Ce groupe de discussion vise à favoriser les échanges
entre les personnes aux prises avec une maladie causant la surdité,
telles que la neuropathie, la maladie de Ménière, le cholestéatome,
l’ossification, le neurinome, l’otospongiose, etc.
Faites part de vos expériences avec les divers
appareils auditifs disponibles, allant de lasimple prothèse analogique au plus sophistiqué implant
cochléaire.
Une prothèse auditive avec
contrôle de volume manuel ou une
prothèse auditive avec contrôle
automatique ?
Une prothèse auditive avec
contrôle de volume :
l'utilisateur augmente
manuellement le volume de la
prothèse jusqu'à ce qu'il puisse
entendre les sons d'une manière
confortable et satisfaisante.
C'est ce que donne la prothèse
auditive conventionnelle ou
traditionnelle.
Une prothèse avec contrôle
automatique : la prothèse
s'ajuste toute seule en fonction
de l'environnement sonore où se
trouve la personne. À titre
d'exemple, la prothèse numérique
offre le contrôle automatique.
En quelque sorte, c'est l'aide
numérique elle-même qui réduit
le gain pour les sons
indésirables et par conséquent
préserve le gain pour les sons
de la parole.
Le réglage de volume des
prothèses programmables peut
être automatique ou manuel. Le
choix d'un des programmes par
l'utilisateur constitue en
quelque sorte un contrôle de
volume. Ainsi lorsque la
personne malentendante choisit
le programme 2, programme qui a
été prévu pour les situations
bruyantes comme au restaurant,
au milieu de la foule, elle
percevra une atténuation des
bruits environnants
(généralement de basses
fréquences).
Le contrôle
automatique peut
être un avantage
mais pour ceux,
habitués à régler
eux-mêmes le volume,
ce mode peut les
rendre anxieux. Ces
personnes préfèrent
contrôler
elles-mêmes le
volume. Cependant,
pour d'autres,
toujours régler le
volume selon les
différentes
situations peut être
dérangeant. Ces
personnes choisiront
alors la prothèse
avec contrôle
automatique qui
atténuera ou
amplifiera selon
l'ambiance sonore.
Une personne qui sait
utiliser adéquatement sa(ses)
prothèse(s) avec contrôle de
volume manuel doit régler le
volume selon les différentes
situations ou milieux ambiants
sonores ; exemple: pour bien
entendre l'interlocuteur dans un
endroit calme, l'utilisateur
augmentera le volume à un niveau
satisfaisant donc avec un
certain gain. Mais ce niveau
d'un gain satisfaisant ne peut
être maintenu dans les
situations bruyantes comme dans
le métro ; s'il est maintenu,
l'utilisateur vivra un inconfort
considérable parce que trop fort
; il lui faudra alors diminuer
le volume mais non le fermer.
Dans les endroits bruyants,
nous constatons que plusieurs
ferment leur prothèse, créant
ainsi la sensation d'oreille
bouchée ; ce qui n'est guère
mieux. Pour plus de sécurité, il
est suggéré d'enlever
l'appareil. D'ailleurs, la
plupart, même sans prothèse,
entendent les niveaux élevés des
bruits environnants. Dans ces
situations bruyantes, nous
suggérons de garder l'appareil
et de diminuer le volume de la
prothèse. De plus il est
important de s'adapter
graduellement à ces bruits
environnants afin d'en faire
abstraction avec le temps.
Que vous ayez une prothèse
avec un contrôle de volume, une
prothèse programmable ou une
prothèse numérique avec contrôle
automatique, il est primordial
de bien la connaître avec ses
avantages et ses limites afin
d'en tirer tous les bénéfices
que peut vous procurer votre
prothèse auditive. Il est
important de savoir ajuster le
contrôle de volume et pour les
utilisateurs de prothèse
numérique, de se fier au circuit
(automatique) responsable
d'atténuer les bruits
environnants. Une fois bien
ajusté, faites-y pleinement
confiance.
Pour en savoir davantage
sur le contrôle de volume de
votre prothèse, n'hésitez
pas à consulter votre
audiologiste et votre
audioprothésiste. Ils vous
conseilleront sur le choix
d'une prothèse en fonction
de vos problèmes auditifs et
de vos besoins.
En collaboration avec Donald Lafrenière
M.O.A. Audiologiste
La prothèse
conventionnelle, la prothèse
programmable ou la prothèse
numérique ? Mon collègue, Donald
Lafrenière, audiologiste, vous
donne dans le présent article de
très nombreux éléments de
réflexion qui sauront vous aider
dans votre choix. Quant à moi,
je vous souhaite de très
heureuses Fêtes.
L'évolution
technologique des aides
auditives est en pleine
effervescence et, depuis
quelques années déjà, plusieurs
compagnies offrent au
consommateur un produit
entièrement numérique (ou
«digital»). Il existait déjà des
aides auditives dites
«programmables» mais l'aide
auditive à traitement
entièrement numérique constitue
une autre avancée technologique.
La publicité entourant l'aide
numérique mise sur les
difficultés traditionnellement
associées à l'utilisation de
l'aide auditive conventionnelle
dite «analogique »pour faire
ressortir les avantages du
nouveau produit. Ces difficultés
touchent principalement la
compréhension de la parole dans
le bruit, la nécessité de
changer la position du volume
selon l'environnement et de
manière générale le confort et
la qualité du son. Est-ce que la
montée de la technologie
numérique signifie pour autant
que les aides conventionnelles
sont reléguées dans la catégorie
«bas de gamme» comme certains
n'hésitent plus à prétendre ?
Pas si sûr...
Tout d'abord, à ce stade-ci, aucune étude
n'a pu démontrer que l'aide numérique offre une meilleure
compréhension de la parole dans le bruit. On parle tout au plus
d'une satisfaction dans certains cas plus élevée chez
l'utilisateur de l'aide numérique dans les situations bruyantes.
Par ailleurs, on souligne dans la littérature spécialisée que la
satisfaction du client peut être grandement influencée du fait
qu'on lui présente le produit comme une «technologie de pointe».
Cela peut ressembler au principe du «c'est supérieur, donc c'est
meilleur» ou «c'est plus cher, donc c'est meilleur»...
On attribue à l'aide numérique une
meilleure fidélité du signal sonore en raison d'une plus grande
flexibilité au niveau des ajustements. Par contre, on reconnaît
aussi qu'une aide conventionnelle bien ajustée peut également
offrir une bonne qualité sonore. Il est important de spécifier
que même à l'intérieur de la technologie analogique
conventionnelle, il y a eu au cours des dernières années des
progrès significatifs au niveau des possibilités d'ajustement.
L'aide numérique offre un contrôle
automatique du volume. Cela élimine la nécessité pour
l'utilisateur de manipuler un contrôle de volume, l'appareil
s'ajustant tout seul en fonction du son qui atteint l'oreille.
Cet aspect peut être un avantage pour certaines personnes mais
pour d'autres, déjà habituées à régler elles-mêmes le volume de
leur appareil sans difficulté, cela peut représenter un
inconvénient.
Qu'il s'agisse d'une aide conventionnelle
ou numérique, l'important c'est que vous vous sentiez en
confiance avec votre appareil et que vous soyez satisfait des
bénéfices que vous en retirez. La précision des ajustements
effectués par votre audioprothésiste demeure dans les deux types
d'appareils une condition essentielle à un rendement optimal.
