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Sourdine mars 2010 

Sourdine mars 2010

   

 

Forum de discussion

 

Description


Ce groupe de discussion vise à favoriser les échanges entre les personnes aux prises avec une maladie causant la surdité, telles que la neuropathie, la maladie de Ménière, le cholestéatome, l’ossification, le neurinome, l’otospongiose, etc.

 

Faites part de vos expériences avec les divers appareils auditifs disponibles, allant de la  simple prothèse analogique au plus sophistiqué implant cochléaire.

 

   

 

Divers sujets

 
Hélène Caron M.O.A
Audiologiste

 

 

 

Institut Raymond-Dewar

 


   
 
 

Divers sujets

  1. La surdicécité
  2. Les professionnels de la déficience auditive
  3. Ah, ces impôts !
  4. La surdité professionnelle et la CSST

 

 


La surdicécité

Double déficience sensorielle, double défi !
Par : Rachel Dion, M.O.A., Aud(C), Audiologiste
Institut Raymond-Dewar
Programme Adultes
La chronique d'aujourd'hui vous entretiendra d'une problématique particulière, la surdicécité. Comment vivre quand nos yeux et nos oreilles sont affectés et fonctionnent moins bien? Pourtant, plus de 400 personnes inscrites au programme surdicécité de l'Institut Raymond-Dewar y arrivent. Elles sont atteintes d'une déficience auditive et d'une déficience visuelle, les deux pouvant être de degré léger à total.
Une infime proportion est complètement sourde et aveugle. La majorité des personnes atteintes ont des restes auditifs et visuels et communiquent oralement.
Comme vous le savez, la vue et l'ouïe sont les deux principaux sens permettant d'apprendre, de s'informer et de communiquer. Ces sens permettent également de percevoir la distance et la provenance des sons, ce qui est essentiel dans notre vie quotidienne. Pensons à la façon dont nous utilisons notre vision et notre audition pour situer une personne qui nous adresse la parole.
La double déficience sensorielle entraîne des difficultés au plan de la communication, des activités de la vie quotidienne et des déplacements. Les personnes ayant cette double déficience doivent pouvoir utiliser le mieux possible l'information auditive disponible puisque celle-ci leur permet non seulement de compenser la perte visuelle, mais aussi de répondre à deux besoins auditifs fort différents. D'une part, l'audibilité de la parole doit être maximisée puisque la plupart des personnes sourdes-aveugles ne peuvent avoir recours aux indices visuels qui aident à la compréhension de la parole et du monde environnant. Ainsi, l'accès à l'expression du visage et à la lecture labiale est très difficile voire impossible pour plusieurs de ces personnes. Contrairement aux personnes sourdes ou malentendantes, l'apprentissage de la lecture labiale comme moyen compensatoire est rarement prescrit.
D'autre part, l'audibilité des bruits de la rue doit être assurée afin de permettre à la personne atteinte de surdicécité de percevoir la distance et la localisation de la source sonore. Ce n'est qu'à cette condition qu'une personne présentant une déficience visuelle importante s'aligne par rapport aux voitures sur la rue et aux signaux de croisement lorsqu'il y en a, décide du moment de traverser aux intersections et peut effectuer une traversée de rue sécuritaire.
Les personnes sourdes-aveugles présentant une déficience visuelle progressive ont des besoins particuliers. Pensons notamment aux personnes atteintes du syndrome d'Usher. Ce dernier se caractérise par une déficience auditive bilatérale et une déficience visuelle progressive se manifestant doucement à l'adolescence pour se poursuivre graduellement avec l'âge. Jeunes, ces personnes utilisent leur appareillage auditif et leur vision est plus fonctionnelle. Leurs déplacements ne sont affectés que lorsque l'éclairage est réduit. Progressivement, elles doivent recourir davantage à l'information sonore tant pour communiquer que pour situer les voitures et les différents bruits du trafic ou autres signaux de danger dans leurs déplacements. Le jour où la vision n'est plus fonctionnelle (champ de vision ou acuité visuelle très réduits), les déplacements s'avèrent compromis, à moins que l'information auditive soit suffisante pour compenser.
À cette fin, le travail de collaboration entre audiologiste et spécialiste en orientation et mobilité s'avère très important. L'appareillage auditif doit alors être considéré autant du point de vue des besoins de communication que des déplacements. Il s'avère parfois nécessaire de recourir à l'utilisation d'appareils auditifs programmables avec, entre autres caractéristiques, les multi-mémoires. Ainsi, une mémoire (ou programme) peut être consacrée à améliorer l'audibilité de la parole et une deuxième mémoire d'ajustements peut favoriser l'amplification des bruits du trafic, principalement les sons graves et moyens. Toutes les personnes sourdes-aveugles n'ont pas besoin d'un appareillage aussi sophistiqué. Cela dépend de la nature et du degré de la perte auditive, du résidu visuel et des habitudes de vie de la personne. Le travail concerté entre audiologiste et sp���cialiste en orientation et mobilité s'avère donc primordial pour une analyse des besoins et des interventions requises dans les deux domaines.
En somme, vivre avec une surdicécité, c'est un défi immense, mais pas insurmontable. N'hésitez pas à consulter les professionnels du programme Surdicécité de l'Institut Raymond-Dewar si vous vous sentez concernés par cette problématique ou si vous connaissez quelqu'un qui pourrait en bénéficier.

