles avec l'implant cochléaire, comme avec les porteurs de prothèses auditives. 

    Les pièces extérieures de l'implant cochléaire sont composées d'un microphone, d'une antenne (pièce ronde de la grosseur d'un 2 $ placé derrière l'oreille) et d'un boîtier, semblable aux anciens boîtiers de prothèses auditives au corps. Depuis peu, il existe aussi des implants cochléaires contour d'oreille qui ressemblent aux prothèses contour d'oreille, exception faite d'une petite corde d'environ 4 pouces qui relie la prothèse à l'antenne derrière l'oreille (pièce ronde), pièce le plus souvent camouflée par les cheveux. Le principe de fonctionnement de l'implant cochléaire n'est pas sorcier. Naturellement, pour toutes les personnes, les sons qui arrivent à l'oreille interne sont transformés en signaux électriques par la cochlée pour pouvoir être acheminés par le nerf auditif jusqu'au cerveau. C'est à partir de ce principe que les premières recherches en implant cochléaire ont été réalisées au début des années 1960. Puisque chez les personnes sourdes et malentendantes, certaines cellules de l'oreille interne ne fonctionnent plus et donc ne peuvent plus transmettre leurs petites impulsions électriques au nerf auditif, les chercheurs de l'époque ont imaginé un petit fil, nommé porte-électrodes, introduit dans la cochlée pour émettre les petites impulsions électriques absentes. Ce signal reproduit électriquement est par la suite capté par le nerf auditif et transmis au cerveau. 


    Il y a tout un monde entre les premières expérimentations des années 1960 en Australie et la technologie de 2003. Plus de 600 000 personnes ont reçu un implant cochléaire depuis la mise en marché du produit et les progrès technologiques sont tellement rapides que des premiers implants permettront bientôt de combiner la technologie de la prothèse auditive (amplification) et de l'implant cochléaire, dans un même produit. Des recherches sont également effectuées avec des implants totalement implantables, c'est-à-dire sans aucune pièce externe.


    Au Québec, les chirurgies d'implants cochléaires sont réalisées à un seul endroit, au Centre hospitalier universitaire de Québec, Pavillon Hôtel-Dieu de Québec, avec l'équipe du Dr Ferron. La chirurgie nécessite une moyenne d'hospitalisation de trois jours et la durée moyenne de l'intervention est de trois heures. Trois à six semaines de convalescence sont nécessaires avant de pouvoir passer à l'étape de la « programmation », où l'implant cochléaire est ajusté à la sensation auditive de la personne. De plus, au Québec, le programme présente la particularité d'une période de réadaptation obligatoire de trois mois, toujours réalisée à Québec, cette fois à l'Institut de réadaptation physique de Québec (IRDPQ), pavillon Dominique-Tremblay. 

    Les porteurs d'implants peuvent communiquer selon différentes modalités. Plusieurs critères et caractéristiques personnelles influencent le mode de communication. Chez les personnes oralistes devenues sourdes après l'acquisition de leur langue, le mode reste le plus souvent le même. Toutefois, l'implant est une prothèse avec microphone et les mêmes stratégies de communication doivent être utilisées avec ces personnes comme avec tout porteur de prothèses auditives. Même s'il s'agit d'appareils numériques sophistiqués, l'écoute est moins satisfaisante en milieu bruyant que silencieux et certaines aides techniques  sont recommandées, notamment au téléphone. De plus, les porteurs d'implant sont appareillés d'un seul coté, ce qui ne permet pas de restaurer une certaine stéréophonie et de bénéficier d'une écoute binaurale. Chez les enfants sourds, il semble qu'un des facteurs les plus déterminants pour l'acquisition d'une langue orale soit l'âge d'implantation, puisqu'il existe une période critique dans la petite enfance pour « apprendre naturellement» 
    (on dit acquérir) une langue orale. De plus, des facteurs anatomiques ou de fonctionnement des voies auditives peuvent apporter un signal plus ou moins satisfaisant. Une pathologie qui atteint également les nerfs auditifs rendra inopérant ou partiellement opérant un implant cochléaire.