L'adaptation au port d'un appareil et à l'amplification auditive
nécessite également du temps et des efforts indépendamment du
type d'appareil. De plus, la technologie numérique peut ne pas
convenir à tout le monde. Il faut tenir compte de son style de
vie et de ses besoins d'écoute. L'aide numérique étant somme
toute assez chère, il convient de se questionner sur le rapport
coûts/bénéfices et ce ne peut être que sur une base
individuelle. Votre audiologiste peut vous guider dans vos
choix.
Certes, la technologie numérique
renferme un potentiel prometteur et il est encourageant de
constater que le marché de l'amplification auditive
recherche des solutions aux difficultés vécues par les
personnes malentendantes ou sourdes. Par ailleurs, l'aide
conventionnelle demeure pour l'instant plus abordable et
peut offrir un très bon rendement lorsque bien choisie et
ajustée adéquatement. Les professionnels de la santé
auditive peuvent anticiper des avantages reliés à la
technologie numérique mais les seuls juges en fin de compte,
ce seront les personnes directement concernées, c'est-à-dire
les personnes malentendantes ou sourdes. Si l'aide numérique
vous intéresse, faites-en l'essai et surtout, fiez-vous à
votre propre jugement.
En collaboration avec Stéphane McDuff
M.O.A. Audiologiste
Certaines
émissions de télévision et de
radio rapportent les
mésaventures de certains
consommateurs avec différents
produits de consommation. Vous
êtes-vous déjà demandé si ce
type de mésaventure pouvait
survenir dans le domaine de la
surdité et plus particulièrement
dans celui des prothèses
auditives? On ne sait jamais!
La prothèse auditive est un appareil qu'on
se procure chez un audioprothésiste, membre d'un ordre
professionnel chargé de voir à la protection du public.
Il n'en demeure pas moins qu'il n'existe
aucune règle écrite concernant le prix des prothèses; c'est la
loi de la libre concurrence. La personne qui se procure une
prothèse veut « en avoir pour son argent », surtout lorsque
c'est elle qui paie la facture. Évidemment, cela ne concerne pas
les prothèses obtenues par le biais du programme de la RAMQ car
les prix sont fixes, mais là encore, on tient à obtenir
satisfaction.
En tant que consommateur, nous devons nous
assurer de la qualité des produits et des services qui nous sont
offerts et ceci s'applique tout autant lorsque nous nous
procurons une prothèse auditive. Selon nous, c'est en posant des
questions précises à l'audioprothésiste que nous obtiendrons des
réponses satisfaisantes et honnêtes.
Quelques suggestions de questions à poser à
votre audioprothésiste :
Pourquoi me proposez-vous ce modèle précis
plutôt qu'un autre?
Selon vous, dans quelle mesure les
difficultés que j'éprouve seront-elles résolues parl'utilisation de cette prothèse (ex: en groupe, dans le
bruit)?
Qu'arrive-t-il si je ne suis pas
satisfait(e) de la prothèse?
Puis-je bénéficier d'une période d'essai?
Et si oui, y a-t-il des frais?
Quelle est la date limite où je peux vous
retourner la prothèse?
Demandez-lui la date précise.
Quelle est la garantie? Y a-t-il des frais
pour les visites ultérieures?
Autres conseils :
Consultez votre audiologiste avant de vous
procurer une nouvelle prothèse; il pourra vous aider à
identifier vos besoins et vous guider dans le choix d'une
prothèse. De même, n'hésitez pas à le consulter pendant le
premier mois d'utilisation; il peut vous aider à prendre une
décision éclairée.
Magasinez! Informez-vous du coût des
prothèses en demandant le prix du modèle qu'on vous suggère chez
d'autres audioprothésistes; il existe parfois des écarts
importants pour exactement la même prothèse!
Demandez à votre audioprothésiste de
travailler conjointement avec votre audiologiste et de lui
envoyer une copie du rapport d'appareillage (au fond, nous
travaillons tous dans le même but, soit d'améliorer votre
situation).
N'hésitez pas à aviser votre
audioprothésiste si quelque chose ne va pas ; il ne pourra rien
faire si vous gardez cela pour vous! Et faites-le à l'intérieur
d'un mois car si vous attendez plus longtemps, il (elle) sera en
droit de vous charger un montant pour les corrections (ex.
moule, réajustement).
En bout de ligne, c'est vous qui avez
la responsabilité de voir à obtenir satisfaction! Il s'agit
simplement de poser les bonnes questions…
Voici le résumé du dépliant : "Lentement
mais sûrement . . .". Liliane Girard, Stéphane McDuff et moi,
mandatés par le Regroupement des Audiologistes de l'I.R.D. avons
élaboré ce document pour aider les personnes qui rencontrent des
difficultés d'adaptation à la prothèse auditive.
Le secret,
c'est d'utiliser l'appareil tous
les jours et de procéder
progressivement.
1. Commencez par porter votre prothèse dans
des endroits calmes (ex.: maison, travail, etc.)
2. Quand vous l'enlevez, gardez-la à portée
de la main avec une pile.
3. Respectez votre rythme d'adaptation en
augmentant graduellement le temps d'utilisation. Surtout, ne
vous donnez pas de mal à la tête...
4. Variez les situations où vous l'utilisez
: vous finirez par faire abstraction des bruits environnants qui, au début, vous
dérangeront.
Il viendra sûrement ce jour où vous
constaterez que les bénéfices surpasseront les inconvénients.
Si vous éprouvez des difficultés dans votre
processus d'adaptation, n'hésitez pas à communiquer avec votre
audiologiste.
Voici le résumé du contenu d'un deuxième
dépliant que Lilianne Girard, audiologiste, et moi, mandatées
par le Regroupement des audiologistes, I.R.D., avons élaboré
pour les personnes qui songent à acheter une prothèse auditive.
Ce dépliant, intitulé « Vous songez à acheter une prothèse
auditive?» s'adresse aux utilisateurs d'appareil auditif qui
envisagent d'acheter un deuxième appareil ou de se procurer une
prothèse auditive avec nouvelle technologie.
TRADITIONNELLE
PROGRAMMABLE
NUMÉRIQUE
Amplification
conventionnelle
conventionnelle
numérique
Ajustement
manuel
par
ordinateur
par
ordinateur
Réglage
du volume
manuel
automatique ou manuel
automatique
Coût
approximatif
650$ à
1500$
1200$ à
1800$
2000$ à 2300$
Durant la période d'essai, nous vous
conseillons fortement d'utiliser, en tout temps, la nouvelle
prothèse pour que vous puissiez prendre la meilleure décision.
Nous, audiologistes à l'I.R.D., avons
élaboré des petits dépliants qui répondent aux principales
questions qui nous sont adressées par nos clients dans des
contextes de démarches d'appareillage. Lilianne Girard,
audiologiste au programme adultes, et moi avons pensé que ces
informations pourraient intéresser les lecteurs de Sourdine.
Voici le
résumé du contenu d'un premier
dépliant intitulé : «Appareils
auditifs : lequel choisir ?» Ce
dépliant veut aider la personne
à choisir quel type d'appareil
lui conviendra le mieux et à
s'adapter à l'amplification. Si
la lecture de ces informations
suscite des questions chez vous,
n'hésitez pas à communiquer avec
votre audiologiste.
Peu importe
le modèle que vous choisirez,
vous ne retrouverez jamais une
audition normale. Vous
apprécierez votre appareil... si
vous l'utilisez... graduellement
et quotidiennement, sans vous
donner de maux de tête.
Apprivoisez les bruits non
entendus depuis longtemps et
utilisez l'appareil dans les
situations où vous avez le moins
de difficulté. Vous arriverez
ainsi à vous adapter à votre
appareil auditif.
Le secret,
c'est de persévérer...