 

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Les professionnels de la déficience auditive

par Hélène Caron M.O.A. audiologiste
Quelques membres de l'A.D.S.M.Q. m'ont demandé d'expliquer le rôle de l'O.R.L., de l'audiologiste et de l'audioprothésiste. En un mot, de vous informer «Qui fait quoi !». Les explications suivantes sont tirées du dépliant élaboré par la Corporation professionnelle des orthophonistes et audiologistes du Québec et intitulé «Il était une fois un audiologiste dans le réseau de la santé».
L'audiologiste est un professionnel de la santé qui a la formation et l'expertise pour évaluer votre audition quel que soit votre âge.
  • Il peut vous recommander des aides auditives (prothèses auditives ou des aides de suppl����ance) lorsque nécessaire, évaluer l'amélioration de l'audition qu'elles procurent et vous guider dans l'utilisation de ces nouveaux appareils.
  • Il est à même de vous enseigner ainsi qu'à votre entourage les attitudes à adopter pour faciliter et améliorer la communication.
  • Il est en mesure de vous aider à évaluer les difficultés reliées aux acouphènes (sifflements et bourdonnements d'oreilles).
  • Il peut vous aider dans vos demandes d'indemnisation si vous êtes atteint de surdité professionnelle.
  • Il peut aussi vous apprendre à utiliser vos capacités auditives au maximum.
  • Il peut vous permettre de comprendre vos difficultés auditives ou celles de vos proches.
  • Il peut vous aider à apprendre à vivre avec votre problème d'audition ou vos acouphènes et vous redonner confiance.
  • Il peut vous permettre de bien fonctionner avec vos aides auditives dans les activités quotidiennes et faciliter votre intégration scolaire, sociale et professionnelle.
Un travail d'équipe
L'audiologiste a une formation universitaire et doit être membre en règle de la Corporation professionnelle des orthophonistes et audiologistes du Québec (CPOAQ), dont le mandat principal est de protéger le public. Selon la loi, l'audiologiste ne peut tirer profit de la vente d'aides auditives.
L'audiologiste travaille en collaboration avec l'oto-rhino-laryngologiste (O.R.L.), qui est un médecin spécialiste des oreilles, du nez et de la gorge. Il est le professionnel des maladies de l'oreille et son rôle consiste à poser un diagnostic et à s'occuper du traitement médical et chirurgical lorsque possible. Par ailleurs, lorsqu'on veut obtenir une aide auditive par le biais de la RAMQ, on doit avoir obtenu un certificat de l'O.R.L. attestant que la surdité est permanente et qu'il n'y a pas de contre indication médicale à l'utilisation de l'aide.
L'audiologiste collabore également avec l'audioprothésiste qui a une formation collégiale et dont le rôle consiste à vendre, ajuster et réparer les aides auditives. Selon la loi, ce dernier ne doit poser ces actes qu'avec un certificat d'audiologiste ou d'O.R.L.
Pour notre part, nous suggérons fortement de consulter votre audiologiste avant de vous procurer une nouvelle prothèse; il pourra vous aider à identifier vos besoins et vous guider dans le choix d'une prothèse. De plus, il est encore plus important de le consulter durant le premier mois d'utilisation; ainsi il vous aidera à prendre une décision éclairée. Il vous arrive peut-être de percevoir un discours différent entre l'audiologiste et l'audioprothésiste; cependant sachez qu'il est toujours profitable d'obtenir une collaboration et une concertation entre les deux professionnels. Et ce, dans le but d'assurer votre mieux-être.
 