Péritympanique
Clientèle cible : surdité de degré léger et
modéré
Apparence : invisible
Manipulation : * facile à insérer *
difficile pour les piles
Option "T" : non
Réparations : fréquence : ++ Coût : $$
Dépannage : L'audioprothésiste peut vous
prêter un contour d'oreilles avec moule universel.
Frais d'utilisation : La coquille doit être
remplacée lorsque l'appareil siffle au volume porté. Le coût
d'une nouvelle coquille est d'environ 100$. Peuvent s'ajouter
des frais d'entretien variant entre 15$ et 25$.
Demi-conque
Clientèle cible : surdité de degré léger et
modérément sévère
Apparence : discrète
Manipulation : * facile à insérer *
difficile pour les contrôles
Option "T" : possible
Réparations : fréquence : + Coût : $$
Dépannage : L'audioprothésiste peut vous
prêter un contour d'oreilles avec moule universel.
Frais d'utilisation : La coquille doit être
remplacée lorsque l'appareil siffle au volume porté. Le coût
d'une nouvelle coquille est d'environ 100$. Peuvent s'ajouter
des frais d'entretien variant entre 15$ et 25$.
Intra-auriculaire
Clientèle cible : surdité de degré léger à
sévère
Apparence : Plus visible
Manipulation : * plus difficile à insérer
*moins difficile pour les contrôles
Option "T" : possible
Réparations : fréquence : - Coût = $$
Dépannage : L'audioprothésiste peut vous
prêter un contour d'oreilles avec moule universel.
Frais d'utilisation : La coquille doit être
remplacée lorsque l'appareil siffle au volume porté. Le coût
d'une nouvelle coquille est d'environ 100$. Peuvent s'ajouter
des frais d'entretien variant entre 15$ et 25$.
Contour d'oreilles
Clientèle cible : Pour tous les degrés de
surdité
Apparence : Variable
Manipulation : *difficile à insérer * très
facile pour les contrôles
Option "T" : possible
Réparations : fréquence : - - - -
Coût = $$
Dépannage : L'audioprothésiste peut vous
prêter un autre appareil.
Frais d'utilisation : L'embout doit être
remplacé lorsque l'appareil siffle au volume porté. Le coût d'un
nouvel embout est d'environ 60$. Peuvent s'ajouter des frais
d'entretien (tube, nettoyage, etc.) variant entre 25$ et 35$.
NOTES :
On évalue à 5 ou 6 ans la durée de vie d'un
appareil auditif, sauf pour le péritympanique où on parle de 3-4
ans.
Octobre 1995 : un article dans le Sourdine sur les
petites merveilles que peut procurer une prothèse
auditive avec la position T (bobine d'induction
magnétique). Et cinq ans plus tard, soit en octobre
2000, je suis toujours surprise de constater qu'un grand
nombre de mes bénéficiaires et membres de l'A.D.S.M.Q.
ne sont toujours pas au courant des multiples services
que peut rendre une prothèse auditive avec la position
T. Et encore plus surprise (sentiment partagé par
plusieurs de mes collègues) de constater que plusieurs
prothèses du type intra-auriculaire et demi-conque n'ont
pas la position T.
Une prothèse avec l'option T permet à la personne qui
utilise adéquatement la bobine d'induction magnétique :
- d'avoir l'avantage d'être " coupée " du bruit
environnant et par conséquent de mieux saisir la voix de
son interlocuteur durant les conversations
téléphoniques;
- de comprendre les conversations au téléphone même
avec le téléphone sans fil (note : il est important de
vérifier la compatibilité avec les prothèses auditives
et il y a des téléphones sans fil qui ont 3 niveaux
d'amplification : niveau bas, niveau moyen et niveau
fort);
- de se servir aisément des téléphones publics
(hôpital, magasin, métro…) tout en ajoutant, au besoin,
l'amplification intégrée;
- d'entendre les émissions télévisées avec l'aide du
système d'amplification infrarouge jumelé avec la
silhouette, collier magnétique ou écouteurs compatibles
avec la bobine d'induction magnétique de la prothèse
auditive;
- grâce à l'utilisation du TA 80 (amplificateur
téléphonique portatif offert avec fil de rallonge et
silhouette) de pouvoir participer aux conversations de
groupe à condition que la règle d'un interlocuteur à la
fois soit respectée. Le TA 80 joue en quelque sorte le
rôle de micro auxiliaire vous permettant de capter la
parole de la personne en autant que vous mettez la
prothèse auditive à T;
- de mieux entendre dans certaines églises équipées
d'une boucle magnétique.
Un petit rappel pour les personnes qui ont déjà la
position T (bobine d'induction magnétique) mais qui ne
parviennent pas à saisir les conversations au téléphone
: il faut placer le récepteur du téléphone sur le
boîtier de la prothèse auditive contour-oreille.
L'utilisation du TA 80 fait le bonheur de plusieurs
personnes ; ainsi, elles peuvent l'utiliser :
- durant le trajet en voiture : la prothèse étant sur
la position T et par conséquent les bruits environnants
étant grandement atténués, la personne malentendante
peut ainsi capter les paroles du chauffeur ou du
passager;
- lors des repas en famille ou avec des amis : la
personne met le TA 80 (micro auxiliaire) sur la table,
lui permettant de suivre les conversations de quelques
personnes autour d'elle, en autant qu'on respecte la
bienséance, soit qu'une personne à la fois prenne la
parole;
- au restaurant où la personne malentendante vise le TA
80 vers la personne qu'elle veut entendre en autant que
cette personne soit à une distance raisonnable ou place
discrètement le TA 80 sur la table, toujours à proximité
de la personne qu'elle veut entendre.
Si vous songez à vous procurer une nouvelle prothèse
auditive, demandez à votre audioprothésiste si
l'appareil a la bobine d'induction magnétique et si
c'est le cas, assurez-vous que l'amplification de la
bobine d'induction magnétique soit amplement suffisante
pour vous. Sinon, demandez-lui d'y remédier ou si votre
audioprothésiste vous informe qu'il est impossible
d'ajouter l'amplification, il y a possibilité d'essayer
une autre marque de prothèse auditive avec amplification
importante au niveau de la bobine d'induction
magnétique. Votre audioprothésiste vous aidera ainsi à
trouver une proth��se (analogique, programmable ou
numérique) qui vous permettra de capter les
conversations téléphoniques. Règle générale (sauf
exception) : la prothèse contour-oreille offre une
amplification suffisante, mais pour la prothèse modèle
intra-auriculaire ou demi-conque, il faut vraiment
l'essayer.
Pour beaucoup de mes clients, l'amplification
satisfaisante de la bobine d'induction magnétique les a
aidés à choisir leur prothèse auditive. Donc, durant le
mois d'essai, profitez-en pour téléphoner à vos amis et
vos proches et surtout écoutez. Pour les personnes qui
ont déjà leur prothèse auditive mais sans l'option T,
demandez à votre audioprothésiste de vous l'installer.
Il arrive parfois que votre audioprothésiste vous
informe que l'ajout de la position T est impossible,
faute de " place " dans le circuit de l'appareil. Si tel
est le cas, consolez-vous en vous disant que votre
prochaine prothèse aura ce grand dépanneur, la position
T.
La position T sur une prothèse auditive est un atout de
plus, vous assurant ainsi plus de liberté (où que vous
soyez, du moins au Canada, vous pouvez utiliser les
téléphones publics), plus d'autonomie et enfin plus
d'indépendance, si chère à la personne malentendante.
Le temps
d'adaptation à une nouvelle prothèse auditive
diffère d'une personne à l'autre. Certains
facteurs tels que l'âge, la sévérité du problème
auditif et surtout la motivation à porter une
aide auditive peuvent influencer les résultats
obtenus.
Il n'y a malheureusement pas de solution magique
pour s'adapter à l'amplification. Il faut
pratiquer beaucoup et ne pas s'attendre à la
perfection dès le premier essai. Nous vous
suggérons ici 13 étapes à suivre pour bien
profiter de votre nouvelle prothèse auditive.
COMMENCEZ D'ABORD À PORTER VOTRE PROTHÈSE À LA
MAISON
Votre aide auditive amplifie autant les bruits
ambiants que la musique et la parole. Au début,
vous pouvez être dérangé par les bruits de
l'environnement. Nous vous conseillons de vous
concentrer sur tous les bruits normaux de votre
domicile puis, essayez d'identifier chaque son
que vous percevez. Une fois que vous aurez
reconnu les bruits ambiants comme le
réfrigérateur, le moteur d'un ventilateur, les
bruits de la vaisselle et de l'eau qui coule,
les portes qui se ferment, ces bruits vous
paraîtront moins dérangeants ou distrayants.
NE VOUS FORCEZ PAS À PORTER VOTRE PROTHÈSE TROP
LONGTEMPS AU DÉBUT
N'essayez pas d'établir un record d'endurance
avec votre prothèse. Si vous vous sentez fatigué
après avoir porté votre prothèse pendant une ou
deux heures, enlevez-la. Suivez votre intuition.
PRATIQUEZ-VOUS A PORTER VOTRE PROTHESE POUR
CONVERSER AVEC UNE SEULE PERSONNE
Cette personne peut être soit votre conjoint, un
voisin ou un ami. Parlez de sujets familiers.
Utilisez des expressions usuelles, des noms ou
une série de chiffres pour vous habituer. Après
quelques jours à converser avec une personne
dans un milieu calme, essayez un exercice
différent. Ouvrez par exemple la radio ou la
télévision et essayez de comprendre votre
interlocuteur en présence de ce bruit de fond.
N'INSISTEZ PAS POUR COMPRENDRE
CHAQUE MOT
Il est important d'écouter attentivement et de
vous concentrer sur les paroles mais ne vous
inquiétez pas si vous manquez un mot à
l'occasion. Les personnes avec une audition
normale manquent aussi des mots ou des parties
de phrases et elles arrivent à suivre la
conversation en s'aidant du contexte. Faites
attention au visage de votre interlocuteur. La
lecture labiale est un support important à la
prothèse auditive.
NE VOUS LAISSEZ PAS DISTRAIRE PAR
LES BRUITS AMBIANTS
Rappelez-vous que vous êtes en train d'acquérir
de nouvelles habitudes ou bien de retrouver
d'anciennes habitudes. Même les personnes
entendantes sont affectées par le bruit ambiant
mais elles ont appris à en faire abstraction. En
vous habituant à séparer les bruits de la parole
et à identifier les différents bruits de fond,
vous apprendrez progressivement à ignorer ces
bruits tout comme le font les personnes
entendantes.
ESSAYEZ DE LOCALISER LA SOURCE SONORE
EN VOUS FIANT A VOTRE AUDITION SEULEMENT
Déterminer d'où provient un son est souvent une
tâche difficile à accomplir pour les personnes
qui portent une prothèse auditive. Pour vous
aider à développer votre sens de localisation,
détendez-vous dans votre fauteuil, fermez les
yeux et demandez à quelqu'un de vous parler à
différents endroits de la pièce. Chaque fois que
votre interlocuteur se déplacera, essayez de le
localiser par le son de sa voix seulement.
AUGMENTEZ VOTRE TOLÉRANCE
AUX BRUITS FORTS
Lorsqu'on commence à utiliser une prothèse
auditive, on est porté à placer le volume trop
bas pour une écoute efficace. En vue d'augmenter
votre tolérance aux bruits forts, essayez cet
exercice. Pendant que vous écoutez votre
interlocuteur ou la radio (télé), augmentez
graduellement le contrôle de volume de votre
prothèse iusqu'à ce que le son devienne très
fort. Lorsque, le son devient inconfortable,
diminuez lentement le volume à un niveau plus
confortable. En pratiquant régulièrement cet
exercice, vous finirez par augmenter
considérablement votre tolérance.
APPRENEZ À
DISTINGUER
LES DIFFÉRENTS SONS DE LA PAROLE
Faites une liste de mots qui diffèrent par un
son seulement (ex. beau/faux, fil/cil,
pain/bain, pas/rat...). Demandez à votre
interlocuteur de dire ces mots lentement et
clairement. Surveillez ses lèvres en même temps
que vous écoutez attentivement les différences
entre les paires de mots. Puis recommencez
l'exercice en fermant les yeux, et cette fois
écoutez seulement les mots.
ECOUTEZ UN TEXTE LU À VOIX HAUTE
Un bon exercice à faire avec votre prothèse
auditive consiste à écouter quelqu'un lire à
voix haute un texte d'une revue ou d'un journal
pendant que vous suivez le même texte écrit sur
votre propre copie.
AUGMENTEZ PROGRESSIVEMENT LE NOMBRE DE PERSONNES
AVEC QUI VOUS PARLEZ
Continuez de vous pratiquer à votre domicile.
Vous constaterez que c'est plus difficile de
faire la conversation à trois ou quatre
personnes au lieu d'une seule. Essayez de vous
concentrer sur la personne qui parle le plus.
ESSAYEZ GRADUELLEMENT DE PORTER VOTRE PROTHÈSE
DANS PLUSIEURS SITUATIONS DIFFÉRENTES
Lorsque vous serez bien adapté à votre prothèse
dans votre environnement quotidien, soit en
situation de groupe ou en présence de bruits de
fond, vous pourrez commencer à porter votre
prothèse au supermarché, à l'église, au théâtre
et dans d'autres endroits publics. Diminuez
alors le volume de la prothèse pour atténuer
l'impact des nouveaux bruits de fond; ne vous
assoyez pas sous les balcons;
essayez plusieurs endroits dans la salle jusqu'à
ce que vous trouviez un siège où vous pourrez
bien entendre. INSCRIVEZ-VOUS À UN
COURS DE LECTURE LABIALE
La lecture labiale pourra faciliter vos échanges
avec les autres. C'est un support important à
l'utilisation de votre prothèse auditive. Mais
n'oubliez pas que la lecture labiale comporte
plusieurs limites, certains mots ne peuvent être
lus sur les lèvres, d'autres mots ne peuvent pas
être différenciés entre eux. C'est pourquoi nous
vous suggérons de pratiquer la lecture labiale
avec votre prothèse auditive, ce sera plus
encourageant.
LE TÉLÉPHONE ET VOTRE
PROTHÈSE AUDITIVE
Si votre surdité n'est pas très marquée, vous
serez probablement capable, après quelques
essais, de vous servir du téléphone avec votre
prothèse. Placez le récepteur du téléphone près
du microphone de votre prothèse (ou sur la
position " T " tel que démontré par votre
audiologiste). Comme cela exige beaucoup de
pratique, demandez à un de vos amis de vous
téléphoner chaque jour au début.
Texte traduit et adapté d'un article de la revue
Hearinq Instruments (vol. 44 no 10, 1993, p.
52), par Bernard Giraldeau, audiologiste,
janvier 1994.