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Ah, ces impôts!

Ma collègue Liliane Girard, audiologiste, vous explique dans le présent article les conditions d'admissibilité au crédit d'impôt. Chers lecteurs, je profite de l’occasion pour vous souhaiter une très bonne fin de millénaire et… à l'An 2000.
Il importe de rappeler à toutes les personnes sourdes et malentendantes qu’à ce moment-ci de l'année, il est possible pour certains d'entre vous de demander des crédits d'impôt aux deux paliers de gouvernement lors de la présentation de vos déclarations de revenus. Pour ce faire, vous devez joindre à vos déclarations les formulaires préparés à cette fin, dûment complétés par un médecin ou par un audiologiste. Nous vous présentons ici les questions auxquelles le professionnel doit répondre, afin de vous permettre de faire la démarche seulement si vous pensez que vous rencontrez le critère. Nous tenons à préciser que ce ne sont pas les professionnels autorisés à compléter le formulaire qui décident du critère ; cela se décide au niveau des ministères gouvernementaux respectifs. Soyez assurés que nous sommes d'avis que plusieurs d'entre vous qui n'y ont pas droit vivent malgré tout des difficultés qui pourraient être reconnues au niveau gouvernemental, mais la loi est ainsi faite actuellement. Ce sont les associations qui pourront faire changer ces critères, à force de travail et de persévérance et nous vous encourageons à les appuyer dans ce sens.
Il importe aussi que les personnes en position de décision (députés, par exemple) soient sensibilisées aux injustices que certains d'entre vous verront dans la formulation des critères d'admissibilité et c'est seulement si on le leur fait savoir clairement qu'on peut attendre des changements. Voici donc comment sont formulées les questions qui donnent droit à ces crédits d'impôt.
Au niveau fédéral : « Votre patient peut-il entendre de manière à comprendre (sans lire sur les lèvres) une conversation orale dans un environnement calme, à l'aide d'un appareil si nécessaire ? (Excluez les différences entre les langues.) »
Au niveau provincial : « Votre patient est-il capable d'entendre de façon à comprendre, dans un endroit calme, une personne de sa connaissance, sans y consacrer un temps excessif, et ce, avec des soins thérapeutiques ou à l'aide d'appareils ou de médicaments indiqués, si nécessaire ? »
Nous espérons que ce rappel vous permettra de comprendre l'esprit du gouvernement dans sa logique, qui est fort loin de la réalité…
Liliane Girard, audiologiste
Programme adulte, Institut Raymond-Dewar

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La surdité professionnelle et la CSST

 