Exemples de mots qui diffèrent par
un son seulement
tache / cache
belle / sel
malle / sale
lame / rame
somme / gomme
pile / ville
mort / dort
coule / moule
mousse / tousse
mère / verre
douche / bouche
six / dix
jour / tour
bol / vol
jappe / pape
guette / sept
choc / coq
quête / bête
rire / cire
page / mage
riche / fiche
Consommateurs
de prothèses auditives…
Vous n'êtes pas sortis de la jungle…
Par
France Désilets M.O.A. Audiologiste
Programme adultes - Institut Raymond-Dewar
Comme le dit le vieil adage " on ne peut arrêter le
progrès " et c'est tant mieux. Effectivement, nous
avons assist���������� aux cours de ces dernières années à un
essor technologique considérable dans le domaine des
appareils auditifs. Les appareils analogiques à
programmation numérique et les aides entièrement
numériques sont là pour rester et se développer.
Tout ceci génère beaucoup d'enthousiasme chez les
personnes malentendantes, les audioprothésistes et
les audiologistes. Toutefois, nous nous voyons
littéralement noyés sous du nouveau vocabulaire avec
lequel il est parfois difficile de jongler. Certains
professionnels s'y perdent alors imaginez un peu les
consommateurs qui tentent désespérément de faire
l'achat le plus éclairé possible.
Ce court article n'a pas la prétention d'être
exhaustif. Il vise simplement à vous informer des
principales distinctions à avoir en tête lors de
votre magasinage.
Parlons tout d'abord du contenu de l'aide auditive
qui réfère au type de circuit à l'intérieur de la
prothèse auditive. Nous parlerons des trois types
disponibles :
Les aides auditives analogiques ou conventionnelles
sont les plus connues. Le son est transformé en
voltage continu qui est amplifié et retransmis à
l'oreille de l'usager via l'écouteur. Les
caractéristiques du circuit d'amplification sont
choisies par l'audioprothésiste. L'ajustement se
fait en tout ou en partie par des potentiomètres
(petites vis). Ces aides sont celles majoritairement
couvertes par le programme de la RAMQ.
Pour les aides auditives analogiques à contrôle
numérique ou à programmation numérique, l'ajustement
se fait via une puce électronique. Lors de
l'ajustement, l'aide auditive est branchée à un
ordinateur ou un module de programmation. La puce
prend peu de place et peut emmagasiner de nombreuses
informations. Ainsi, toutes les caractéristiques du
circuit peuvent être programmées. Les aides
analogiques à contrôle numérique permettent aussi
des ajustements différents selon les bandes
fréquentielles (canaux) ou encore la possibilité
d'avoir accès à des courbes d'amplification
différentes (mémoires) adaptées à différentes
situations d'écoute. Ces aides sont donc très
flexibles. Malgré certaines composantes à saveur
numérique, ce type d'aide auditive demeure
analogique au niveau du circuit d'amplification.
Les aides auditives numériques se distinguent par le
fait que les sons sont convertis en données
numériques qui sont traitées par un microprocesseur
hautement miniaturisé. La numérisation du signal
d'entrée donne la possibilité d'un traitement
rapide, complexe et sans bavure. Le signal d'entrée
est moins contaminé par le bruit de fond inhérent à
l'appareil et par des produits de distorsion. Le
principal défi visé par les manufacturiers est
d'améliorer la perception de la parole dans le
bruit, le "cauchemar" des personnes malentendantes
atteintes de surdité neurosensorielle. Les
fabricants travaillent donc à développer des
algorithmes de reconnaissance de la parole par
rapport au bruit afin d'optimiser uniquement
l'amplification du spectre vocal. De plus, ils
améliorent la directionnalité des microphones des
aides auditives afin que la parole émerge davantage
du bruit. Mentionnons enfin que tout comme pour
l'aide auditive analogique à contrôle numérique,
l'aide numérique est très flexible : le traitement
multicanaux et multimémoires est disponible.
Parlons ensuite du contenant de l'aide auditive qui
réfère simplement à l'apparence extérieure de l'aide
auditive.
Ce vocabulaire est sûrement plus familier pour vous,
on parle des aides contour d'oreille,
intra-auriculaire pleine conque qui remplit tout le
creux de l'oreille, la demi-conque qui remplit la
partie inférieure du creux de l'oreille, le canal et
enfin la péri-tympanique appelée assez souvent la
CIC pour l'expression " completely in the canal ".
Le modèle choisi devra tenir compte du degré de
votre surdité et de vos préférences au plan
esthétique. L'appareil le plus discret n'est pas
nécessairement celui qui est le mieux adapté au
degré, au type et à la configuration de votre
surdité. Il y a aussi toutes les autres subtilités
propres aux appareils auditifs…
Plusieurs consommateurs veulent l'aide auditive qui
"s'ajuste toute seule". Cette expression courante
fait référence aux circuits à compression dynamique
qui s'ajustent automatiquement à l'intensité du son
qui pénètre dans l'appareil auditif. Les
consommateurs attribuent souvent cette
caractéristique aux appareils numériques car on
retrouve cette propriété dans la publicité.
Toutefois, il importe de savoir que la compression
dynamique n'est pas réservée aux aides numériques et
qu'elle est également disponible dans les aides
analogiques conventionnelles et les aides
analogiques à contrôle numérique. Ce type de
compression ne convient pas à tous.
Vous entendrez aussi parler des microphones. On
pourra vous proposer des appareils auditifs avec
doubles micros ce qui permet de passer d'une écoute
omnidirectionnelle (entendre tout autour de soi) à
une écoute plus directionnelle (entendre surtout
vers l'avant). Cette option peut être avantageuse
pour l'écoute en milieu bruyant. Les appareils à
doubles microphones sont principalement disponibles
sur les aides analogiques à contrôle numérique et
les aides entièrement numériques.
Que vous réserve l'avenir ? Les manufacturiers vont
tenter de prendre leur part du marché en essayant de
se distinguer les uns des autres. Ceci implique une
pluie de nouveau vocabulaire qui, bien souvent, se
traduit par des appellations brevetées. Dans le
domaine des aides auditives, un chat ne s'appelle
plus toujours un chat… Besoin d'y voir plus clair ?…
Parlez-en à votre audioprothésiste ou votre
audiologiste.
par Stéphane McDuff M.O.A.
Audiologiste au programme aînés de l'Institut
Raymond-Dewar
Il m'arrive fréquemment d'expliquer, à des personnes qui
viennent d'obtenir leur première prothèse auditive ou
qui songent à le faire, le processus d'adaptation qui
s'opère dans le cerveau lorsqu'on commence à utiliser
l'amplification. En comprenant mieux ce processus,
celles-ci peuvent y trouver une motivation
supplémentaire pour surmonter les difficultés qui
caractérisent les premiers temps qui suivent l'obtention
de la prothèse, principalement en ce qui a trait à la
tolérance aux bruits environnants. Cela leur permet
également de comprendre pourquoi les audiologistes et
les audioprothésistes insistent tant sur l'importance de
porter la prothèse quotidiennement et plusieurs heures
par jour pour s'adapter à celle-ci.
Le processus dont il est question s'appuie sur des
hypothèses sérieuses avancées par des chercheurs
reconnus dans le domaine de l'audiologie et de la
psycho-acoustique (Stuart Gatehouse, un chercheur
écossais, en est un qui a écrit plusieurs articles sur
ce phénomène qu'il appelle "l'acclimatation" 1 ). Ce
processus est assez simple. Il s'agit en fait d'une
autre preuve, parmi tant d'autres, de l'étonnante
capacité d'adaptation du cerveau humain.
Partons du déroulement typique de l'acquisition d'une
perte auditive. Comme on le sait, une majorité de
personnes malentendantes voient leur surdité s'installer
de façon très insidieuse, sur une période s'échelonnant
sur de nombreuses années (c'est ce qu'on désigne comme
étant la presbyacousie ou la surdité due au
vieillissement). Durant cette période, les sons qu'elles
avaient l'habitude d'entendre s'atténuent et certains
d'entre eux finissent par "disparaître" complètement.
Pensons entre autres aux bruits de la nature tels le
bruissement des feuilles, le murmure du vent ou le
gazouillis des oiseaux. Pensons aussi à des bruits
familiers de la maison comme celui du réfrigérateur, de
la ventilation ou du craquement des planchers. Il y
aurait ainsi une foule d'autres exemples à donner de
sons et de bruits, agréables ou non à entendre, présents
tout au long d'une journée. Donc, au fil des ans,
presque imperceptiblement, ces sons disparaissent de
notre réalité et peut-être même de notre mémoire.
Certains ont la nostalgie de ces bruits disparus
auxquels sont parfois rattachés des souvenirs intimes.
Quant aux bruits " désagréables ", rares sont ceux qui
s'en ennuient…
Qu'arrive-t-il de tous ces sons et ces bruits lorsqu'on
commence à porter une prothèse auditive ? Ils reviennent
tous en même temps ! Quel choc ! Imaginez la
perturbation que cela provoque chez une personne qui
s'était habituée à une relative quiétude face à ces sons
évanouis. Alors que la personne malentendante voulait
essentiellement améliorer sa capacité de compréhension
de la parole, elle constate qu'elle le fait peut-être,
mais au prix d'une véritable inondation de bruits de
toutes sortes qui accaparent son attention au détriment
des bénéfices parfois bien timides apportés par la
prothèse au plan de la perception de la parole.
Comment réagit le cerveau dans tout cela ? Lui aussi,
pourrait-on dire, est tout perturbé. Envahi lui aussi
par des bruits qu'il ne recevait plus, il envoie un
message non équivoque à la personne : " Attention !
Bruits anormaux détectés, baissez le volume ! ". Et il y
a aussi les émotions qui entrent en jeu. Les réactions
sont variables d'une personne à l'autre mais bien
souvent, on en arrive à porter une attention démesurée à
certains bruits qui dérangent et à y réagir de façon
impatiente, voire agressive. C'est là que le goût de
démissionner et de remettre la prothèse dans sa boîte
apparaît.
Ce qu'il faut se dire, c'est que le temps (comme bien
d'autres choses dans la vie, n'est-ce pas ?) peut
arranger les choses. Il faut laisser le temps au cerveau
de se réhabituer au " nouveau " monde sonore qu'on lui
impose du jour au lendemain. Avec le temps, il apprendra
à reconnaître et à distinguer les sons et les bruits, à
considérer comme " normaux" des bruits de
l'environnement qui lui apparaissaient complètement
anormaux au début. De la même façon qu'une personne qui
a toujours entendu normalement ne se préoccupe pas à
chaque instant des bruits " anodins " qu'elle entend à
cœur de journée, la personne malentendante apprendra
graduellement à ne plus se préoccuper des mêmes bruits
après un certain temps. Le cerveau, si on lui en donne
la chance, fera le travail d'adaptation. Comment lui
donner cette chance ? Et bien simplement en
l'alimentant, de jour en jour, de tous ces bruits. Donc
en persistant à porter sa prothèse.
Bien
des personnes malentendantes me disent qu'elles ne
voient pas l'utilité de porter leur prothèse
lorsqu'elles sont seules à la maison ou lorsqu'elles
sont dans une situation où elles arrivent à communiquer
sans trop de difficulté. À celles-là, si elles sont de
nouvelles utilisatrices de prothèses, je rappelle que le
fait de porter leur prothèse dans toutes les situations
de leur vie fait faire à leur cerveau un genre de "
gymnastique " d'adaptation et que c'est seulement au
prix d'un entraînement de la sorte que celui-ci pourra
s'habituer à tolérer les bruits plus dérangeants qu'on
rencontre dans les situations d'écoute plus difficiles.
L'explication qui précède touchant l'adaptation aux
bruits est également vraie pour l'adaptation à la parole
amplifiée. Certains sons de la parole (je pense
spécialement aux sons aigus qui sont tellement
importants pour la compréhension des mots), devenus
inaudibles au fil des ans, atteignent de nouveau l'aire
auditive du cerveau. Dans les premières semaines, le
cerveau reçoit ces sons mais est malhabile pour les
analyser et les traduire en sons significatifs. Mais
avec l'entraînement et la persévérance du porteur de
prothèse, il finit par réapprendre à analyser
adéquatement les sons aigus. Encore une fois, cela ne se
fait qu'au prix de nombreuses heures d'utilisation
quotidienne avec la prothèse. Gatehouse avance que
l'adaptation du cerveau peut prendre plusieurs mois.
J'insiste depuis le début de cet article sur
l'importance de persévérer dans l'utilisation d'une
prothèse auditive pour permettre de s'adapter au nouveau
monde sonore qu'elle procure. Il va sans dire qu'on ne
doit persévérer que si la prothèse est bien ajustée à sa
perte auditive. Il peut arriver que la prothèse soit mal
ajustée et qu'elle produise une amplification beaucoup
trop forte pour certains sons. Il est donc important de
s'en assurer auprès de son audioprothésiste ou de son
audiologiste.
1. Gatehouse S : The time-course and
magnitude of perceptual acclimatization to frequency
responses : Evidence from monaural fitting of hearing
aids. J. Acoust. Soc. Amer. 1992 ; 1258-1268.
par Stéphane McDuff M.O.A.
Audiologiste au programme aînés de
l'Institut Raymond-Dewar
Les prothèses auditives ont beaucoup évolué au cours de
la dernière décennie. On dénombre aujourd'hui une
dizaine de manufacturiers importants qui produisent
chacun une gamme de produits très élaborée. Comment se
retrouver devant tout ce qui est disponible?
Bien sûr, votre audiologiste et votre audioprothésiste
sont là pour vous conseiller en la matière mais le
présent article a pour objectif de vous renseigner sur
les principales caractéristiques et ainsi vous permettre
d'en discuter de
façon plus éclairée avec eux.
On distingue actuellement trois catégories de prothèses
selon le type de circuit électronique qu'elles possèdent
:
les prothèses analogiques conventionnelles,
les prothèses analogiques à
contrôle numérique 1 (souvent
appelées " programmables ")
les
prothèses numériques.
Pour chacune de ces catégories, on compte plusieurs
modèles différents selon 1) le format de l'appareil
(contour, intra-auriculaire pleine-conque ou
demi-conque, péritympanique). 2) la puissance et 3) les
options.
Sachez que la Régie de l'assurance-maladie (RAMQ)
fournit une prothèse de type analogique conventionnelle
et, dans certains cas (ex : auditions fluctuantes), une
prothèse analogique à contrôle numérique. Pour le
moment, la RAMQ ne paie pas pour les prothèses
numériques mais offre toutefois des options
intéressantes avec certains modèles (voir la dernière
section).
1 N.B. On peut s'attendre à ce que cette catégorie
disparaisse sous peu au profit des prothèses
numériques de classe " économique ".