Par : France Désilets M.O.A. Audiologiste 
Programme adultes, Institut Raymond-Dewar
Il est reconnu que le bruit constitue l'un des principaux agresseurs en milieu de travail. Durant l'année 2003, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a accepté 1649 réclamations de travailleurs atteints de surdité professionnelle (source : CSST, service de la statistique). Ces surdités dites « professionnelles » sont causées par l'exposition répétée à des doses de bruit suffisamment intenses pour causer des dommages irr��versibles à l'organe de l'audition.
Le processus d'acquisition de la surdité professionnelle s'enclenche dès les premiers jours d'exposition au bruit. Les travailleurs se rappellent souvent de leur première journée à l'usine : sensation d'oreilles pleines, sifflements d'oreilles et impression de moins bien entendre. Ce sont là les signes de la fatigue auditive : les cellules qui se trouvent dans l'oreille interne ont été surstimulées et elles ne peuvent plus répondre de manière optimale aux sons de l'environnement, il y a abaissement de l'audition pour les sons aigus. Cette fatigue auditive quotidienne est réversible mais, avec les expositions répétées, les petits récepteurs de l'oreille interne s'épuisent. Une surdité permanente s'installe et elle progressera tant et aussi longtemps que le travailleur sera exposé à des doses de bruit nocives. Cette surdité s'acquiert à l'insu de l'individu et c'est souvent les remarques de l'entourage qui l'amènent à consulter. Certains travailleurs découvrent que leur audition est endommagée dans le contexte de dépistages auditifs réalisés sur leur lieu de travail.
La CSST, une compagnie d'assurance publique
La CSST est une compagnie d'assurance publique qui vise la prévention et la réparation des lésions professionnelles et des conséquences qu'elles entraînent pour les personnes qui sont atteintes. C'est un organisme qui doit répondre à deux clientèles : les employeurs et les travailleurs. Elle est régie par un ensemble de lois, règlements, barèmes et politiques internes. 
La CSST souhaite pr��venir la surdité professionnelle par la réduction du bruit à la source, par l'isolation des postes de travail exposés au bruit nocif ou par l'insonorisation des locaux. Elle prévoit aussi que les employeurs mettent à la disposition des travailleurs des moyens de protection individuelle (bouchons antibruit) ou réduisent les heures de travail dans les zones à risque. Malheureusement, malgré ces bonnes intentions, il demeure que de nombreux travailleurs sont exposés quotidiennement à des doses de bruit potentiellement nocives pour l'audition.
La surdité professionnelle est donc une réalité avec laquelle de nombreux travailleurs doivent composer. Qu'est ce que la CSST a à leur offrir?
L'indemnisation de la surdité professionnelle.
Le travailleur dont l'audition est atteinte doit se soumettre à une démarche diagnostique. D'abord le médecin doit déterminer si la surdité est compatible avec l'exposition au bruit du travailleur. De son côté, la CSST doit déterminer si le milieu de travail est suffisamment bruyant pour avoir causé cette surdité. Si oui, le travailleur pourra se faire reconnaître cette surdité par la CSST. Il recevra une indemnité forfaitaire si l'atteinte répond au barème d'indemnisation, soit une perte auditive d'au moins 30 dB (HL) sur la moyenne des fréquences 500, 1000, 2000 et 4000Hz, à au moins une oreille. On parle alors de surdité professionnelle supra-barème. Il importe de mentionner que les montants d'argent sont habituellement peu élevés.
Si la surdité ne répond pas au barème d'indemnisation, on parlera d'une surdité professionnelle infra-barème. Le travailleur pourra avoir la reconnaissance de cette surdité mais il ne recevra pas de montant d'argent.
Le travailleur qui a une surdité professionnelle reconnue pourra à nouveau réclamer à la CSST si sa perte d'audition s'est aggravée. Les deux conditions énoncées ci-haut devront encore s'appliquer, i.e. l'aggravation doit être compatible avec l'exposition au bruit depuis la première réclamation et le travailleur doit avoir continué à être exposé à des doses de bruit nocives pour l'audition.
L'assistance médicale
Le travailleur qui présente une surdité professionnelle reconnue a droit à l'assistance médicale de la CSST. L'atteinte auditive peut être supra ou infra-barème. Ceci donne accès aux prothèses auditives, si prescrites par le médecin. La CSST peut payer deux prothèses auditives. Elle couvre les appareils qui sont listés dans le programme des aides auditives de la RAMQ.
La réadaptation sociale
La CSST couvre aussi les aides de suppléance à l'audition pour le travailleur qui présente une surdité supra-barème. Les besoins doivent être évalués par un audiologiste. La CSST peut aussi rembourser les frais relatifs à des suivis rendus nécessaires en raison de la surdité professionnelle (ex. sensibilisation et soutien, suivi en lecture labiale et stratégies de communication, suivi pour acouphènes, suivi psychosocial…) 
La réadaptation professionnelle
Si la surdité professionnelle occasionne au travailleur des limitations fonctionnelles pour l'exercice autonome et sécuritaire de sa tâche, la CSST pourra lui offrir des services relatifs à sa réadaptation professionnelle. L'atteinte peut être supra ou infra-barème. Le médecin en charge du dossier doit décrire ces limitations dans un rapport.
La réadaptation professionnelle peut impliquer un appareillage auditif plus sophistiqué, des aides techniques, une modification de la tâche ou du milieu, une réorientation professionnelle et pourrait en dernier recours impliquer le retrait du travailleur, ce qui toutefois est assez rare en ce qui concerne les cas de surdité professionnelle.
Personnes impliquées
Le cheminement d'un dossier de surdité professionnelle à la CSST peut impliquer bon nombre de personnes. Nous dressons ici une liste non exhaustive. Au niveau de l'indemnisation, nous retenons surtout le rôle du médecin en charge et de l'agent d'indemnisation de la CSST qui pourra se référer au médecin conseil de la CSST pour du support.
Au niveau de la réadaptation, le dossier sera piloté par le conseiller en réadaptation de la CSST qui pourra, entre autres, mettre à contribution l'audiologiste, l'employeur et l'inspecteur de la CSST. 
N'oublions surtout pas le rôle primordial du travailleur lui-même qui doit s'impliquer dans chacune des étapes du traitement de son dossier et ce tant au niveau de l'indemnisation que de la réadaptation.

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