Les prothèses numériques :
L'attrait des prothèses numériques ne réside pas dans le
fait qu'elles sont numériques. En soi, le numérique ne
garantit pas de meilleurs résultats. Ce qui fait leur
force, c'est la souplesse offerte dans l'ajustement et
les possibilités de traitement sonore qu'elles
procurent. En bout de ligne cependant, ce qui compte,
c'est le son qu'on obtient dans l'oreille. De même,
lorsqu'on mange un gâteau, on ne se soucie pas de savoir
si le cuisinier a utilisé un four à contrôle numérique
ou un four à bois ; l'important est que le gâteau soit
bon ! Ne peut-on pas rater un gâteau dans le four le
plus moderne au monde ? Il reste que de nos jours, les
gâteaux sont de plus en plus cuisinés avec des fours
modernes… Aussi, dans un avenir plus ou moins rapproché,
toutes les prothèses seront numériques et ce qui les
distinguera, ce sont les caractéristiques qu'elles
offriront. Voici justement quelques-unes des principales
caractéristiques offertes avec les prothèses numériques
:
Canaux multiples (on peut ajuster de façon plus précise
l'amplification requise pour chaque zone fréquentielle)
Système de réduction du bruit
Ajustement " automatique " du volume (attention : cette
caractéristique et la précédente procurent généralement
plus de confort dans les situations bruyantes mais pas
nécessairement une meilleure compréhension de la
parole).
Compression sur une gamme dynamique étendue (WDRC) (voir
section suivante)
Multi-microphones
Système de réduction du sifflement (" feed-back ")
Avertissement de pile faible
Toutes ces caractéristiques peuvent sembler bien
attrayantes sur papier et certaines apportent
effectivement une amélioration par rapport aux prothèses
conventionnelles. Par contre, il ne faut pas se créer
des attentes irréalistes car aucune prothèse, aussi
sophistiquée soit-elle, ne peut corriger à 100 % un
problème d'audition. Le mieux est de demander une
période d'essai d'au moins un mois à son
audioprothésiste et de se faire sa propre opinion.
Malheureusement, les prothèses numériques ne sont pas
accessibles à tous à cause de leur coût qui peut
dépasser les 2000$ (heureusement qu'il n'y a pas de
taxes !). Si vos moyens ne vous permettent pas
d'envisager une telle dépense, sachez qu'on peut trouver
une prothèse qui répond adéquatement à vos besoins par
le biais du programme de la RAMQ.
Des options intéressantes disponibles avec des
prothèses " RAMQ "
Depuis quelques temps, on retrouve sur la liste de la
RAMQ quelques modèles qui offrent des caractéristiques
très intéressantes, comme des prothèses à deux micros et
des prothèses comportant des circuits de compression
dynamique.
Prothèses à deux micros :
Cette option, disponible sur plusieurs modèles
numériques, se retrouve également sur quelques modèles
intra-auriculaires dits " conventionnels ". Il s'agit
d'une option intéressante si vous fréquentez souvent des
endroits bruyants car on peut alors sélectionner un mode
" directionnel " qui réduit légèrement le bruit
provenant de l'arrière et des côtés et qui permet de
comprendre un peu mieux la personne placée en face de
vous. Notons cependant que cette option n'est disponible
que pour les personnes ayant une surdité légère à
modérée.
Prothèses avec circuit de compression sur une
gamme dynamique étendue : (communément appelé " WDRC "
pour " wide dynamic range compression ") ;
Encore ici, il s'agit d'un type de circuit qu'on
retrouve généralement sur les prothèses numériques mais
également sur quelques modèles conventionnels. Avec ce
type de circuit, l'amplification varie automatiquement
en fonction du niveau sonore ambiant. Dans une ambiance
calme, la prothèse fournira une amplification plus
importante que dans une situation bruyante. Ce type de
circuit réduit la nécessité de jouer avec le contrôle de
volume et procure un meilleur confort pour les personnes
sensibles au bruit.
Voici enfin une dernière liste d'options qui ne sont pas
nouvelles mais qui demeurent utiles pour plusieurs
(disponibles autant pour les numériques que pour les
conventionnelles) :
Il ne s'agit pas d'une nouveauté mais d'une option qui
demeure intéressante, voire nécessaire pour certaines
personnes. Elle est disponible pour les prothèses
contours et intra-auriculaires et permet d'utiliser
efficacement la prothèse au téléphone sans provoquer de
sifflement. Elle permet également d'utiliser les boucles
magnétiques installées dans certaines salles (dans
certaines églises notamment) et autres coupleurs
(collier magnétique, silhouette).
Entrée audio directe et sabot :
Disponible uniquement pour les prothèses contours,
l'entrée audio directe est une option qui permet de
brancher dans une prothèse, via un sabot, un fil que
l'on peut relier à un autre appareil (microphone
auxiliaire, baladeur, système infrarouge, système FM).
Le couplage avec l'entrée audio procure généralement un
son de meilleure qualité que celui obtenu avec d'autres
coupleurs tels que la silhouette, le collier magnétique
ou le casque d'écoute.
Potentiomètres d'ajustement :
Il s'agit de petites vis qui permettent à l'audiologiste
ou à l'audioprothésiste d'ajuster certains paramètres
tels que la tonalité, le niveau de sortie maximale ou la
compression. (N.B. : pour les prothèses numériques et
les prothèses analogiques à contrôle numérique,
l'ajustement se fait par ordinateur et non pas avec un
tournevis).
Poignées d'extraction ou " tirettes " :
Utiles pour les personnes qui ont du mal à retirer leur
prothèse intra-auriculaire de leur oreille.
J'espère que je ne vous ai pas trop mêlé en énumérant
toutes ces options disponibles. Mon objectif était de
vous renseigner afin que vous soyiez plus en mesure d'en
discuter avec votre audiologiste et votre
audioprothésiste et pour que vous obteniez les prothèses
offrant les caractéristiques qui vous conviennent le
mieux.
Un
bref retour sur l'évolution de la technologie en
amplification auditive
Mireille Tardif MOA
Audiologiste
Depuis que je travaille auprès de la clientèle adulte à
l'Institut Raymond-Dewar, il m'arrive fréquemment de
discuter avec les clients des différents types
d'appareils auditifs qu'ils ont utilisés. Les
utilisateurs de longue date me parlent souvent des
années où le port de l'appareil auditif de type boîtier
(ou appareil au corps) était la seule possibilité qui
s'offrait à eux compte tenu de l'importance de leurs
difficultés auditives. J'ai été entre autres surprise
d'apprendre que certains modèles d'appareils au corps se
présentaient en deux parties. En effet, à cause de la
grosseur des composantes, le microphone et
l'amplificateur se portaient au corps, tandis que le
bloc-pile devait être placé soit à la taille pour
monsieur, ou à la cuisse pour madame. On peut facilement
comprendre que les souvenirs évoqués par l'utilisation
de ce type d'appareil ne soient pas toujours très
agréables.
De ces discussions avec les personnes malentendantes que
je rencontre s'est développé mon intérêt pour l'histoire
des appareils auditifs. Ce bref article se veut donc un
aperçu de mes trouvailles dans le domaine. Il est par
contre loin de tracer un historique complet et précis de
l'évolution de la technologie en amplification auditive.
La plupart des articles sur le sujet vont dire qu'à
l'époque, le premier " appareil " auditif disponible
pour les personnes malentendantes était la main que l'on
plaçait en forme de coupe derrière l'oreille pour
amplifier le son. Avant le 19e siècle, les données
historiques sur l'amplification auditive se font assez
rares. On s'entend généralement pour dire que les cornes
d'animaux et les coquilles de mer ont été parmi les
premiers appareils permettant une amplification du son.
Cliquez
sur l'image pour l'agrandir
Extrait d'une revue médicale, 1904.
Source : www.entnet.org/museum
C'est au début du
19e siècle que l'on voit apparaître le
premier appareil auditif fabriqué par
l'homme.Il s'agit d'un appareil de type
mécanique, le cornet acoustique, dont
l'invention est attribuée à F.C. Rein,
une compagnie de Londres vers 1800.La
société fabrique une variété d'appareils
différents : cornets, tubes, trompettes.
Certains de ces appareils ont été
disponibles jusqu'au début du
20e siècle.
C'est en 1892 que le principe
d'amplification électrique est adapté à la fabrication
d'une prothèse auditive au carbone (un écouteur relié à
un microphone en carbone et alimenté par batterie). Un
brevet est déposé cette année-là par A.E. Mitimore aux
États-Unis. Les premiers appareils auditifs ne sont
souvent produits qu'en un seul exemplaire. Il faudra en
effet attendre que les recherches de M.R. Hutchison aux
États-Unis permettent, en 1899, la production de ce type
d'appareil auditif, en modèle de table, à des fins
commerciales. L'appareil coûte 400 $ la première année,
ce qui est très dispendieux pour l'époque. Les prix
baisseront dès l'année suivante.
Par la suite, plusieurs chercheurs ont tenté d'améliorer
le rendement des appareils au carbone. On veut augmenter
la fiabilité et le gain offert par les appareils, entre
autres en améliorant la qualité des microphones. On
remplacera la poussière de carbone utilisée jusqu'à
maintenant par une bille de carbone.
C'est en 1921 qu'est breveté le premier appareil auditif
à tube à vide. Le crédit de cette invention est attribué
à E.C. Hanson. À cause de ses caractéristiques, elle ne
concurrencera la prothèse au carbone qu'à partir des
années 1940 environ. Les premiers appareils à tube à
vide, de table, avaient une grosseur semblable à celle
des premiers appareils photo. Les modèles qui ont suivi
se voulaient portatifs (apparus d'abord en Angleterre en
1936) et se présentaient en deux parties : le microphone
et l'amplificateur d'une part et le bloc-pile d'autre
part. La plupart des appareils auditifs à tube à vide
étaient plus gros que les appareils au carbone, mais
offraient un gain plus intéressant et une meilleure
qualité en général. Finalement en 1945, on voit
apparaître sur le marché le premier appareil à tube à
vide en un seul élément comprenant le microphone,
l'écouteur, l'amplificateur et les piles.
Jusqu'à maintenant, les appareils auditifs disponibles
peuvent être uniquement portés au corps, ils sont lourds
et dispendieux à utiliser compte tenu de leur grande
consommation de piles. L'invention du transistor en 1947
dans les laboratoires de Bell Téléphone allait permettre
à la technologie de l'amplification auditive, mais aussi
à beaucoup d'autres technologies, de faire un immense
pas en avant. Le transistor est en fait une petite
composante électronique permettant de moduler et
d'amplifier un signal électrique. Le transistor,
beaucoup plus petit qu'un tube à vide et moins
énergivore, permettra donc de produire une prothèse
auditive pouvant être portée directement à l'oreille. Le
premier appareil auditif de type contour d'oreille est
donc arrivé sur le marché en 1952. Qualitone, Acousticon,
Zenith, Beltone et plusieurs autres compagnies
s'engageront dans la fabrication de ce type d'appareil.
L'appareil à tube à vide a rapidement disparu du marché
par la suite.
L'avènement du transistor permet de produire des
appareils auditifs dans différents modèles. L'appareil
auditif au corps est toujours disponible, mais dans un
format beaucoup plus petit. Il est très répandu vers le
milieu des années soixante. Par contre, son utilisation
a considérablement diminué quelques années plus tard,
dès que les appareils contour d'oreille ont pu offrir un
gain assez puissant. Les lunettes auditives font leur
apparition aux États-Unis en 1955 et sont aussi très
populaires. L'amplificateur et les autres composantes de
l'appareil sont directement intégrés à la monture de la
lunette.
Cliquez
sur l'image pour l'agrandir
A) lunette auditive en
conduction osseuse;
B) appareil intra-auriculaire;
C) appareil au corps;
D) lunette auditive;
E) appareil contour d'oreille
Source : Berger, K.W. (1980), page 22.
Les premiers appareils
intra-auriculaires sont apparus dans les années
cinquante grâce à la mise au point d'une pile
d'alimentation miniature. La prothèse auditive
intra-auriculaire n'est par contre disponible au Québec
que dans les années soixante-dix. Les années qui ont
suivi ont permis de mettre au point des microphones plus
performants et d'améliorer la fiabilité des appareils.
La miniaturisation des circuits électroniques progresse
rapidement et permet de produire des prothèses qui
prennent de moins en moins de place dans l'oreille.
Au cours des dernières années, le domaine de
l'amplification auditive a encore une fois fait un saut
considérable avec l'arrivée des appareils auditifs
programmables et des appareils à traitement entièrement
numérique. Ces appareils offriraient entre autres une
plus grande flexibilité d'ajustements afin de mieux
répondre aux besoins spécifiques de la personne
malentendante. Plus récemment encore est arrivée sur le
marché la prothèse auditive jetable. Elle se présente
dans un modèle intra-auriculaire, mais ne nécessite
aucune prise d'empreinte de l'oreille.
Lorsque la pile est épuisée (après
une quarantaine de jours), on met tout simplement la
prothèse à la poubelle! De ce bref retour en
arrière dans le domaine de l'amplification auditive, il
apparaît que la recherche et le développement de la
technologie s'est toujours fait dans un but d'obtenir
plus de puissance et de précision dans un appareil
auditif de plus en plus petit. Nul doute que l'avenir
nous réserve encore des avancées importantes et des
surprises dans ce domaine.
Références
Berger, K.W., 1980, History and Developpement of Hearing
Aids, in POLLACK, M.C. and coll. (eds.) Amplification
for the Hearing-Impaired, 2nd edition, New York, Grune &
Stratton Inc, 1-17.
Les sites WEB suivants :
www.lhh.org/archives
www.ordreaudio.qc.ca
www.oticonus.com
www.sundial.net
www.entnet.org/museum
Vous entendez votre nom. Quelqu'un vous appelle. Mais
d'où cela peut-il provenir ? Vous cherchez du regard si
une personne dans le groupe semble s'adresser à vous.
Vous repérez deux personnes qui vous regardent… ouf !
Une d'entre elles commence enfin à vous parler. Vous
êtes soulagé d'avoir enfin trouvé votre interlocuteur.
Cette situation fait-elle partie de votre quotidien ?
La capacité à repérer la provenance des différents sons
qui vous entourent, tel que la sirène d'une ambulance,
le freinage brusque d'une voiture ou la voix de
quelqu'un qui vous appelle, est la localisation
auditive. Cette capacité importante est souvent
compromise lorsque l'on a une perte auditive.
Saviez-vous que de porter deux prothèses auditives peut
aider à mieux localiser ? Eh oui, l'information
provenant des deux oreilles est importante pour savoir
d'où viennent les sons.
Imaginez ce que peuvent vivre les personnes qui, en
plus d'une perte auditive, ont une perte visuelle. Ces
personnes ne peuvent se servir aussi efficacement de
leur regard pour repérer la personne qui leur parle. Et
qu'en est-il de la localisation des sons de la
circulation routière (voitures, autobus, ambulance et
autres) qui, pour elles, est importante pour leur
sécurité lorsqu'elles se déplacent ? En effet, ces
personnes doivent parfois s'aider des sons pour ne pas
être frappées par une voiture ou pour savoir quand
traverser une rue. La localisation auditive devient
alors d'autant plus importante !
Des chercheurs et des cliniciens se sont préoccupés de
cette situation qui est vécue par plusieurs personnes
qui ont une perte auditive et une perte visuelle. Une
recherche est présentement en cours afin de savoir
l'effet que peuvent avoir différents ajustements dans
les prothèses auditives sur les capacités à localiser
les sons.